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AGDE, LA PERLE NOIRE DE LA MÉDITERRANÉENNE

Au bord de la Méditerranée, à l’embouchure du Fleuve Hérault et du Canal du midi, Agde est un ancien port de pêche greco romain. Cette cité balnéaire est aujourd’hui une des plus réputée d’Europe. Ses longues plages de sable fin, le Cap d’Agde, la ville historique d’Agde, le port de pêche du Grau d’Agde et le coté sauvage de la Tamarissière font de la commune d’Agde une destination à ne pas rater dans le département de l’Hérault

Les origines de la ville : la ville grecque

L’histoire de la ville d’Agde remonte à l’époque grecque. Agde à cette époque se nommait « Agathé Tyché » qui signifiait la bonne fortune. La ville fut fondée à la fin du V° siècle avant JC par les grecs de Marseille (des Phocéens, des grecs d’Asie mineure venant de Milet, Phocée et d’Ephèse qui cherchaient à conquérir le pourtour de la Méditerranée). Ils cherchaient des métaux car dans leur pays, il n’y en avait plus, c’étaient de grands commerçants et navigateurs, ils étaient en guerre avec les empires d’Orient, leur pays était surpeuplé. Voilà pourquoi ils partirent à la conquête de la Méditerranée à la recherche de métaux, le département étant très riche en divers métaux, ils s’y installèrent.C’étaient de grands navigateurs, commerçants, artistes et civilisateurs. Les Grecs s’installèrent progressivement sur la cote italienne, la Corse, et puis la France avec Marseille vers 600 avant JC. C’est vers 550 avant JC que les Phocéens créèrent un comptoir commercial qui est à l’origine d’Agde. Ce comptoir par la suite vers le IV° siècle avant Jc deviendra plus un bastion militaire qu’une cité car le but était de protéger les routes commerciales sur l’Hérault. A cette époque la navigation était plus simple que de nos jours et les échanges purent se faire facilement avec en autre Marseille et l’Espagne. Le fleuve Hérault n’avait pas sa configuration actuelle et se séparait à son embouchure en 3 branches se jetant dans la mer, le delta de l’Hérault avait une île en son centre « Agathe Néros » qui n’est autre que le Mont Saint Loup. Au fil des siècles, l’homme emménagea l’embouchure et le fleuve n’eut plus qu’une seule branche se jetant dans la mer à partir du XV°. Les Grecs s’installèrent ici à cause en autre de la géographie de la zone : delta de l’Hérault, butte basaltique, terres fertiles, port fluvial avec un accès rapide à la mer malgré son recul, point stratégique entre terre et mer, route commerciale avec l’arrière pays et la recherche de métaux.Ils construisirent en premier les remparts puis les deux rues principales nord sud et est ouest qui étaient perpendiculaire aux remparts. Ensuite, ils faisaient un quadrillage des rues en damier.Des fouilles mirent à jour dans le fleuve de nombreux vestiges de cette époque (débris d’amphores de poterie) ainsi que le célèbre éphèbe en 1964. Dans le centre ville il reste des traces de remparts mais il n’y a plus rien de cette époque. C’est donc sur la ville actuelle que fut fondée Agathépolis (comme l’appelait Ptolemée) sur le possible emplacement d’un ancien temple grec située sur un promontoire (vieux quartier actuel). Le centre ville à l’époque grecque était à peu prés le centre ville actuel. Les Phocéens construisirent des remparts autour de la cité (traces sur la promenade, hôtel de ville, rue Jean Roger). A l’intérieur de l’enceinte fortifiée, les rues suivaient un schéma rectiligne. L’emplacement de certaines d’entre elles, comme la rue Terrisse n’a guère changé depuis. Les plus vieilles rues sont : la rue Terrisse, rue casemate, rue St Vénuste, rue Perben, Rue d’Embonne. Le plan de la ville grecque se composait comme ceci : les rues se coupaient à angle droit et formaient des îlots d’habitations selon le modèle grec avec des assises en basalte et des élévations en briques crues. La cité s’inscrivait dans une zone rectangulaire délimitée par un rempart de 850 mètres. A l’intérieur la superficie totale de la cité était de 4 ha à l’époque grecque. La ville grecque est actuellement à 5 mètres sous la ville actuelle. Les villes se sont superposées les unes aux autres au fil des siècles. On retrouva un imposant édifice du IV° avant JC. Un temple grec dédié à la divinité Ephèse aurait été situé sur le centre ville actuel. Cette divinité, « la triple Hécate », divinité infernale à 3 têtes ou 3 corps était la fille de Déméter, Zeus et Proserpine (déesse des enfers). Elle avait comme attribut le coq et les cornes de bélier. Dans la cathédrale Saint Etienne (chapelle de droite face au chœur), il y a un chapiteau de style archaïque sur lequel figure un coq et à chaque angle, une corne de bélier. Pourquoi les Grecs se sont installés ici ? L’économie locale avec l’utilisation de la laine, les céréales, le basalte abondant servant aux constructions. On évoque aussi la main d’œuvre locale qu’ils utilisaient comme esclaves. Les Ligures et les Ibères étaient les autochtones vivant ici avant l’arrivée des grecs. Il dominèrent rapidement les autochtones et les ont civilisés. Les Grecs apportèrent le vin et l’huile d’olive. La colonie d’Agathé se développa rapidement grâce à un afflux massif des Phocéens qui fuyaient leur pays envahi par les Perses et notamment au II°siècle avant Jc. Marseille était le centre névralgique économique et politique des phocéens sur la cote méditerranéenne et Agde faisait parti des comptoirs présents sur la cote. Malgré leur indépendance, les comptoirs suivaient la politique menée par Marseille. Autour de la ville, il y avait des domaines agricoles ainsi que des nécropoles du 7° avant JC et réutilisait par les grecs au VI° avant JC. A l’époque grecque Agathé était plus une cité militaire que civile. Les grecs exportaient des meules en basalte pour moudre les céréales.

Les grecs pour communiquer avec les autochtones avant de s’installer faisait un feu et laissaient des offrandes pendant 3 jours. Si les offrandes au bout de 3 jours étaient acceptées et donc le contact établi, cela voulait dire que les autochtones acceptaient les étrangers et donc pouvait s’installer. Ce fut le cas pour Agde. Si le feu était éteint, c’est que les autochtones n’acceptaient pas d’être colonisés. Les offrandes étaient dans des vases de très belle qualité.

Agde romaine :II° et I° siècle avant JC.

Agde passa sous le protectorat de l’empire romain en 118 avant JC et devint indépendante de Marseille. La ville se situait prés d’une importante colonie romaine Cessero ou se rejoignaient les grandes voies de communications romaines. Les Grecs d’Agathe et les romains de Cessero cohabitèrent avec chacun leurs traditions et leur culture même sous la domination romaine. La ville romaine se situe sur la ville grecque. On ne connaît pas exactement le plan de la ville romaine. On sait que la ville grecque fut réaménagée. Hors de la cité, dans les bourgs, on trouva des vestiges d’habitats de cette époque. Un domaine viticole romain fut découvert sur le site d’Embonne au Cap d’Agde. On retrouva aussi différentes propriétés (villae).

Auparavant en 218 le roi Hannibal était dans notre région afin de conquérir l’empire romain. Il ne s’attaque pas à Agde qui était fortifiée mais à Cessero (Saint Thibéry qui n’était pas fortifiée). Ce fut une erreur de sa part. Un émissaire de la ville fut envoyé à Rome pour signifier la marche vers elle de ce dangereux adversaire. Agde a sans doute contribué à la préservation de Rome. Hannibal sera vaincu avant d’arriver à Rome Les Phocéens s’allièrent avec les romains face à leur ennemi commun « Carthage » qui depuis des siècles s’opposait à l’expansion maritime des phocéens. Cette alliance avec les romains était indispensable mais risquée, car les romains soumettaient les Phocéens à leurs lois. Marseille fut d’ailleurs pris par Jules César en -48 avant JC et perdit tous ces pouvoirs sur ces colonies dont Agde qui sous Pline ne dépendait plus de Marseille mais de Narbonne. Agde à l’époque romaine perdit de l’importance au profit de Narbonne dont le port se développa. Cette période de paix nommée la Pax Romana dura environ 4 siècles. Agde durant cette période s’agrandit en dehors de l’enceinte fortifiée en plusieurs faubourgs ainsi que des exploitations agricoles et viticoles. La ville s’embellit, de nombreuses routes la reliaient aux grandes villes de la province. La voie Domitienne fut construite en 86 après JC par l’empereur Domitien. Cette grande voie de communication qui passait à quelques kms d’Agde et permit le développement du commerce et du port. Le commerce de la ville était très important avec le proche Orient. La ville obtint le titre de « civitas » qui n’était accordé qu’aux grandes villes de l’empire. C’est de cette époque que datent les premières fortifications de la ville. A cette même époque sous le règne d’Hadrien furent construit le pont du Gard, les arènes de Nîmes entre 117 et 138 ap JC. Agde faisait le commerce du vin (dans des amphores) avec l’empire romain. Il y avait un grand commerce maritime sous l’Antiquité, de nombreuses amphores furent retrouvées avec différents aliments et boissons, des minerais et des objets d’art. Rome avait interdit aux gaulois de cultiver la vigne donc cela laissait le champs libre aux exportations de vin Italien en Gaule. Seule Agde, cité greco-romaine possédait un vignoble et avait le droit de l’exploiter. Le basalte fut aussi exporté tout le long de la méditerranée dans les comptoirs grecs. Agde avait aussi sa propre production d’amphores ou elle mettait son vin avant son exportation.

Au II°siècles après JC, Agde devint ville municipale c’est à dire qu’elle était indépendante de Rome. Elle était administrée par des consuls. En 408, attaque d’Agde par les vandales mais les habitants se défendirent de telle sorte que la ville ne fut pas prise. Les habitants sortirent même de leur rempart pour attaquer l’ennemi et c’est lors d’une de ses sorties que l’évêque Saint Venuste fut pris et assassiné.

La place Molière et le couvent des religieuses de St Marie :

Au XIV°, la rue menant à la cathédrale était protégée par une palissade. Adossée aux fortifications, la tour de la maison commune occupait l’emplacement de la trésorerie actuelle. Sur la place Molière se dressait un château « la citadelle haute ». Au XVII°, sur ordre de Louis XIII, le château fut détruit. En 1632, l’évêque Fulcrand de Barrés établit un couvent de religieuses cloîtrées de St Marie qui étaient chargées de l’éducation des jeunes filles de la région à l’emplacement de l’ancienne citadelle démolie sur ordre de Louis XIII. Ce fut une école de jeune fille jusqu’à la Révolution (ou il restait 8 sœurs) puis une caserne à la Révolution et la chapelle fut transformée en salle de spectacle en 1819. En 1908, une partie des bâtiments fut démolie pour aménager la poste puis la perception. Il y eu la bourse du travail et une salle de cinéma (salle Molière). Pour rentrer en ville au Moyen Age l’entrée était payante et il y avait un octroi à chaque porte.

On ne sait pas précisément si Molière est venu en Agde lors de son séjour en Languedoc. Nous savons qu’il résida à Pézenas et qu’il vint à Marseillan jouer une de ses pièces. Une de ses pièces « la comtesse d’Escarbagnas » évoque le territoire d’Agde. Deux territoires sur la ville se nomment Escarpe et Bagnas. Il se serait inspiré de ces noms pour cette pièce. Il aurait séjourné dans une auberge de la ville.

L’hôtel particulier type :

Les corps de bâtiment sont ordonnés en U autour de la cour intérieure qui fait fonction de lieu de passage et dans laquelle se trouve les communs (celliers, écuries…). L’étage noble était réservé aux fêtes et réceptions et on y accédait par un escalier monumental à volées droites soutenu par des colonnes et qui possédait une rampe à balustrade ouvragée. Au deuxième étage se trouvait les chambres des propriétaires et celles réservées aux invitées. On accédait au deuxième étage par une entrée située dans les communs. Réservé au personnel d’intendance, il est indépendant du logement des propriétaires

L’hôtel du viguier Traincaire : 1600

Nicolas Traincaire exerçait la fonction de viguier (juges). En 1591 sur ce lieu, Traincaire possédait une maison, deux étables et un petit jardin qu’il transforma en hôtel particulier de style Renaissance. Il a été vendu en 1624 et changea plusieurs fois de propriétaires et fut même morcelé. L’entrée conduit à une cour à ciel ouvert. Il y a un passage couvert ornementé d’une échauguette, vestige de l’époque médiévale. Autour de cette cour s’organisait les bâtiments. Il y a un escalier en basalte qui relie la cour au premier étage dit étage noble.

L’hôtel du viguier Guérin :

Pierre Guérin était viguier, commandant de la citadelle, écuyer et beau-frère de Nicolas Traincaire. L’architecture grecque (retour à l’antique) est très visible sur le portail d’entrée qui est en calcaire coquillée blanc afin de contraster avec le basalte noir du reste de l’édifice. Il y a deux piliers cannelés surmontés de chapiteaux d’ordre ionique qui soutiennent l’entablement. Celui-ci comme dans les temples grecs se décompose en architrave en frise et corniche. La frise alterne triglyphes et métopes (14 pierres taillées en point de diamant). L’arc plein cintre évoque l’architecture romaine. La façade est unique dans le centre historique. A travers cette façade, il a voulu montrer sa richesse. Il y a aussi une cour intérieure à ciel ouvert ou s’ordonne les bâtiments. Sa maison communiquait avec celle de son beau-frère.Les deux viguiers, commandants des citadelles habitaient proche de leur lieu de travail.

L’hôtel Barrier :

C’est en 1592 que Pierre Barrier, riche propriétaire bourgeois achète une maison située à cet endroit. Il en revendit une partie à son frère Antoine et garda pour lui l’autre partie. C’est Antoine qui transformera la maison en superbe hôtel Renaissance en 1596. Pierre fera aménager sa partie en 1621 et la rendit communicante avec celle de son frère. Le bâtiment resta dans la famille durant deux siècles. La porte d’entrée est couverte par un arc plein cintre en basalte. Au dessus il y a une pierre rectangulaire encastrée dans le mur. C’est une cartouche en forme de cœur ou les initiales A et B sont gravées en lettre de plomb ainsi que la date de 1596. C’est la maison d’Antoine. Plus a droite, une porte un peu plus petite avec au dessus un oculus possède une inscription avec un P et un B en plomb daté de 1621. Ce sont les initiales de Pierre Barrier. Elle ne fait plus partie de l’hôtel particulier. Dans la rue Picpaille, il y avait une entrée indépendante destinée au personnel.

L’intérieur :

Un passage couvert donne sur la cour intérieure autour de laquelle sont ordonnés les corps des bâtiments en forme de U. il y avait les écuries. Un splendide escalier permet d’accéder aux logements des propriétaires. Le personnel avait ses propres logements. L’escalier à la particularité de mélanger le basalte et le calcaire coquillé. Il y avait un puit, signe de richesse présent dans tous les hôtels particuliers. Le premier étage était destiné aux réceptions organisées par les propriétaires, le second aux habitations privées. Le premier fut réaménagé dans les années 1920. A chaque étage, une porte communiquait avec l’hôtel voisin. En mars 1642, le cardinale de Richelieu séjourna chez les Barrier une nuit, dans le cadre de son projet non terminée du port du Cap, un projet qu’il avait en main depuis 1630. L’hôtel se situant prés de la Glacière, il est fort probable que l’hôtel avait sa propre glacière.

La Glacière :

La place de la Glacière doit son nom à l’existence de l’ancienne glacière communale souterraine datant de 1680 et mise au jour en 1994. C’est la partie la plus élevée de la ville et l’antique acropole grecque. Des vestiges des IV° au I°siècle avant JC furent découverts. La glacière actuelle mesure 6,80 m de diamètre et 8 m de haut.Sur la ville il y aurait eu 4 glacières construites entre 1670 et 1680 dont au moins deux privées.Dés le II° millénaire avant JC, l’usage de la glace était connue des chinois et des Mésopotamiens. Il y avait aussi à cette époque des maisons de glace. Pour l’Europe, la pratique de la glace nous vient des arabes. Entre le milieu du XVI° et le début du XVII° , l’Espagne et l’Italie utilisaient beaucoup le principe des glacières. En France, c’est Catherine de Médicis qui apporta la glace italienne lors de son mariage avec Henry II en 1533. la glace était utilisée pour plusieurs façons :culinaire (conservation) et de confort pour rafraîchir les malades. Les principaux utilisateurs étaient d’abord les nobles et les riches bourgeois puis les hôpitaux. Jusqu’aux années 1880, on utilisera les glacières à Agde. La glace était trouvée sur place en hiver, les paysans ramassaient la neige dans les champs et la glace. Les hivers étaient plus rigoureux que maintenant et il y avait plus de neige et de glace qu’actuellement. On peut penser aussi que la glace venait de la montagne noire sur des cariolles tirés par des chevaux. Un entonnoir permettait de faire glisser la glace dans la glacière. Les femmes et les enfants battaient la glace pour la rendre la plus compacte possible afin qu’elle fonde moins vite. On isolait la glace des murs de la glacière et du sol par de la paille et des branchages. Quand la glacière était remplie, on terminait l’isolation avec de la paille, des sacs de jute, des branchages et des grosses pierres pour faire poids, puis on scellait le haut de la glacière pour avoir une étanchéité totale. Toutes les issues étaient fermées hermétiquement jusqu’à qu’on ouvre la glacière en juin.

La construction :

La vieille glacière :

On a peu d’infos sur la glacière construite avant 1670 mais il y a des infos sur celle construite en 1680. Elle mesure 6 mètres de diamètre, 8 m de profondeur avec un oculus au niveau de la voûte. Les murs seront en pierre, sable et chaux par une épaisseur de 50 cm. Une galerie d’une hauteur de 1,75m sur 0.75 m de large permettra l’accès à l’intérieur. 3 portes y seront installées : la première pour l’accès extérieur, la seconde au milieu pour protéger l’intérieur des différences de températures, la troisième juste à l’entrée de la cuve. Il y avait un égout qui permettait à l’eau de se perdre dans le sous-sol. La glacière devait être terminée le 15 novembre 1670 pour la somme de 600 livres. De nombreux incidents liés au terrain (partie haute de la ville) retardèrent les travaux et en augmentèrent le prix. Le toit s’effondra dés le début, la voûte ne tenait pas. De 1673 à 1691, les travaux de réparations se succédèrent sans jamais arriver à résoudre le problème. Au final, la réception du bâtiment ne se fera que le 24/11/1672 soit après deux ans de retard. La glacière au final aura coûtée 900 livres. Cette glacière va se révéler rapidement trop petite. En 1677, il est question de faire une nouvelle glacière mais il y a eu des protestations à cause des incidents dus à la première. Ce ne sera pas fait par la communauté. Par contre, de riches bourgeois vont construire leur propre glacière. C’est le cas de M Barrier à coté la première glacière.

En 1680, il est décidé de construire une « petite glacière » qui se situerait à quelques mètres de la grande glacière. Un canal d’écoulement des eaux reliait les deux glacières. Cette glacière faisait 4,95 m de haut et 4,95 m de diamètre. La muraille qui portera le couvert avait 1,73 m de hauteur avec un oculus à son sommet. il y avait aussi un couloir d’accès avec 3 portes, un égout en fonte pour l ‘écoulement des eaux. Les travaux de cette glacière durèrent 1 mois et ½. Cette glacière connaîtra aussi des problèmes de solidité.

La grande glacière :

Les travaux commencèrent le 28 mai 1680. Elle fut redécouverte en 1994. Elle mesure 6,50 m de diamètre à la base et 7,15m de diamètre à la voûte. Elle est surmontée d’un dôme en forme de cloche de 2,10 m de hauteur. Sa hauteur réelle est de 7,80 m de diamètre à l’Ouest et de 8,50 m à l’est selon une pente permettant l’évacuation des eaux de fonte. Elle est donc plus grande que la petite glacière mais légèrement plus petite que la vieille.

En 1683, la communauté se trouve donc à la tête de 3 glacières en pierre situées dans le même quartier. 2 communiquaient entre elles. A partir de 1718, on ne mentionne plus que la grande glacière, les autres auraient été abandonnés ? La grande glacière fonctionnera jusqu’en 1884. la grande glacière sera vendue en 1919. La ville fit construire les glacières mais ensuite elle les mettait en fermage pour 1000 livres par an à M Lapeyre qui faisait la vente de la glace aux habitants pour 2 deniers la livre de glace. Il était ouvert de 6 h du matin à 9h du soir. La boutique qui vendait la glace se trouvait à la maison du cœur de ville sous les arcades. C’étaient des femmes qui vendaient la glace. En 1879, Agde voit apparaître la première machine à fabriquer de la glace et qui appartenait à un privée. Il tenait sa boutique sur la promenade. Ce sera la fin de la glacière communale qui était en fermage depuis des années. Le fermier louait annuellement la glacière à la mairie. Ce système fonctionnera de 1670 à 1900. La glacière pouvait accepter 400 tombereaux de glaces. Vers 1170 les agathois consommaient la valeur de 3 glacières.

Face à l’hôtel Barrier, la Tour des Hoirs de Bandinel qui était une famille alliée aux Barrier. C’est un édifice au pied duquel avant 1608 les Pénitents gris tenaient leurs assises. La tour à l’allure d’un donjon. Elle a de petites ouvertures carrées. Elle a peut être été édifiée au dessus des remparts comme tour de guet ou comme entrepôt ?

A l’époque grecque, la place de la Glacière aurait été « l’agora », c’est à dire la place publique de Agde grecque.

La rue Picpaille :

Cette rue, très proche du tracé des anciennes fortifications mène directement à la route du Nord et des montagnes. Elle permet un accès direct à la Glacière et permettait sans doute un stockage de la glace sur de la paille avant que la glace glisse sur la paille et aille dans la glacière. On faisait avancer la glace à l’aide de pics d’ou le nom de pic-paille.

La rue de la ville :

C’est un des quartiers les plus anciens de la ville. Il se compose d’un dédale de ruelles étroites.

La rue de la Casemate :

C’était l’axe principal Est Ouest sous l’antiquité. Elle permettait aux habitants de la Cité Haute de descendre vers le fleuve. Casemate avait un rapport militaire car il devait y avoir un dépôt de munitions ou un abris d’artillerie qui alimentait une tour de défense sur les remparts : la tour St Augustin recueillait les blessés lors des combats. Cette étroite ruelle se termine par des escaliers ou il y avait autrefois la tour qui aboutissait à la Promenade.

Topographie :

A l’époque grecque, la ville se divisait en îlots en damiers, c’est la particularité de la cité. A l’inverse le bourg est désordonné au niveau de ses rues et de ses maisons. Les maisons grecques étaient en briques très fragiles et à chaque pluie ou presque, elles s’effondraient et il fallait tout reconstruire voilà pourquoi, les archéologues retrouvèrent plusieurs couches d’habitations car les Grecs construisaient les maisons les unes sur les autres. Il y avait des campagnes de reconstruction par quartier chaque année. Tout ceci fait que la ville grecque se situr aujourd’hui à plus de 5 mètres en dessous de la ville actuelle.Jusqu’en 1851, Agde a été divisé en « îlots » qui portaient le nom de la personne la plus riche du quartier ou bien les noms des congrégations religieuses ou les noms des différents monuments de la ville (ex île de la Glacière, île de l’hôpital…). On ne mentionnait pas les rues mais les places. Le nom des rues n’apparaît qu’a la Révolution mais ce ne sera qu’a partir de 1825 que la municipalité va décider de donner un nom à chaque rue. En 1856, la ville est divisée en quartier. Début XX°, beaucoup de rues changèrent de nom pour se voir attribuer des noms à consonances non religieuses ou militaire au profit de noms de personnages républicains.

Croisement des rues Saint Venuste et rue Terrisse

C’était le centre de la ville grecque, puis à l’époque romaine le centre du cardo et du décumanus. Normalement, au centre de la ville grecque, il y avait l’Agora et des bâtiments publics. Ce n’est pas le cas ici. Un bâtiment public grec fut retrouvé a quelques centaines de mètres sur une autre place. Des questions se posent sur la possibilité d’une agora.

L’Hotel d’Estella (rue Haute et Littré N°7)

Au XVII°, le port de commerce était en pleine expansion et des commerçants vont s’enrichir et ils feront construire aux aussi leurs hôtels particuliers. L’entrée est modeste avec une simple porte plein cintre précédée de deux marches. Un compoix de 1591 nous dit que le propriétaire est Pierre d’Estella qui était négociant. Cet hôtel fut bâti sur 3 maisons de l’époque médiévale. Les appartements étaient tous de plain pied et le propriétaire utilisait cet hôtel comme résidence secondaire. La famille resta propriétaire jusqu’aux années 1760 ou l’hôtel sera racheté par Augustin Barry, un autre riche négociant qui transforma toute la demeure pour en faire un lieu de faste et de réception. Il réduit le grand jardin pour en faire des dépendances. Il ne garda qu’une petite cour intérieure. Il suréleva l’édifice d’un étage pour aménager de grandes salles de réception ainsi que ses appartements. Il fit construire des écuries. Il s’inspira de l’architecture Renaissance. L’escalier extérieur se compose d’une colonne torse, rarissime dans le secteur car elle est taillée d’un seul bloc dans du basalte et qui est protégé par une petite toiture décorée de tuiles vernissées vertes. A l’intérieur dans la cuisine, il y a une étoile gravée dans le basalte. C’était l’emblème de la famille. La famille Barry resta propriétaire de l’hôtel jusqu’en 1788 puis ce sera la famille Cannac en 1916.

En 1826, Jean Victor Cannac, jeune matelot de 19 ans embarque a bord de la corvette l’astrolabe avec 80 hommes afin de rechercher les reste de l’expédition de Lapérouse disparue en 1788 dans le Pacifique. En juillet 1827, le bateau aperçoit un petit îlot rocheux inconnu des cartes. Le capitaine du bateau, Dumont d’Urville donnera au rocher le nom de Cannac pour remercier le matelot de ses bons services. En janvier 1828, l’épave de La Pérouse fut retrouvée et l’équipage en accostant sur une des îles faillit être tué comme La Pérouse en son temps. Le bateau reviendra à Marseille en 1829. Le nom de Cannac est resté et sera donné aux habitants de ces îles

La place Conesa:

M Conesa est le premier agathois tué lors de la guerre d’Algérie.

L’école de musique :

L’Hotel Baldy: place Conesa.

Les Baldy étaient de riches propriétaires fonciers qui avaient des terrains dans Agde et les alentours. L’îlot Baldy est le quartier ou M Baldy avait fait faire son hôtel particulier. De plus il fit construire en 1884 un orphelinat sur la route de Sète. C’est le domaine de Baldy. C’était une famille très influente qui a donné de nombreux chanoines au Chapitre ainsi que des prêtres. Les Baldy furent propriétaires jusqu’en 1924 soit pendant plus de 4 siècles.L’hôtel fut construit par Henry Baldy au début du XVI°. La façade extérieure est sobre avec deux étages et des grandes fenêtres. La porte d’entrée est en basalte. A l’intérieur, l’agencement habituel, autour de la cour avec le puits et les dépendances. A l’intérieur, un escalier en basalte avec des colonnes et chapiteaux toscan en basalte. L’escalier est à volées droites. L’hôtel fut restauré dans les années 90. François 1° aurait séjourné dans cet hôtel le 232 mars 1576. il était venu nommer le gouverneur des Etats du Languedoc. Il n’y a pas de preuve. François 1° était amateur de style Renaissance.

L’Hôtel Albaret (XVII°)

Antoine Albaret, notaire royal possédait une petite maison sur ce lieu qu’il décida d’agrandir en 1649 en achetant la maison voisine. Il revendit l’hôtel en 1714. L’hôtel n’est pas de style renaissance à la mode à cette époque mais plutôt de style médiéval : escalier à vis simple, une entrée droite, tout ceci enserré dans la tourelle L’originalité de cet hôtel est son portail monumental appelé aujourd’hui porte persanne. La demeure s’étend sur plus de 13 mètres de long. Il y a une très petite cour. On y accède par une porte en arc plein cintre encadré de pilastres à bossages. La tourelle contient un escalier à vis à noyau plein qui dessert les 4 étages dont chacun est éclairé par une fenêtre. La porte d’entrée de la tourelle est décorée de sculptures en basalte. Le linteau est décoré d’un masque de félin surmonté d’une volute et dont la crinière se continue par de larges ondulations. En haut des pilastres, il y a de grandes rosaces sculptées avec des motifs étranges. On peut y voir un arbre héraldique à 7 branches, deux cœurs entrecroisés opposés par la pointe et traversés par une flèche horizontale, quatre losanges, une palmette à 5 pétales, des volutes et des branchages. Des petits trous servent de décors en fond. Elle est dite persanne en raison de ces décors d’inspirations persanes mais aussi à cause du félin. Chez les Egyptiens, la déesse de la lune, Eket était représentée comme une femme à tête de chat. On lui attribuait les séismes et les éruptions volcaniques. Chez les Grecs, Eket devint Akata puis Agata. Les Grecs en s’installant en Agde connaissaient la nature volcanique du lieu, c’est peut être pour cela qu’il nommèrent la ville Agathe en rapport avec la déesse. Chez les Grecs, le chat était symbole de la lune. Dans la mythologie, il y avait un rapport étroit entre la lune, les volcans, Agata et le chat. Peut être Albaret craignait une éruption volcanique qu’il mis une tête de chat à l’entrée de sa maison.

Le meilleur ami d’Albaret était Terrisse. Ce dernier passa dans l’étude du maître tous ces actes notariés.

L’ancienne Manécanterie (5 rue JJ Rouseau)

Cet hôtel date du XVII°. Il était habité et utilisé par l’archidiacre qui donnait des cours aux enfants qui chantaient à la cathédrale d’où le nom de Manécanterie. Il y avait deux entrées : public et privée. La porte qui servait d’entrée pour l’école de chant donne sur la rue et elle est de style Renaissance (pilastres, frises avec triglyphes et métopes et roses). Un fronton droit termine l’ensemble. Pour la partie privée, on rentre par la rue Michelet ou on accède via un portail à une cour intérieure avec les bâtiments autour. D’un coté, les appartements privés et de l’autre : celliers et personnel. Il y a un puits. La porte d’entrée des appartements privés possède en guise de clés de voûte les armoiries des propriétaires : coquille et croix surmontées de feuilles d’acanthe. Il y a aussi deux petits anges.

La maison Lapeyre (1 rue de la Maîtrise)

C’est un hôtel particulier de style Renaissance daté de 1591 et construit par Philippe Lapeyre. Au rez de chaussée, il y a 3 baies, la porte monumentale à gauche et deux ouvertures à droite. Elles sont rectangulaires et sont décorées sur le dessus et en leur milieu de clés sculptées. Les deux sculptures sont identiques et représentent deux volutes en forme de C entravant un médaillon ovale surmonté d’une coquille St Jacques, élément de décoration à la mode au XVII° (aucun rapport avec le pèlerinage). En haut de la façade, au dessous de deux rangs de génoises, on peut voir une tête et des décorations : 19/09/1925 entouré de deux ancres marines entourées de deux bouées. Ce décor fut fait lors de la suppression d’un des étages de la maison. La maison est très haute et on peut voir le mont St Loup. Il y a avait dans cette maison les affaires maritimes d’où le décor. La porte monumentale de cette maison donne directement sur la rue et est de style Renaissance comme les autres maisons. Les deux pilastres sont surmontés de chapiteaux moulurés et de chapiteaux en quart de cercle. L’encadrement intérieur est composé de 3 voussures en quart de cercle et la clé située au milieu de l’arc possède un décor d’acanthe et de palmette. On peut lire 1627, l’année de la construction de la maison. Au dessus des pilastres, l’entablement avec une frise avec un large boudin avec en son centre un oculus ovale. Le fronton se compose d’un arc brisé séparé en son milieu par un cartouche décoré au départ de médaillon et de coquille disparue pendant la guerre. Au sous sol, une cave voûtée d’origine médiévale qui servait d’entrepôt à Lapeyre, propriétaire et négociant qui avait construit sa maison sur cette cave. Sa maison était son lieu de travail plus que son lieu de vie.Dans cette rue, il y a une porte en ogive unique à Agde avec une archère qui servait de défense à l’immeuble

Les rues Terrisse et St Vénuste :

Ceux sont les plus vieilles rues de la ville qui correspondaient aux axes Nord Sud et Est Ouest de la ville grecque.

La rue Embonne : Elle correspondait à l’axe Est Ouest de la ville grecque.

L’hôtel Terrisse (rue Montmorency) :

Cet hôtel est sobre à l’image du personnage de Claude Terrisse, corsaire du roi qui légua sa fortune à sa ville. La façade est sobre avec quelques éléments Renaissance et une porte monumentale. La cour intérieure est à l’arrière du bâtiment et non au centre comme dans les autres hôtels. Terrisse voulait trouver le repos et la tranquillité dans sa demeure, son refuge plutôt qu’une cour, lieu de passage, de travail et de réception. C’est la style patio espagnol, plus intime et familial que choisit Terrisse.

La place Louis Bessières :

C’est l’ancienne place des Aires ou l’on battait autrefois le grain. Il y a au centre un ancien puits en pierre basaltique profond de plus de 9 mètres. Il y avait aussi à cet endroit l’ancien cimetière de la cathédrale

L’EVECHE :

L’évêché d’Agde, c’est 13 siècles et 74 évêques du VI°siècle à la Révolution. Fin IX°, regroupement des comtés de Béziers et d’Agde suite à un mariage entre les deux familles. Bernard Aton, vicomte de Béziers partit en terre Sainte pour combattre les infidèles et s’allia au roi d’Aragon pour combattre les Maures. Bernard Aton lutta contre le comte de Toulouse qui était en alliance avec le roi d’Aragon. En 1229, le Languedoc sera réuni au royaume de France. Au moyen age, il y eut beaucoup de troubles avec des incursions de bandits, des maladies dévastatrices. La fin du Moyen Age sera meilleure avec la consécration de la cathédrale. Depuis 1187, l’évêque est à la fois évêque comte. A partir de 1187, le comte d’Agde Bernard Aton VI est ruiné à cause des guerres contre le suzerain, le comte de Toulouse et ne peut rembourser la ville. Il fut obligé de léguer tous ses biens et ses pouvoirs à l’évêque Pierre. Cette donation fut faite à Notre Dame du Grau en 1187. L’évêque décida de faire fortifier la ville après accord du roi Louis VII le jeune

L’ancien palais des évêques :

Construit au XII°, le palais des évêques fut beaucoup modifié au cours du XVIII° par l’évêque ST Simon, le dernier évêque de la ville. Ce dernier était un érudit local et un chercheur. On dénombra dans sa bibliothèque plus de 6000 ouvrages. C’est à lui que l’on doit la façade classique qui donne sur l’Hérault et qui fut construite suivant la règle du nombre d’or. A cette époque, le palais des évêques possédait une façade de plus de 60 mètres de long qui se terminait au niveau du pont actuel. C’est en 1836 que le bâtiment fut coupé en deux en son milieu pour permettre le passage d’un pont suspendu venant s’appuyer sur la place Jaurés. Du palais des évêques, il ne subsista que deux portes disjointes. La partie située au Nord de la place (petit parking actuellement) fut aménagée en tribunal de commerce avant d’être détruit en 1982. la seconde partie, toujours debout, fut achetée dans les années 50 par Jules Baudou (ancien conservateur du musée Agathois) qui en fit un hôtel. Il fit rajouter à l’édifice le porche et la petite tourelle d’aspect médiéval mais pas d’origine. C’était dans cette partie que se trouvait les appartements de l’évêque et sa chapelle privée. Sous la place le long des quais, on peut voir les murs primitifs du palais datant du XII°. Dans ces soubassements, il y avait au départ les sous sols, les hangars à bateaux et les écuries.

La construction du palais des évêques est mentionnée dans un acte de 1183. On peut voir encore une partie des murs primitifs de l’édifice du XII°. Les fondations vont à plus de 6 mètres sous le niveau de la place actuelle. Construction en pierre basaltique. Ce palais était fortifié. Il ne sera pas modifié avant le milieu du XVIII°. Au niveau du quai du Chapitre, les bâtiments furent reconstruits en 1734 par l’évêque Louis de la Châtre.

Vers 1760, le dernier évêque fit disparaître les fortifications du palais pour laisser la place à une longue façade sur l’Hérault ouverte de portes fenêtres au RDC et de fenêtres à l’étage. Du coté de la ville, le palais donnait sur une vaste cour privée en dalles carrées séparée de la rue par un mur (place J Jaurés). D’autres bâtiments accolés à la cathédrale abritaient le logement du concierge et du secrétaire, la chapelle de l’évêque, la chambre à coucher et les appartements de l’évêque. L’ensemble fut modifié après la Révolution quand les bâtiments furent vendus comme bien nationaux. En 1836, le grand bâtiment le long de l’Hérault fut ouvert par le milieu pour laisser place à un pont suspendu, puis un pont métallique en 1935 et le pont actuel plus en amont en 1968. La partie de l’ancien palais attenante à la cathédrale resta privée et il y fut aménagé un hôtel et un café et en sous sol un club. Le reste du bâtiment fut détruit en 1982. Quelques éléments furent récupérés et réutilisés au musée de l’éphèbe au Cap.

Les évêques :

Sophrone : Ce serait le premier évêque connu de la ville avec St Venuste.

St Venuste :

Ce fut un des premiers évêque d’Agde qui fut martyrisé par les Allemands vers 405 ou 407.

St Sever :

Sévère était un riche noble syrien qui décida de partir de son pays pour vivre sous la religion catholique. Vers 456, il s’embarqua sur la mer Egée avec son or et ses richesses en compagnie de quelques serviteurs pour une destination inconnue. Il arriva par chez nous à l’embouchure de l’Hérault et découvrit Agde ravagée après 3 invasions barbares. Il offrit toute sa fortune à l’évêque Béticus pour nourrir les pauvres. Il se retira ensuite dans une cabane proche du fleuve pour prier et méditer. Pour le remercier, les agathois lui construisirent une vaste maison à coté de la basilique St André qu’il occupa. De nombreux disciples vinrent se mettre sous sa direction et le Saint se trouva rapidement à la tête d’un monastère qui compta jusqu’a 350 moines de son vivant. Il mourut vers l’an 500. l’ermitage qu’il avait fondé prés de la plage devint par la suite le sanctuaire de Notre Dame du Grau.

Saint Etienne :

Il est né en 975 et fit ses études au monastère fondé par St Sever. En 1010 il devient évêque d’Apt. IL mourut en 1046.Depuis le milieu du V° et jusqu’à la Révolution, Agde fut le siège d’un des plus petits évêchés de France. L’évêque était seigneur temporel avec le titre de comte depuis 1187. le siège épiscopal fut supprimé à la Révolution.En face de la cathédrale à l’angle de la rue Louis Bages et Perben se trouvait la deuxième maison commune.

La cathédrale Saint Etienne :

L’ensemble actuel date du XII°. Elle a tout d’une forteresse médiévale : murs épais, haut donjon, mâchicoulis, créneaux, meurtrières, chemin de ronde.Avant le VIII°, un édifice religieux existait déjà et il fut détruit par Charles Martel en 737 qui démantela les places fortes sarrasines de la région. On trouve mention d’un édifice carolingien dés 848, des vestiges sont dans la chapelle Notre Dame sous l’autel primitif. Cet édifice aurait été construit par l’évêque Dagbert sur l’initiative de Charles le Chauve. Cette église était dédiée à St Etienne et elle avait une abside semi-circulaireIl y eut des églises antérieures mais on a peu d’infos sur elles. On commence à trouver des traces de dons pour la construction de l’église carolingienne dans les textes à partir de 777 et à partir de 872 en continue.Des dons pour la fortification de l’église actuelle débutèrent à partir de 1120 avec beaucoup plus de dons entre 1160 et 1180. En 1149, l’évêque Armengaud fit un don pour la restauration de l’autel St Etienne et l’achèvement du chœur et les 2/3 de ses biens pour la restauration de la cathédrale. La construction du chevet actuel fut entreprise et après la démolition de l’ancienne abside, ce chevet fut raccordé à la nef. Louis VII en 1173 donna à l’évêque Guillaume l’église ainsi que le droit de faire des fortifications sur l’église carolingienne construite au IX°. Il autorise l’évêque à doter d’une enceinte le cité épiscopale et de fortifier la cathédrale par crainte des différentes invasions. Ceci va entraîner la reconstruction totale de l’édifice et sa fortification.Au Moyen Agde, il y avait des rivalités entre l’évêque et le vicomte et le chapitre cathédral et l’évêque. C’est sous le règne de Charles le Chauve qu’est mentionnée pour la première fois la vicomté d’Agde. Le vicomte d’Agde était aussi celui de Béziers. En 1151, la vicomté sera partagée suite à la mort de Roger Trencavel à ses deux frères Bernard et Raymond. Les luttes entre le vicomte et l’évêque allaient être de plus en plus vives car chacun voulait avoir plus de pouvoir que l’autre. Louis VII en 1173 fit un « diplôme » en faveur de l’évêque d’Agde qui dépend du vicomte qui va perdre progressivement du pouvoir jusqu’à ce qu’en 1187 le vicomte Bernard Armengaud VI fasse don de la vicomté et de ses dépendances à l’évêque Pierre. Le chapitre était assez indépendant de l’évêque et il va même s’opposer à l’évêque entre 1062 et 1074 soutenu par le vicomte aussi en guerre contre l’évêque. Ce conflit portait non pas sur le fait que l’évêque soit vicomte mais sur des questions politiques, patrimoniales et de relations avec le Vatican. Plusieurs arbitrages calmèrent les tensions qui durèrent jusqu’au XII.

En 1173, les murs intérieurs furent renforcés afin de supporter le poids de la nouvelle voûte en pierre. On fit également les fortifications extérieures. L’église actuelle fut édifiée d’un seul jet (pas de traces de reprises) à l’exception du second étage de la tour Nord, tout ceci à partir de 1173. Louis VII confirme que l’évêché d’Agde est protégé par le roi ce qui permet l’édification d’une forteresse alors que jamais aucun comte ne l’avait permis.. L’impression d’homogénéité de l’ensemble de l’édifice est trompeuse car tout ne s’est pas construit en même temps. Il y a eu plusieurs phases de travaux. La nef et le transept seraient antérieurs au reste de l’édifice. Le testament de l’évêque Ermengaud en 1149 signale la réparation de l’autel et l’achèvement du chœur, donc la nef aurait été commencée avant le transept. L’abside au départ était en demi-cercle mais on ne peut pas la dater exactement (antérieure à 1149 ou même époque). Après 1150, c’est le plan actuel de l’église qui est construit. On ne voit pas de différences entre les deux premières phases de travaux (pierre de même taille). Les portes ont des linteaux et des arcs à tympan monolithe. On trouve ceci de la base des murs jusqu’à la hauteur de la toiture. Vers 1180, on construisit des voûtes du chœur en calcaire coquillier puis la deuxième travée en basalte. La nef aurait été surhaussée par rapport au plan actuel. Les deux piliers de l’arc triomphal on été reconstruit et les tailloirs des actuels chapiteaux en marbre blanc repris sur d’anciens chapiteaux en basalte. Il y a des marques de tacherons sur les voussoirs de la première travée de la voûte de la nef mais aussi sur d’autres parties du bâtiment et notamment sur le donjon. Le donjon à été bâti en plusieurs fois du XII au XIV°. La quatrième phase de travaux correspond à l’achèvement du donjon, à l’ouverture des 4 grandes baies gothiques et à la construction du cloître. A la fin du XV°, la nef était recouverte d’un large toit de tuiles sur charpente. Le donjon était prolongé d’une flèche construite en pierre. Au Nord de la cathédrale, il y avait le palais épiscopal. Le palais formait un long bâtiment fortifié parallèlement au fleuve, avec tours dont l’une placé contre l’église servait de donjon et prison car l’évêque étant aussi comte avait le pouvoir d’emprisonner les gens. La façade du coté de la ville donnait sur une vaste cour (ancienne place de l’évêché, actuellement place Jaurés.) Au sud, un cloître jouxtait le transept et une partie de la nef, prolongée par la salle capitulaire et les autres bâtiments des chanoines. Des magasins le long de l’Hérault venaient s’appuyaient sur le fond de l’église. La nef était éclairée seulement par des fenêtres étroites en haut des murs comme celles qui ont été conservée dans la deuxième travée. Une baie plus grande s’ouvrait au-dessus de l’autel. Au fond de la nef, une tribune en bois plus basse que la tribune actuelle qui servait à l’évêque et aux chanoines qui y accédaient directement depuis leur logement par deux portes aujourd’hui murées. L’entrée des fidèles se faisait par une porte située sous la tribune. Le chœur était à l’emplacement actuel, la table d’autel était formée d’une épaisse dalle de marbre blanc mouluré. En 1361, on édifia une tour des prisons juxtaposée à la cathédrale, le cloître est modifié à cette époque. La nouvelle cathédrale ne sera consacrée qu’en 1453 par Monseigneur Etienne de Roupy de Cambrai ! On va mettre en place une toiture fléchée sur le clocher qui s’effondrera en 1661.

La cathédrale fut saccagée durant les guerres de religion.Les premières modifications remontent à la fin du XV° avec l’ouverture de deux grandes baies ogivales dans les murs nord et sud du transept et deux autres un peu plus tard dans la troisième travée de la nef.

1625-1629 : A cause des crues de l’Hérault, l’évêque Buldos fit restaurer l’église et fit transporter le chœur au fond de l’église ou il resta jusqu’en 1898. l’entrée des fidèles se faisait par la sacristie actuelle. Ce même évêque fit percer les 4 grandes baies des 4° et 5° travées. L’édifice est désormais désorienté, une nouvelle porte est ouverte dans le chevet et les fenêtres romanes sont agrandies. Le plan en T et le fort désaxement du chevet vers le sud s’expliquent par le maintien à l’Est d’une rue préexistante sur laquelle le nouveau chevet vient s’aligner.

1695 : l’évêque Louis Fouquet consacra l’autel et le retable qui date de cette année. Fin XVII°, un campanile remplaça la flèche de la tour nord foudroyé en 1581.

1751 : la Chaire

1755 : Le séisme de Lisbonne entraîna une importante lézarde dans la voûte et les murs.

1789-1792 : la cathédrale devient une porcherie. Tout le mobilier sera détruit. Une porte fut murée à la Révolution qui permettait un passage entre la cathédrale et le palais des évêques.

En 1857, la réfection du pavement permit de mettre à jour les fondations d’une abside en hémicycle d’un diamètre égal à la longueur de la nef. Cette abside qui se situait dans la croisée du transept actuel aurait été la nef carolingienne. La nef antérieure au XII° était dépourvue de transept et était couverte d’une charpente. Son abside était celle découverte en 1847.

1851 : vitraux

1856 : Destruction du cloître et d’une partie des magasins des chanoines et construction de 3 maisons contre la salle capitulaire.

1857 : transport du retable et du chœur à l’emplacement actuel. Déplacement de la chaire sur le mur nord, construction de la porte du fond de la nef et des escaliers extérieurs après démolition des maisons qui étaient accolées.

1866 : rachat de la municipalité des ruines de l’ancien cloître et des maisons.

1870 : construction de la chapelle Notre dame de Lourdes avec les débris du cloître. La toiture de la nef est refaite

1975 : Dégagement des parties basses de l’ancienne sacristie et aménagement d’une fausse crypte. Bétonnage du toit et couverture en tuile.

Description extérieure :

Elle a plutôt une allure de forteresse qu’un lieu de culte. L’ensemble est bâti en moyen appareil rectangulaire de blocs soigneusement appareillés et disposés en lits réguliers sur tout le pourtour. Les murs se composent de contreforts rectangulaires réunis à leur couronnement par des arcs en plein cintre formant mâchicoulis et surmontés d’un parapet crénelé qui protège un chemin de Ronde. Tout ceci est un ensemble du XII°. Les mâchicoulis en façade sont les plus anciens machicoulis roman du Languedoc.Le plan général est en forme de T. le chevet est plat, sans chœur ni abside. L’axe du transept est incliné d’environ 5° sur celui de la nef. L’orientation générale de l’édifice est irrégulière avec une direction Nord Ouest, Sud Ouest. Ceci est du à une contrainte de topographie urbaine car la ville autour de l’église à un tissu urbain serré ce qui n’a pas permis à l’église d’avoir l’orientation habituelle Est Ouest. Le fleuve empêchait une construction avec un plan classique.

La façade ouest : coté Hérault Elle est rectangulaire et divisée en 3 travées. Le couronnement est formé d’un mur crénelé porté par 3 arcs en plein cintre formant mâchicoulis au nu des contreforts. Les arcs retombent sur des impostes. L’arc central est plus large et plus haut que les deux autres ce qui accentue l’impression de symétrie de cette façade. Il y a une fenêtre étroite à linteau monolithe imitant un arc à plein cintre. Dans la travée de gauche, il y a une importante déformation de la pierre, ceci fait suite au tremblement de terre de Lisbonne de 1755. Au bas de la façade, la porte date de 1900 et remplace une porte primitive murée en 1629. Il y a un défaut de construction : problème d’aplomb et terrain instable.

La façade Sud (ancien cloître) :

Elle est masquée par la chapelle d’entrée. Elle a des contreforts portant 5 mâchicoulis. Le mur crénelé est plus bas que la façade sud. Il protège un chemin de Ronde qui fait fonction de gouttières. On retrouve dans la deuxième travée une lézarde du séisme de 1755.

La tour sud , élevée sur un des croisillons du transept est resté inachevée au niveau du faite du toit. On la ensuite prolongée sur quelques mètres par des murs en retrait dans lesquels s’ouvrent deux meurtrières du XIV°. Vers le haut de la tour se trouve une fenêtre murée avec un linteau plat surmonté d’un arc plein cintre avec au centre un tympan monolithe de style roman.

Le chevet :

Il est pris entre les deux tours. Il présente 3 travées limitées par des contreforts. Il est couronné d’un mur crénèle porté par 3 arcs plein cintre formant mâchicoulis. Les arcs retombent sur des consoles. Dans la travée centrale, il y a une baie plein cintre murée.

Le donjon :

Il est daté du XIV°, il a des mâchicoulis sur consoles. A l’extérieur, on peut voir des marques de tacherons qui indiquent la hauteur du donjon. Il est placé symétriquement par rapport à la tour Sud, la tour Nord forme un donjon de 37 m de haut. Il servait de poste d’observation sur tous les alentours. Il a des contreforts sur 3 de ses faces. Le couronnement est formé d’échauguettes circulaires entre lesquelles des arcs à plein cintre retombant sur des consoles formant des mâchicoulis. Sur la face Ouest, un épais contrefort d’angle qui renferme l’escalier à vis du clocher fait place à une tourelle à partir du niveau du toit. Pour accéder au donjon, une première porte située dans l’escalier communique avec une salle située au-dessus de la voûte du croisillon Nord. Cette salle dans les années 30 servit de lapinière. L’escalier conduit ensuite à une deuxième porte donnant sur le toit. La flèche du donjon tomba en 1661 et fit beaucoup de dégât sur le palais épiscopal. Le curé de Pomérols en visite ce jour là fut tué. On ne reconstruisit pas la flèche, on protégea juste les cloches.

Le toit :

Il est recouvert de tuiles canal cimentées sur un chapeau en béton. Au départ, il était formé de dalles de basalte imbriquées les unes dans les autres. Il y avait des escaliers pour franchir la pente du toit. Des marques de tacherons permettent de dater ce toit du dernier quart du XII°. Il fut détruit en 1975. La partie supérieure du donjon est ouverte de 7 baies en plein cintre hautes et étroites dont l’une, celle de l’ouest, est murée. Une voûte d’ogive retombe sur de grosses consoles. Sous cette voûte, le beffroi est formé d’une forte armature de charpente portée par un plancher. L’escalier ouvre enfin à une plate forme finale. Sur cette dernière, il y a une croisée de deux arcs couronnées d’un campanile en fer qui porte une petite cloche fondue à Béziers en 1665. C’est la seule cloche de la cathédrale qui fut épargnée par la Révolution. Elle sonne les heures et l’angélus.

Les cloches :

Il y a 4 cloches de 76 cm à 1,30 m de diamètre qui datent de 1894 et 1895 et qui furent fondues à Lyon.

Le cloître :

Chose rare, ce cloître échappa à la Révolution et resta debout jusqu’au début du XIX° ou il fut transformé en grenier. Il y avait 3 galeries à l’étage. Il fut classé MH en 1850 et l’Etat voulait racheter le monument aux propriétaires de cette époque. Le conseil municipal voulut participer à l’achat du cloître vendu 12 000 francs mais le retour de Napoléon III et de l’empire fit capoter l’affaire. En 1856, il est vendu à un promoteur qui va s’empresser de le démolir pour faire une rue avec des maisons de part et d’autres. En 1866, la mairie racheta l’ensemble ainsi que les ruines contre la cathédrale pour la somme de 35 000 francs. Les pierres du cloître ont été disséminées un peu partout dans Agde et autour (plus aucune traces). En 1871, l’archiprêtre Martin tente de recueillir des vestiges du cloître pour le reconstruire mais ne pouvant y parvenir, il fit construire la chapelle actuelle avec les quelques éléments sauvés. On a peu de détails sur son plan et sa composition : c’était un quadrilatère irrégulier, il y avait un puits, des arcades étaient en plein cintre et soulignés d’un boudin qui retombait sur des chapiteaux portés par des colonnettes à bases géminées sur un bahut couronné de pierres moulurées. Les galeries étaient voûtées en berceau sauf la galerie Est qui était à croisées d’ogives. Il y avait des contreforts. Le cloître daterait de la fin de la période romane (fin XII°) mais le style des chapiteaux ferait penser au XIV°. Il dut être remanié à plusieurs reprises. Au départ, il était plus bas et il a ensuite été surélevé. A cet endroit, il y avait un pont metallique.

Le cimetière Saint Etienne :

Au départ, il était proche de la cathédrale puis à partir de 1707, il fut prés de la promenade (rue Haute et d’Embonne)

La chapelle d’entrée :

Elle date de 1871 et est dédiée à Notre Dame de Lourdes. Elle a un plan rectangulaire et est accolée au mur Sud de la cathédrale. Elle a été construite avec les débris du cloître. A l’entrée, deux arcs forment le tympan. Des arcades avec des morceaux de cloître donnent du jour à l’intérieur de la chapelle. Les vitraux sont modernes et sont du maître verrier de Toulouse Louis Victor Gesta. Ils évoquent tous la vierge : Notre Dame de la Salette, Notre Dame du Grau, Notre Dame de la Garde, Notre Dame des Victoires, Notre Dame de Fourvières, Notre Dame de Pontmain. Le sol est formé de dalles de la toiture de la nef du XII° qui ont été placé là en 1975. On y voit de nombreuses marques de tacheront sur ses dalles. Au fond de la chapelle, une dalle de béton portée par 4 piliers recouvrent une partie des magasins des chanoines devenue sacristie au XVII°. La table d’autel primitive est une grande dalle moulurée de marbre blanc daté du XII°. Elle servit de pierre tombale à deux évêques. Au fond, il y a des traces d’arcs et de portes qui sont des vestiges des anciens magasins des chanoines. On peut voir des traces des anciennes voûtes du cloître. Au dessous de l’autel primitif, l’ancienne sacristie des chanoines qui sert de dépôt lapidaire. Il y a encore quelques éléments du cloître non remployé. La sacristie était à ct endroit jusqu’à la fin du XIX°siècle

Depuis l’entrée, la première travée présente une grande ouverture en plein cintre qui est murée et ou il y a une reproduction en bois de la piéta de Michel Ange datant du XIX°. Dans la deuxième travée, il y a une porte primitive qui faisait communiquer la nef avec le cloître. On y retrouve le linteau monolithe surmonté d’un arc avec tympan aveugle. C’est l’entrée actuelle pour accéder à la nef.

Description intérieure :

Les dimensions :

Longueur : 27 mètres

Largeur : 12.60 mètres

Hauteur : 25 mètres

Transept : 24 mètres

En supprimant l’abside semi circulaire au profit d’un transept, on donna à la cathédrale un plan en forme de T désaxé formé par la nef et le transept. Le transept est désaxé par rapport à l’alignement de la rue qui donne au retable une impression de décalage. Il n’y avait aucune ouverture pendant la période médiévale. Il n’y avait que deux meurtrières au fond de l’église de part et d’autre de l’orgue qui donnaient de la lumière. Les murs épais, par endroit de plus de 3 mètres (entre cathédrale et palais) possèdent des piliers qui sont reliés entre eux par de larges arcatures. La voûte est en arc légèrement brisé et est partagée en 3 travées égales. L’arc doubleau s’appuie sur des consoles décorées à leur base de sculptures évoquant des figures humaines ou des masques d’animaux et l’arc triomphal repose sur deux chapiteaux corinthiens en marbre blanc en remploi. Entre les deux travées au niveau de la voûte, un oculus permettait en cas d’attaque de communiquer avec les personnes en haut du donjon avec une corde et un panier. Au XV° et XVII°, 6 grandes ouvertures furent réalisées pour donner de la lumière.

Il y a 6 travées, la première et la sixième sont aveugles (tribune et chevet). A la croisée du transept, il y a un arc a double rouleau qui s’appuie sur deux demi-colonnes engagées dans un dosseret. Ces colonnes supportant l’arc triomphal sont surmontées de chapiteaux de marbre blanc qui contrastent avec l’austérité du basalte prédominant. On ne sait pas si ces chapiteaux sont des remplois d’édifices antérieurs ou bien des copies d’œuvres antiques. Il y a quelques disproportions dans l’ensemble du chapiteau qui laisseraient penser à du remploi. La voûte du transept est en berceau brisé et prolonge celle de la nef tout comme le bandeau mouluré en quart de rond qui souligne sa naissance. Il y a plusieurs chapiteaux au niveau de la croisée du transept. Ceux sont les seuls éléments sculptés d’architecture dans la cathédrale. 3 sont ornés d’un motif végétal. Le 4° représente deux animaux : un quadrupède et un oiseau sur deux faces du chapiteau qui semblent supporter des dés centraux plantés dans un tailloir dont les angles s’ornent d’une palme et d’une crosse. Il y a un contraste avec les autres chapiteaux feuillagés. L’ensemble de cette décoration sobre évoque pour le bâtisseur, la destination première de l’église qui était de protéger. Cela changera par la suite.

A l’intérieur de la nef, il y a la même impression de forteresse austère qu’à l’extérieur. Les pilastres intérieurs font pendants aux contreforts extérieurs, de même que les arcs qui relient les contreforts. Les arcs soutiennent aussi les retombées de la voûte. Il y a 8 pilastres qui ont été arrasés jusqu’à mi-hauteur au XVII° lors du changement du chœur à l’Ouest pour permettre l’aménagement de stalles. Seuls les deux derniers vers le chœur sont intacts. Les autres ont été reconstitués lors des travaux de 1900. Le sol se compose de dalles en basalte qui furent posées en 1847 et remaniées en 1898. La voûte est en berceau brisé. Ce style d’architecture est typique de la période romane. L’imposte est formée d’un cordon mouluré en quart de rond. Ce cordon n’est pas que décoratif car il servait à soutenir les extrémités du cintre en bois sur lequel on bâtissait la voûte. Celui-ci est renforcé en son milieu par un arc doubleau qui retombe sur deux consoles ornées de modillons. Au centre de la deuxième travée, un oculus dont on ne connaît pas trop l’objectif. En 1898, l’évêque Beauguil fit ouvrir une porte coté Hérault et demanda à l’architecte Boswilald (élève de Violet le Duc) de faire une tribune pour y placer l’orgue offert en 1901 par le docteur Laurens

La tribune au fond de la nef est récente (début XIX°). Le plan de l’église a cette époque fut inversé (sacristie, chœur…)

Au dessous, il y a deux plaques de marbre évoquant la consécration en 1453 de l’église par l’évêque et le rôle de l’évêque en 1567 contre les protestants et la défense de la ville.

L’orgue aurait été commandé en 1901 a Mr Puget par le docteur Laurens pour sa femme qui était cantatrice. Il était au départ destiné à la salle de musique du château Laurens de style Art déco construit au début du XX° sur les bords de l’Hérault. L’orgue fut reconstruit entre 1989 et 1991. Les boiseries d’origine ont été peintes en imitation de marbre vert et les moulures dorées à l’or fin. Il compte 2000 tuyaux sur 29 jeux. C’est un des meilleurs orgue de France de style baroque. Les anciens orgues qui se situaient dans le croisillon droit du transept ont disparu et on ne sait pas ou ils sont. L’orgue Laurens destiné à son château ne serait pas rentré à l’endroit ou il était prévu dans le salon de musique voilà pourquoi le docteur Laurens en aurait fait dons à l’église, en échange de l’ancien orgue ?

Au dessus de l’orgue, on retrouve la fenêtre de la façade ouest, ébrasée vers l’intérieur. La jonction du mur du fond avec la voûte se fait par un arc engagé au nu du parement et qui ressemble à un doubleau. Sous la tribune sont scellées deux plaques en marbre avec des inscriptions. Celle de gauche évoque la consécration de la cathédrale par l’évêque en 1453. Celle de droite relate la défense de la ville contre les protestants en 1567.

Dans la première travée du mur latéral nord se trouvent les fonts baptismaux décorés avec des marbres de diverses couleurs et deux variétés de marbre de Caunes. La porte murée dans la deuxième travée était celle par laquelle entrait l’évêque. A l’opposé sur le mur sud, on peut voir la lézarde du tremblement de terre de Lisbonne. La baie de cette travée est une ouverture primitive de l’église du XII°. Elle est étroite et ébrasée à l’intérieur. Dans les travées suivantes s’ouvrent six grandes baies. Les deux premières sont du XV°, les 4 autres du XVII°. Elles sont largement ébrasées vers l’intérieur et fermées de vitraux de 1870. Ceux de droite représentent la lapidation de ST Etienne, ST Martin de Tours partageant son manteau, ST Germain d’Auxerre bénissant ST Geneviève. Sur l’autre mur, le premier évêque, les 3 martyrs locaux avec St Thibéry, Modeste et Florence. Les deux autres évoquent St Venuste, le premier évêque d’Agde et l’autre le dernier évêque de la ville (François de ST Simon et ses armoiries) guillotiné à la Révolution. La porte d’entrée était la porte qui donnait sur le cloître. La dernière travée sud évoque la crucifixion. La chaire en marbre date de 1751. L’arc triomphal est formé d’un double rouleau qui s’appuie sur des demi-colonnes engagées sur dosseret, couronnées de chapiteaux en marbre blanc ornés d’une rose et de feuilles d’acanthe.

L’Eglise n’ayant pas d’abside, la croisée du transept fait office de chœur. La croisée est légèrement plus étroite que la nef, ce qui à conduit à placer la naissance de sa voûte plus haut afin d’amener la clé à la même hauteur. Elle est appareillée en pierre blanche (calcaire coquillée) ainsi que l’arc au-dessus du retable.

Les croix rouges évoquent le chemin de croix

Le retable :

Au dessus du retable, il y a une fenêtre qui fut bouchée, car avant que le retable ne soit à cette place, il était de l’autre coté de la cathédrale et une fenêtre fut ouverte à l’ouest pour la lumière. Le rétable actuel à son emplacement ne date que du XIX°.

Il était au départ au fond de l’église et il fut ensuite déplacé à son emplacement actuel. Il est en calcaire de Beaucaire et ornementé avec du marbre blanc de Carrare et du marbre rouge du Languedoc. Louis XIV l’aurait offert à l’évêque Fouquet pour le dédommager de l’exil de 30 ans qu’il lui avait infligé. On le daterait de 1695. Au centre il y a un grand tableau de style classique évoquant la lapidation de ST Etienne qui voit « Les cieux ouverts et le fils de l’homme debout à la droite de dieu » (voir Lebrun).C’est une copie du may peint en 1651 par Charles le Brun pour Notre Dame de Paris. Au dessus, un bas relief figurant le mystère de la St Trinité sous les images du Christ, d’un vieillard et d’une colombe. Il y avait une grande croix en bois qui fut supprimée en 1975. De part et d’autre du tableau, des niches entourées de hautes colonnes corinthienne abritant deux statues de marbre. A gauche, St Etienne tenant d’une main la palme du martyre et de l’autre la pierre de sa lapidation dont la scène est figurée en bas relief au-dessous. A droite, St Laurent tenant une palme et un gril, instrument de son supplice. Le bas relief au dessous illustre une scène de l’apostolat du St archidiacre qui répond à ceux qui le pressent de leur remettre les trésors de l’église en leur présentant des pauvres. Les bas reliefs des supports des 4 colonnes représentent les 4 évangélistes en train d’écrire avec leurs attributs : St Marc et le lion, St Jean et l’aigle, St Luc et le bœuf, St Mathieu et l’ange.

L’autel :

Il est de style classique du XVIII°. Il est devant le retable. Il y a une frise décorée d’angelots et de rinceaux et au centre de laquelle est figurée l’agneau mystique.

Les croisillons : Les croisillons du transept voûtés en plein cintre et servent de chapelles. Ils s’ouvrent du coté du chœur par un arc à double rouleau dont la clé est au-dessous de l’imposte de la voûte centrale et qui retombe sur deux demi-colonnes engagées sur dosseret. Les chapiteaux sont en basalte. Celui de la retombée coté nef, décoré de feuilles stylisées est typique de l’art roman. L’autre chapiteau porte les figures d’un quadrupède et d’un oiseau. Le vitrail de Didron date de 1900 qui ferme la baie du XV° représente le mystère du Sacré Cœur auquel la chapelle st dédiée. L’autel actuel date des années 1900. Il est surmonté d’un grand tableau ou figure la ST famille et un 3°sous la baie, St Roch et son chien. Au sol, une dalle recouvre la sépulture de l’archiprêtre Beauguil qui fut à l’origine des transformations de 1898. Sur le mur de droite s’ouvre une porte qui donne accès à l’escalier à vis de la tour Sud. Les deux chapiteaux de l’arc du croisillon nord sont décorés de feuilles stylisées. L’autel est dédié à la Vierge. Sur le mur du fond s’ouvre une grande baie du XV°. Le vitrail de Didron de 1900 évoque l’Annonciation. Il surmonte la porte de la sacristie, étroite à linteau surmonté d’un arc à plein cintre et d’un tympan monolithe. Elle a été faite en 1900 en remplacement de l’ancienne porte d’entrée. Une autre de même forme s’ouvre contre le pilier du transept. Celle-ci est d’origine et donne accès à l’escalier à vis du donjon (la taille de la pierre permet de différencier les deux époques). Dans cette chapelle, plusieurs tableaux avec au dessus de l’autel « L’assomption de la Vierge », à gauche une descente de croix. Sur le troisième mur, deux petits tableaux de Chenevard « L’Annonciation et la Visitation » et « L’enfant Jésus, sa mère et St Jean Baptiste ».Elle est construite toute en basalte. Les pierres venaient de la carrière de basalte anciennement située Rue Montée de Joly. C’est une église romane fortifiée. Elle faisait parti d’une enceinte fortifiée dont elle était le monument principal. Les nombreuses invasions que connu la ville affectèrent la cathédrale mais celle-ci resta toujours debout pour être encore la de nos jours. C’est à Charles Martel que l’on doit sans doute la destruction au IX°siècle de la première église qui n’a jamais été évoqué dans les livres mais existante à coup sur à cause des évêques présent depuis le VI°siècle. Charles le Chauve en 848 envisagea la construction d’une église dédiée à Saint Etienne à Agde (la seconde église donc.) Cette cathédrale fut élevée entre 848 et 872. Des traces de cette église furent retrouvées lors de fouilles en 1847 : abside demi-circulaire et reste de pavage. Cette seconde église n’était pas défensive et il fallut la fortifier progressivement pour faire face aux différentes attaques. Des donations permirent les travaux de fortification de l’église à partir de 1149. en 1173, le roi Louis VII le jeune donnait à l’évêque Guillaume, le droit de faire fortifier l’église, la ville et les faubourgs de tours, remparts et fosses pour résister aux fréquentes incursions des sarrasins.

Le donjon s’élève à 35 m de haut. Le plan est en forme de T, la nef est orientée à peu prés Est Ouest, le corps de l’édifice et rectangulaire, le chevet est plat. Les murs extérieurs sont renforcés de pilastres en saillie partant du sol et reliés dans le haut par des arcades. Le mur crénelé monté sur ses arcs s’écarte du mur de base et délimite des mâchicoulis qui permettaient le jet de projectiles sur les ennemis. Le mur en créneaux forme en même temps le parapet d’un chemin de Ronde. Le toit est en terrasse. Les pierres sont disposées en assises régulières. Fin XII°, la construction de l’édifice est terminée mais le donjon n’existait pas encore. Les deux extrémités du transept étaient renforcées par une tour carrée ne dépassant pas la terrasse. Le donjon daterait du XIV° et servait de tour de guet. La cathédrale fut consacrée en 1453.

L’intérieur :

La voûte est en berceau. Elle est soutenue par un seul arc doubleau retombant sur deux robustes consoles. Les murs latéraux sont renforcés par de puissants pilastres intérieurs qui supportent de grands arcs en plein cintre délimitant les travées. La première et dernière travée sont aveugles, les autres encadrent des ouvertures qui éclairent la nef, certaines ouvertures ont été agrandies au XVII°, celles de la dernière travée sont d’origine. La croisée du transept est séparée de la nef par un arc à double rouleau retombant sur une colonne engagée. La voûte de la nef se prolonge jusqu’au chevet, il n’y a donc pas de chœur, c’est la croisée du transept qui loge l’autel et remplace le chœur. Les croisillons nord et sud s’ouvrent sur la croisée du transept par une grande arcade en plein cintre supportée par des demi-colonnes sur dosseret. Il y a 6 chapiteaux : ceux de l’arc triomphal sont en marbre blanc, ceux du croisillon en pierre basaltique, l’un des deux est cubique et historié. Les autres sont feuillagés et peut être réemployés.

Le mobilier n’est pas en harmonie avec le style de l’édifice.

L’autel est du XVII°, de style corinthien avec des colonnes en marbre rouge. Il aurait été offert par Louis XVI à l’évêque Louis Fouquet. Le retable date de 1898 ainsi que les travaux d’ouverture de la grande porte au fond de la nef, le vestibule et la chapelle dédiées à Notre Dame accolée à la façade sud. La chaire est de 1751. La tribune et les orgues sont modernes et furent offert par la famille Laurens. En 1870 de nouveaux vitraux furent installés dans les grandes ouvertures.

Les bâtiments des chanoines : le Chapitre

Les 12 chanoines assistaient l’évêque dans les offices religieux. On trouve mention des chanoines dés 872. Les bâtiments datent de 1183. Le chapitre a été constitué au XI° siècle. Il deviendra très riche grâce aux différents dons. Ce n’était pas un monastère et les chanoines n’étaient pas soumis à la règle monastique. Ils avaient chacun leur maison en ville. Les bâtiments se composaient de magasins parallèle à l’Hérault et accolés à la cathédrale ou étaient stockés les différentes denrées, de la salle capitulaire appelé « le chapitre ». Cette salle est de plan rectangulaire qui date de la fin du XII°. Les murs sont bâtis en moyen appareil régulier en basalte dont chaque pierre porte une marque de tâcheron car ces derniers étaient payés à la pierre. Deux portes s’ouvrent sur la rue et une troisième sur une cour intérieure. Les deux portes donnent sur une vaste salle en contrebas au niveau de la rue. Cette salle est voûtée en arc brisé soutenu vers le milieu par un arc doubleau qui retombe sur une console décorée de figures grotesques ( modillons). Le fond de la salle est fermé par un mur biais très proche du second arc doubleau qui montre un remaniement lors de l’édification du cloître. Une porte étroite s’ouvre à la base de ce mur et communique avec la maison voisine. Il y a un étage sans particularité architecturale. Les chanoines venaient de la haute bourgeoisie ou de la noblesse

L’épiscopat :

Il y a eu des évêques à Agde de 405 à 1792 soit plus de 1300 ans soit presque 80 évêques. Le premier évêque fut St Venuste qui fut assassiné 405-408 lors de l’invasion des germains dans la Gaule Narbonnaise.En 506, l’évêque Sophrone reçut les membres du Concile. Pierre Raymond devint le premier évêque seigneur d’Agde, en achetant la vicomté d’Agde au vicomte Bernard Aton pour la somme de 13 000 sous melgoriens. Il vécut jusqu’en 1192 et légua à ses successeurs le titre de Comte d’Agde.Thédise fit bâtir des moulins sur l’Hérault pour que les agathois puissent moudre le blé. Après sa mort, il fut vénéré par les agathois qui lui élevèrent dans la cathédrale un tombeau de marbre à 4 colonnes qui sera détruit en 1567 par les protestants.En 1622, l’évêque Budos transforma l’intérieur de la cathédrale. Il fit faire le retable et fit agrandir les fenêtres romanes. Le cardinal de Richelieu fut reçu en 1642 par l’évêque Fulcrand de Barrès pour le jetée du port de Brescou.En 1643, François Fouquet de Vaux, frère du surintendant du roi Nicolas Fouquet est nommé évêque d’Agde. La famille Fouquet sera évêque d’Agde jusqu’en 1702.Le dernier évêque fut St Simon Rouvray Sandricourt qui resta de 1759 à 1792. il dut fuir à la Révolution pour ne pas avoir signé le serment à la Constitution Civile du clergé. Pour cela, il fut emprisonné et fut guillotiné en 1794 à Paris après avoir été dénoncé. Stendhal dans le « Rouge et le noir » évoque l’évêque d’Agde.

Agde à la Révolution :

En 1790, nationalisation des biens de l’Eglise. Les biens des églises de la ville furent vendus à des particuliers et par la commune. Les évêques doivent s’exiler pour éviter d’être persécutés. Certains se cachèrent en France, d’autres partirent en Espagne et en Italie via le port d’Agde ou des bateaux se chargeaient de prendre les évêques et les curés pour les transporter. Certains prêtres revinrent lorsque la situation politique fut meilleure. Le dernier évêque de la ville Saint Simon qui vivait de force à Paris continuait à prier et à correspondre en cachette avec son clergé d’Agde. Un décret autorisa l’interception des lettres et notre curé fut démasqué et recherché. Il fut retrouvé et livré à Robespierre qui le fit arrêter aussitôt et emprisonné et le 25 juillet 1794 il sera guillotiné à Paris. Ce fut le dernier évêque comte de la ville. La période révolutionnaire sera relativement calme dans la ville. Il y aura eut au total depuis 405, 77 évêques.

Le trompe l’œil :

C’est suite à la démolition d’immeubles sur cette place que fut décidé de peindre un trompe l’œil peint par des peintres venus de Montpellier et qui ont joué sur les couleurs locales de la ville

Hotel Leroy d’Etiolles : rue Muratet. Portail monumental

Le Consulat :

La ville était dirigée depuis la fin de l’époque romaine par des évêques dont les noms sont connus à partir du V°siècle. En 1187, les évêques avaient le pouvoir total sur la ville et ils en étaient les seigneurs. Avant cette date, il y avait des vicomtes en plus des évêques. On trouve mention du Consulat pour la première fois en Agde en 1207. Les habitants de la ville étaient représentés par des consuls qui effectuaient la gestion de la ville et en rendaient compte à l’évêque. On peut penser qu’il y avait des consuls dés le XII°siècles. A cette époque, la ville avait déjà un sceau, une cloche et un hôtel de ville. Les consuls étaient 6 du XII° au XIV° mais plus que 4 à partir de 1550. Ce rôle était destiné aux bourgeois de la ville. Ils étaient élus chaque année et renouvelés chaque année. L’évêque avait un droit de regard sur l’élection et sur les candidats. Charles VI confisquera le Consulat à la ville en 1408 à cause de divers troubles entre les habitants et l’évêque comte.

A partir de 1524, il y avait un conseil général de la ville composé de 54 membres nommés à perpétuité. Ce conseil se réunissait selon les affaires à traiter. Les consuls leur exposaient les différentes affaires de la ville. Les consuls étaient élus tout les 2 février (chandeleur) dans la maison consulaire. Ils devaient prêter serment devant l’évêque. Les consuls ensuite nommaient les différents employés municipaux. Les consuls passaient avec l’évêque de transactions sur différents droits (pèche, chasse…). Au début du XVIII°, le rôle des consuls perdit de l’importance à cause d’un édit de Louis XIV en 1692 qui institua la charge de Maire perpétuel dans toutes les villes. Ce maire avait tous les pouvoirs des consuls qui donc ne servaient plus à rien. Les derniers consuls exercèrent jusqu’en 1789.

La maison consulaire :

La ville avait des consuls dès le IX°siècles et ils étaient désignés par l’évêque jusqu’au milieu du XVI°. Ensuite l’évêque en nommait 4 directement puis en choisissait 4 autres sur une liste de 8 noms présentés par le conseil de ville ou siégeaient les notables. A partir de 1789, les consuls seront nommés sans consulter l’évêque qui n’a plus aucun pouvoir. En 1795, il y a pour la première fois un maire !

L’édifice actuel est en fait la 3° maison consulaire construite par les consuls. Les deux premières furent édifiées au XIV et XVI°. La première maison commune se situait prés de la porte de fer non loin de la belle agathoise. En 1526, elle se situait en face de la cathédrale entre 1526 et 1630. la troisième se situe à son emplacement actuel et fut débutée en 1650 et achevée en 1652.

La maison actuelle date de 1651. Le lieux est stratégique a mi chemin entre le pouvoir de l’évêque représenté par la cathédrale et le pouvoir commercial représenté par le port. Il y a 3 façades et 3 étages de style Renaissance. Sous les arcades, un marché et des échoppes ou on voit encore les petites ouvertures. Il y a une règle de fer datée de l’an X de la Révolution (1802) qui se situe à gauche de la porte d’entrée servait de mètre étalon aux commerçants. Le style architectural de cette partie de l’édifice est dit « Bloisien » car le nombre d’arcades correspond au nombre de fenêtre par étages. Il y a une symétrie totale. De l’autre coté, la porte Monumentale en bossage surmontée d’un fronton dont les arcs brisés enserrent les armoiries de la ville. La frise est décorée de 3 têtes de lions en basalte qui rappelle l’origine grecque de la ville, le lion étant l’emblème de Milet, siège de la confédération ionienne qui était composée de 11 cités dont celle de Phocée d’ou «étaient originaires les grecs fondateurs d’Agde. En 1769, la maison consulaire est agrandie avec l’achat de la maison Castan (a droite de l’entrée principale). Après la Révolution, ce devint la mairie. En 1920 pour agrandir la mairie, on acheta la maison au 4 rue de la Halle, l’hôtel Lagathe. En 1986, la mairie déménagea dans l’ancienne caserne Mirabel. Le bâtiment sera restauré en 1989 et mêlera ancien et moderne en totale harmonie.

Les peintures :Ceux sont des artistes catalan exilés sur Agde qui peignirent ces fresques. : Cadena, Barba et Sola. Une grande fresque allégorique de la fondation d’Agde ou les artistes ont représenté une superbe déesse, clin d’œil à la naissance de Vénus de Boticcelli. Le lustre en bronze et de Clavell, un ferronnier d’art. (histoire petits fils peintre et grand-mère)

Elle est construite toute en basalte et date de 1651. elle fut agrandie dans la seconde moitié du XVIII°. Elle possède 3 façades et 3 étages. Le bâtiment est de style Renaissance. 2 arcades en plein cintre éclairent la halle qui servait aux marchés et aux foires. La porte monumentale taillée en bossage est surmontée d’un fronton rompu. La tour de l’horloge possède un entablement en pierre et une balustrade. A cette même époque, prospère pour la ville, fut construits plusieurs hôtels particuliers. Il fallut détruire 3 maisons pour construire le monument. Sur la façade principale au rez de chaussée à gauche s’ouvre deux arcades plein cintre qui permettent d’accéder aux halles qui mesure 20 m par 8. D’autres arcades entourent cet ancien marché. Les arcs reposent sur de solides pilastres.

La porte principale au centre de la façade est encadrée de pierres taillées en bossage avec des pierres de taille taillées en pointe de diamant, le tout est surmonté d’un fronton à arc brisé et des armoiries de la ville. Il y a 3 têtes grimaçantes qui surplombent l’entablement de la porte et qui évoquent les gargouilles de nos cathédrales. Deux étages composés de fenêtres à meneaux avec au dessous un cordon de pierre en corniche qui fait le tout de l’édifice. Tous les encadrements des ouvertures sont en bossages. La tour de l’horloge se termine par un entablement de pierres et une balustrade. On peut voir coté cathédrale une gargouille qui est une grenouille qui tient entre ses pattes un écusson aux armes de la ville.

A l’intérieur, un escalier monumental taillé en bossage menait à la salle des consuls. Sur le toit, il y avait une cloche qui appelait les consuls pour les réunions. En 1782, l’hôtel de ville fut agrandi.

La rue Jean Roger marque la séparation entre la Cité et les deux Bourgs de St Sever et de St André.

LE QUARTIER DE LA MARINE :

La fontaine Bonaparte :

Une fontaine existait déjà à cet emplacement depuis très longtemps puisque la porte de la ville située a proximité se nommait porte de la fontaine. En 1802, la mairie décida de construire une nouvelle fontaine et confia la conception à l’architecte Casas. Elle est de style Empire, toute en basalte. Comme décor, elle a deux colonnes à fut lisses de style ionique taillé dans un bloc de lave. Seule la plaque de marbre apporte un peu de clarté. La plaque indique que l’an X de la Révolution, Bonaparte était consul. C’était une fontaine dédiée a Napoléon de la part de la mairie Bonapartiste à cette époque. La municipalité espérait que Napoléon viendrait inaugurer le monument. Ce ne fut pas le cas

Il y avait des portes de fortifications dont la dernière daterait de 1689 et qui fut détruite au XIX°.

Sur cette place, il y avait l’ancienne criée, qui se situe aujourd’hui au Grau d’Agde

La place de la Marine :

Le premier port d’Agde se situait aux pieds de la cathédrale puis se déplaça ensuite au quartier de la Marine qui était le point central du port qui faisaient port de commerce, voyageur et de pêche.

Le quartier des pêcheurs :

IL se situait autrefois rue de la Poissonnerie. Au début du siècle, le quartier était très populaire et vivait de la pêche. Aux n°7 et 9, il y a de belles portes cochères du XVIII°. La petite place appelée « le plan Allard » ou jadis les femmes des pêcheurs vendaient le poisson sur des étalages improvisés ou à même le sol. On peut voir une maison avec des têtes sculptées qui appartenait à un armateur, dont sa tête st sculptée au centre. C’est la maison la plus riche De part et d’autres ses lieutenants. En face, une petite maison avec en haut une frise de bateaux et le fort Brescou. Au XVIII°, c’était la mode de faire des frises

Les maisons étaient simples et il y un peu partout des niches avec des vierges

La statue d’Amphitrite

Elle était connue sous le nom de Statue de la Navigation et faisait partie des nombreuses statues qui ornaient le Trocadéro à Paris avant que l’installation de l’exposition universelle de 1937 nécessite la destruction du monument. C’est le ministère de l’éducation nationale qui offrit cette statue à Agde. Elle a une chevelure semblable à de l’écume de mer, sa robe rappelant les vagues, son étoile de mer en guise de diadème et sa rame. Elle a tout les attributs de celle qui fut déesse de la mer et épouse de Poséidon. Elle est posée sur un socle surmonté d’une mappemonde, œuvres de Celestin Gras, artiste local. Elle est tournée vers la mer.

Les quais :

Ils datent de la fin du XVIII° et du début du XIX°siècle.

La maison de la Consigne 18° (ancienne école de musique) :

Elle servait à mettre les équipages en quarantaine afin d’éviter tout risque d’épidémie sur la ville. Le perron de l’entré principale donne sur le fleuve (directement du bateau à la consigne).

L’Hôtel Dauby (XVIII°)style classique

L’hôtel fut édifié a proximité d’un ancien moulin à huile et a coté d’une des anciennes portes d’accès à la ville. La place de la marine s’appelait autrefois « place aux huiles ». La culture de l’olive était très importante pour Agde entre le XVII° et le XIX° siècle. A cette époque, il y avait 3 moulins a huile qui disparurent au début du XX°. Quant à la porte, il s’agissait de la port des Valls ou porte Notre Dame sur les vestiges de laquelle s’appuie la maison Dauby. Coté quai, on peut apercevoir des vestiges de la citadelle basse qui fut détruite sur ordre de Louis XIII en 1632 après la révolte du duc Henry II de Montmorency.

La maison fut bâti en 1778 sur un terrain de l’évêché vendu à Philippe Dauby, négociant en grains pour 900 livres par le dernier évêque St Simon. En 1178, on note une maison, une remise, une écurie, et une cour intérieure le tout sur 520 m2 . Son fils, un actif révolutionnaire sera maire de la ville en 1808 puis conseiller général. Il aura la légion d’honneur. Il y a une rue a son nom. La maison changera plusieurs fois de propriétaires. En 1902, c’est la famille Baudou qui devient propriétaire. Jules Baudou est bien connu des agathois. Il fonda « l’escolo dau sarret » et fut le premier conservateur du musée agathois. Il était aussi le propriétaire de la Galiotte (voir travaux années 50)

La maison fut agrandie par les enfants de Dauby peu après la Révolution et ensuite au début du XIX° coté place de la Marine. Ces ajouts successifs ont provoqué une dissymétrie des façades. La façade principale de l’hôtel est située sur le coté de la place de la Marine, rue Blanchard. Il y a deux étages éclairés par 6 portes-fenêtres. Au rez de chaussée, il y a la porte d’entrée et deux ouvertures de part et d’autres. Toutes les fenêtres sont encadrées de basalte et ont des ferronneries qui donnent de l’élégance à l’immeuble. Il y a un balcon en fer forgé au dessus de la porte d’entrée, l’artiste est inconnu. Ces grilles sont des œuvres d’art : pétales, volutes, la lettre D, des fleurs dont les pétales se terminent en volute. La porte d’entrée est en basalte et mesure 3 mètres de haut. Elle est encadrée de pilastres à consoles sur lesquels s’appuie le balcon. L’arc en plein cintre est travaillé de refends ce qui donne l’impression de vagues.

Coté quai la maison s’appuie sur les vestiges d’une ancienne porte de ville qui se trouvait sur les remparts. La façade n’a pas la même symétrie que la façade principale, il y a plus d’ouvertures, des ferronnerie différentes. La porte d’entrée reprend la porte principale. Il y avait les écuries et différentes dépendances. Dauby était négociant en grains. Il possédait des terres et entretenait un troupeau de 120 moutons pour la laine. Il possédait des parts de bateaux appelées « Quirats ». Au XVIII°,, un bateau pouvait être divisé en 24 quirats. Le propriétaire des quirats encourrait les risques liés à la mer (naufrage, pas de prise…)

L’hôtel de la Sablière (4 rue Chassefières)

C’est le point le plus bas de la ville et c’est la première rue a être inondée par l’Hérault. Il y a une marque d’une des crues du fleuve en 1723. les plus fortes crues de l’Hérault eurent lieu en 1907 et 1997. L’hôtel date de 1592 mais M Sablière ne l’acquit qu’en 1638 et il y fit des travaux dont un étage supplémentaire. La famille resta propriétaire jusqu’à la Révolution puis l’hôtel fut morcelé en deux. Il y eut beaucoup de modifications et il est difficile de retrouver la façade originale. La porte d’entrée est de style Renaissance. Les deux piliers en basalte sont à fut lisse et ornés de pierre en bossage. La hauteur est de 3 mètres s’achevant par un arc en plein cintre. La frise a des pierres taillées en pointe de diamant que l’on retrouve également en haut des piliers. Il s’inspira de la décoration de l’hôtel Guérin. La façade a de grandes ouvertures au premier. La partie sud est occupée par l’atelier d’une artiste peintre. A l’intérieur, il y a un escalier monumental en basalte dont il reste peu d’éléments, un puits. Il y avait une double entrée comme à l’hôtel Barrier : Privée et personnel. Il y a une cheminée en basalte su XV°, la seule de la ville. André de la Sablière, descendant du premier propriétaire de l’hôtel avait réparé les remparts de la ville à ses frais, d’ou une plaque en basalte au 4 rue Voltaire lui rendant hommage.

L’école d’Hydrographie :

Cette école apprenait les métiers de la navigation. On ne connaît pas exactement la date de sa fondation mais on en a des traces écrites. Jusqu’au XVIII°, le port d’Agde était prospère et le métier s’apprenait progressivement de mousse à capitaine. L’école sera supprimée en 1914 car le chemin de fer a supplanté la navigation.

Les joutes :

On trouve trace des joutes en Agde dés 1544 ou 1601. Elles se déroulent aux pieds de la cathédrale en général pour Pentecôte ou pour fêter des personnages importants venus en Agde (exemple Henry de Montmorency). Actuellement, les tournois ont lieu en début août pour la fête locale.

La pêche :

Il y avait plusieurs types de bateaux :

Les bateaux bœufs :Ils portaient ce nom à cause de leurs lourds filets qu’ils tiraient. Ils étaient en bois et mesuraient de 12 à 14 mètres de long. Ils étaient à voiles jusqu’aux années 1900. A deux bateaux, ils tiraient un filet qui raclait le fond et prenait les poissons de sable (sole, rouget, sèche, raie, turbot)

Les bateaux bœufs à vapeur :Ils mesuraient de 18 à 20 mètres de long. Les premiers sont apparus dans les années 20 et permettaient de pêcher toute l’année à l’inverse des bateaux bœufs qui ne sortaient pas en hiver.

La pêche au globe :Dans une vaste épuisette de 3 à 5 mètres de diamètre, le globe était calé au fond et attirait les poissons. Les bateaux utilisés étaient des catalanes, bateaux pas très long. Il y avait aussi la pêche au globe à quai.

La pêche à la traîne :Un filet de 600 mètres de long sur 1 à 2 mètres de haut était amené au large par deux hommes sur une nacelle. Le filet était lesté par des plombs en bois mais avait des flotteurs en haut. Le filet était fixé sur des cordes qui étaient ensuite tirées sur la plage par 20 personnes environ.

La pêche avec les Catalanes :Les Catalanes étaient des petits bateaux de 12 à 14 mètres de long, et à voile jusqu’aux années 30. Ces bateaux avaient 3 types de filets pour les sardines, les maquereaux et les thons.

La pêche au thon et à la sardine

La pêche au chalut

Le port :

Le port a existé avant les villes. Les Grecs avaient trouvé un bon mouillage pour installer un port à l’embouchure de l’Hérault. Au fil des siècles, les bateaux devenant de plus en plus grands et de plus en plus lourd, la profondeur du port devint insuffisante. De plus le port s’ensablait fréquemment au niveau de l’entrée du fleuve dans la Méditerranée (courant, crues, vent…).A l’époque grecque, Agde avait deux ports : les gros bateaux arrivaient au Cap et les petits bateaux arrivaient directement en ville via l’Hérault

Seules les grandes crues arrivaient à désensabler assez régulièrement mais ce n’était pas suffisant et il fallait parfois draguait le port ce qui était fastidieux et coûteux. Les quais furent aménagés au XVIII°. Le port s’ensablait régulièrement et le transport devenait de plus en plus important au XVIII°. Un plan de gros travaux fut entrepris en 1782 pour pallier à cet ensablement (plantation de pin à la Tama, dériver les eaux pour éviter les courants). Le bois de la Tama occupait 48 hectares en 1894. Ces travaux furent bénéfiques pour le port. Il n’y eut plus d’ensablement. Agde avant Sète fut le port le plus important du Languedoc. En 1719, on comptait 63 bateaux et en 1743, on comptait 130 bâtiments et 125 en 1789 toute flotte confondues (port et canal). En 1756, la ville comptait 1547 foyers et en 1760, 2000 personnes vivaient de la pèche. Au XVIII°, Agde est le premier port de pêche et de commerce du Languedoc, le canal permettait les importations et les exportations. Les exportations de vins entre 1705 et 1785 triplèrent. Les draps transitaient par Agde avant de partir pour Marseille et ensuite vers le Levant. Au début du XVIII°, il y avait le commerce avec les Antilles via Bordeaux. Les produits exotiques arrivèrent en France. Le tonnage du port en 1757 était de 10 000 t et en 1780 de 60 000 tonnes ! Les bateaux partaient dans le monde entier avec tout type de denrée. La viticulture en Languedoc à cette époque était peu importante mais il y avait beaucoup d’exportations de vins d’Espagne et d’Italie. L’ouverture du canal du Midi entraîna une très forte augmentation du trafic du port.

En 1779, il y avait 900 navires qui transportaient toutes sortes de marchandises. Agde fut le port de transit pour les armées lors des différentes guerres pendant la Révolution. C’était un port de liaison directe entre Bordeaux, Toulouse et la Méditerranée via le canal du midi. La guerre de succession déclenchée entre la France et l’Espagne en 1793 va être bénéfique pour le port d’Agde qui devient un port de transit pour ravitailler les armés du roi en Catalogne mais l’apogée du port se fit dans le seconde moitié du XVIII°. Agde devint un port important pour la fourniture de grains aux armées de la République. En 1798, 609 navires entrent dans le port et 932 en 1800. A la Révolution, le port employait 1500 personnes pour 7000 habitants. Le port faisait 5kms de long sur les deux rives de l’Hérault

A partir de 1884, le port de Sète devança celui d’Agde, ce sera le déclin d’Agde ( 325 bateaux en 1885-1888). Le port fini sa vie en 1946 au niveau commercial. Il ne reste que quelques bateaux de pêches. En 1960 : 7 chalutiers, 21 barques catalanes et 6 nacelles. Le port d’Agde était le plus important du Languedoc avant que Sète ne le dépasse au XVIII°. Le port de Sète ouvrit en 1814 et à partir de cette date le port d’Agde déclina rapidement. En 1880, il y avait 364 navires et en 1892 que 158. Le port du Grau aujourd’hui se compose de 50 chalutiers, 4 thoniers. 200 familles vivent de le mer sur une population totale de 25 000 habitants. Les bateaux rentrent vers 16h et le poisson se vend à la criée.

Les ponts

Le premier pont traversant l’Hérault est mentionné en 1206 date à laquelle il s’écroula. Il fut reconstruit vers 1300 mais fut endommagé à plusieurs reprises. Il n’existe plu en 1588 et est remplacé par des barques de passage. En 1828, un pont suspendu et un pont métallique en 1926 qui fut interdit à la circulation en 1964 car trop dangereux.

Les chantiers navals:

On retrouve des traces de cette activité dés le XVII°siècles. A partir de 1720, l’activité est en plein essor. Il y avait des dynasties de constructeurs. On fabriquait des bateaux de pèche, des barques de canal, des sapines, des allège, de tartanes, des brichs, des goélettes. Ces bateaux étaient à voile. Vers 1875, il y avait encore 7 chantiers. Actuellement, il ne reste que 3 chantiers de constructions et de réparations. Au XIX°, 15 bateaux par an sortaient des chantiers d’Agde. De 1762 à 1798, on fabriqua 140 navires à Agde contre 89 pour Sète.

L’Eglise Saint Sever : l’église des pêcheurs 1499

Sever était un prince syrien venu à Agde au V°, qui légua ces richesses à la ville et en son hommage fut fondée un monastère en son honneur.

Construite sur un cimetière pré romain , puis paléochrétien, elle était dédiée primitivement à St Martin quand St Sever y fut enseveli vers l’an 500. Elle est mentionnée sous ce nom en 877. Des fouilles en 1951 ont permis de découvrir des murs de l’église primitive construite au V° et dédiée à St Martin et des sarcophages des VI° et VII°. L’église romane fut détruite en 1296 par Roger de Loria qui était au service du roi d’Aragon qui abattit touts les bâtiments sauf la cathédrale. Elle fut église paroissiale jusqu’à la Révolution ou elle fut transformée en magasin. Elle fut rendue au culte en 1804. L’église est entourée de maisons et est donc difficile à trouver ! Seul son clocher est apparent et la façade Nord qui donne sur la rue. L’église a été remaniée à plusieurs reprises.

La façade :

La façade donnant sur la rue est formée par le mur pignon d’une croisée du transept orné d’une rosace puis de deux murs ouverts de fenêtres géminées lancéolées. L’église date de la fin XV°et les baies du XIX°. Le portail d’entrée est de style classique surmonté d’une niche avec une statue de St Sever du XIX°. Il y a une rosace, deux fenêtres ogivales, au-dessus de la porte d’entrée la statue de Saint Sever.

L’intérieur :

Dans le vestibule d’entrée, au-dessus d’une dalle de sarcophage du VI°, une plaque de schiste mentionne la reconstruction de l’église à partir de ses fondations en 1499. A gauche, les armes de l’évêque Nicolas de Fiesque, au centre St Sever avec sa crosse d’abbé. Au-dessus, une plaque de marbre rappelle la consécration de l’église en 1953. Avant cette date, l’église avait un plan classique d’église gothique méridionale avec une nef centrale séparée de deux nefs latérales par 6 piliers soutenant des voûtes d’ogives. L’Hérault proche et les inondations ont entraîné vers 1922 l’effondrement des voûtes suite à l’affaissement des piliers (mauvaises fondations). En 1953, on supprima les piliers et on fit qu’une seule nef couverte d’une voûte sur nervures surbaissées en briques creuses. L’abside de plan polygonal est couverte d’une voûte nervurée. Elle est éclairée de 5 verrières de style gothique. L’abside et le transept sont d’origine. L’inclinaison des piliers de l’arc triomphal montre encore combien l’édifice a souffert de mauvaises fondations. Dans les chapelles latérales, les autels et les tableaux sont du XIX°siècles. A partir de l’entrée

La première chapelle est dédiée à St Pierre avec une statue du Saint. Il y a aussi une statue de St Roch. Sur le mur face à l’autel, une barque porte les St Maries.

La chapelle de St Maixent ou il y a un grand tableau de Ginestet (1900) qui évoque le Saint que des Paysans supplient de faire tomber la pluie.

La chapelle St Joseph se situe au croisillon nord du transept.

A coté , l’autel de la Vierge (fin XVIII°) de même que la belle statue de la Vierge à l’enfant qui le surmonte.

Le chœur a gardé son aspect gothique avec son plan polygonal et sa voûte d’ogives. Sur la clé de voûte, il y a deux personnages dont un agenouillé : c’est St Sever bénissant un fidèle ou St Sever accueilli par l’évêque Béticus

De l’autre coté du chœur, l’autel du St Christ qui fait pendant à celui de la Vierge.

La chapelle St Thérèse

La chapelle du Sacré Cœur avec un autel en marbre blanc du XVIII°.

La chapelle St Jacques : la statue n’est pas d’origine

Au fond de la nef, une petite chapelle dédiée à St Thérèse de l’enfant Jésus est datée de 1925.

Les deux rosaces du transept évoquent au nord St Joseph et le Christ et au sud St Thérèse

Sous l’orgue se trouvent les fonts baptismaux. L’orgue construit par Puget date de 1855. il est classé MH et fut relevé en 1998. Les vitraux sont du maître Thibaud de Clermont Ferrand. Ceux sont les plus anciens conservés à Agde. Ils sont de 1850. on peut lire sur les auréoles, les noms des Saints représentés et au-dessous les noms des donateurs. A l’exception des deux roses du transept qui représentent St Joseph et St Thérèse, les autres sont des grisailles (pas de personnages)Il y a un arc boutant en saillie de style roman. Apres être passé sous un arc, on arrive dans la vaste nef éclairée. L’abside est de style gothique rayonnant avec de grandes fenêtres. La nef est plus large que l’abside, elle est voûtée en arêtes. Les deux bras du transept s’ouvrent sur le chœur et abritent chacun deux autels. Il y a des chapelles sur les cotés de la nef de largeur égale au transept. L’ensemble est peint en ocre clair.

Le Saint Christ :

C’est un grand crucifix en bois peint et verni, classé MH en 1906. Il mesure 1,75 m pour 80 kgs et fut classé MH en 1906. C’est une sculpture hyperréaliste, son visage change d’expression selon l’angle ou on le regarde. Il est sculpté dans un bois fin et qui est recouvert de plusieurs couches d’une peinture vernissée. Cette statue à une histoire légendaire :

« Un inconnu de haute stature et d’une beauté ravissante se présente un jour à l’hôpital demandant l’hospitalité sous prétexte de faire un travail, il réclame qu’on le laisse une semaine tout seul. A peine si deux fois par jour un serviteur fidèle lui faisait passer par une ouverture sa frugale ration. Plus d’une semaine se passe. Ne voyant pas l’inconnu apparaître, on brisa la porte : l’ouvrier avait disparu, la nourriture était intacte et un beau Christ, tel qu’on n’en avait jamais contemplé, s’offre aux regards émerveillés. Ce Christ fut porté en grande pompe à l’église st André ou on ne doutait pas que ce fut la main d’un ange se rappelant la vision du calvaire qui l’eut confectionné. »

Il y a un Christ de la Renaissance car il mélange le style espagnol et italien. Il fut peut-être exécuté par des sculpteurs passant quelques jours en ville. La légende dit qu’il aurait été sculpté en une nuit par un menuisier passant quelques jours à Agde. Il fut jeté dans l’Hérault à la Révolution puis retrouvé et ramené à l’église. Il y a aussi une vierge en marbre de carrare et une statue en bois doré de St Jacques. On parle aussi de la main de MichelAnge ou d’un de ses élèves le sculpteur espagnol Berrugueti. On ne connaît pas la date exacte de sa conception (XV°au XVII°) ni de son auteur. Fin XVII°, début XVIII°, il fut l’objet d’une grande vénération. On espérait un miracle en le touchant. A la Révolution, il faillit être brûlé mais on le jeta dans l’Hérault ou il sera récupéré par miracle dans des roseaux au bord de l’Hérault. Le pêcheur l’ayant découvert le cacha chez lui ou il fut vénéré par les fidèles dans le secret de la cachette. Le Christ sera rendu à l’église St Sever et non à l’église St André qui n’était pas encore rendu au culte. Chaque année pour le jeudi Saint, le Christ est descendu et porté en procession à bout de bras par des hommes dans l’église. Il est ensuite exposé devant le maître autel jusqu’au lendemain matin avant de retrouver sa place. Les fidèles profitent de cette cérémonie pour le toucher, lui demander des miracles.

L’église actuelle a été restaurée en 1953 car la voûte s’était écroulée en 1922. elle fut construite en 1499 sur les restes d’une église romane dont il reste des éléments : arcs boutant, porte romane… il y a aussi une absidiole ou baptistère construit en pierre de lave derrière l’église (inaccessible) qui possédait un puit du XII°. Sou cette église romane, une église primitive découverte en 1953 et datant des VI° et VII° siècles et ou aurait été enterré St Sever. La première église daterait du VI°, la seconde du XII°qui fut détruite fin XIII° et la troisième date du début XVI° et est de style gothique méridional à 3 nefs. Autour de cette église , on retrouva des traces de cimetières .

Saint Sever : Sever était d’origine syrienne, et la légende dit qu’il arriva sur nos cotes avec son bateau chargé des richesses. Il les mit à la disposition de l’évêque Béticus pour soulager la misère du peuple car la ville était en ruine suite aux invasions barbares. Après avoir distribué tous ses biens, il s’établit dans un petit ermitage prés de l’Hérault. Plus tard, il vint occuper une « cella » que l’évêque avait fait élever et touchant l’église St André. Il est à l’origine du monastère St André. Il mourut vers 500 et fut inhumé dans l’église ST Martin aujourd’hui église St Sever. Sa sépulture se trouverait à l’arrière du maitre autel. St Sever serait mort en 500. Plusieurs translations au XV° et XVI° eurent lieu. Des fouilles en 1822 ont permis de retrouver la trace de la sépulture de St Sever.

Les cloches :

Le clocher de l’église est une tour carrée qui se situe à l’angle sud ouest de la nef. Elle est surmontée d’une flèche. La salle des cloches est percée de 4 ouvertures en arc brisé. Il y a une cloche datée de 1589 et une de 1900. la cloche de 1589 est la plus vieille d’Agde. Elle mesure 85 cm de diamètre.

LE QUARTIER DES HALLES :

Les halles datent de 1898 et furent restaurées en 2000. Sur la place Gambetta, il y a une ancienne chapelle construite par sœur Euphrasie en 1864, aujourd’hui une école publique. L’entrée ogivale est de style néogothique. En face, il y a l’ancien séminaire et l’ancien collège clérical avec leur façade Renaissance qui furent construits par les évêques François et Louis Fouquet au XVII° et qui sont aujourd’hui des écoles privées.

La chapelle de l’orphelinat :

Au milieu du XIX°, sœur Euphrasie qui était une fille de la charité Saint Vincent de Paul consacra sa fortune personnelle à l’édification d’une chapelle et d’un orphelinat. En 1902, la chapelle est désaffectée et transformée en salle de classe.

L’église Saint André : 1575

Au V°, l’église avait le statut de cathédrale. Après le déclin de l’antique monastère auquel St André était rattaché, l’église devint en 1064 un simple prieuré. Elle est construite sur la plus ancienne église d’Agde. On y retrouva des vestiges gallo-romain dés II° et I°siècle avant JC ainsi que des vestiges de la première église datée du V°sans doute l’église ou s’est tenue le Concile de 506. Il y fut découvert des tombes du premier siècle après JC ainsi qu’un cimetière chrétien du V°. La première mention de l’église date de 456 dans « la vie de St Sever » puis dans les actes du Concile de 506.

La célébrité de la basilique au moyen age vient du Concile, un des plus importants de la Gaule Méridionale qui s’y tint à partir du 11/09/506 réunissant 34 évêques de toute la France avec l’accord du roi Wisigoth Alaric. Le concile était présidé par l’évêque d’Arles. Les décisions ce cette assemblée firent l’objet de 48 canons qui traitaient de la liturgie et de la discipline des prêtres mais aussi de la gestion des églises et de leur patrimoine. Au nibeai des fidèles, il leur était demandé d’assister à la messe le dimanche, de communier à Pâques, Pentecote et à la Toussaint, de jeuner tous les jours de Carème

A l’intérieur, une colonne engagée nommée colonne du Concile qui serait un vestige de l’ancienne basilique réemployé dans la nouvelle église. Cette colonne est remontée à l’envers avec le chapiteau en bas.

Différentes fouilles dans les années 80 ont mis au jour des éléments d’un ancien édifice de plan rectangulaire avec des caractéristiques des églises wisigothiques à chevet carré. Des sarcophages furent retrouvés.

Au XI°siècle, c’était un monastère puis elle deviendra une abbaye. L’église fut reconstruite à plusieurs reprises mais l’église actuelle date 1575 . Tous ces vestiges seraient ceux de la basilique du Concile. Au XI°, l’église et le monastère ont perdu leur fortune et il devint qu’un simple prieuré dépendant de l’abbaye St Victor de Marseille. En 1378, il fut annexé au prieuré de St Germain et en 1548 au chapitre de Montpellier. En 1652, l’évêque Louis Fouquet obtint l’autorisation de loger son séminaire dans le prieuré et d’utiliser l’église pour les offices religieux et que l’église soit annexée avec le séminaire qui venait de s’établir dans l’ancien monastère adjacent. En 1674, on y annexa un collège. Elle devint église paroissiale en 1676. des moines s’occupèrent du collège jusqu’à la Révolution ou l’église fut transformée en parc d’artillerie. Elle fut rendue au culte qu’en 1848 pour devenir église secondaire de la paroisse St Etienne. A cette époque, des mécènes de la ville, la famille Audouard financèrent les travaux de rénovation de l’Eglise. En 1855, on fit le portail d’entrée de style gothique.

L’église placée prés des halles permettait aux personnes faisant leur marché de venir prier. En 1973, il fut envisagé de la démolir mais ce ne fut pas le cas. En 1982, le clocher s’effondra. Elle resta à l’abandon jusqu’en 1998 ou elle fut rendue au culte.

Description :

L’église actuelle est un ensemble de rajouts de diverses époques. Le clocher est une tour carrée pas très élevée qui présente extérieurement 6 baies à plein cintre murées. Le beffroi porte une seule cloche qui date de 1872. Le chevet plat à l’Est est carré et encadré de deux légers contreforts présentant 4 baies dans le style du XIV°. Il y a 3 travées plus le transept. L’abside est carrée et voûtée d’ogives retombant sur des colonnes engagées. Le chœur est séparé de la nef par un arc diaphragme. Les 3° et 4° travées s’ouvrent sur des chapelles rectangulaires peu profondes et voûtées en ogives. L’entrée se fait au Nord par un porche vestibule qui s’ouvre par un portail de style néogothique en arc brisé. Les chapelles sont éclairées de baies étroites, le chœur par 3 baies trilobées. Il y a 4 baies dans le style du XIV°. Celles du centre sont d’origines. Elles furent murées au XVII° pour la construction d’un retable et elles furent redécouvertes en 1862 et on ouvrit alors les deux autres baies de part et d’autre. Deux lancettes latérales furent fermées en 1867. Le portail d’entrée de style néo gothique date de 1855. Le porche est de style gothique avec des mascarons : une tête de saurien et une tête de loup. L’entrée date de 1853. A l’intérieur, la nef unique est voûtée sur croisées d’ogives et date de 1723 par souscription. Elle remplaça les combles apparentes dont les poutres déposées en 1983 possédaient encore des traces de décos peintes du XV° et XVI°. Le mobilier est néo gothique (XIX°) car l’édifice a été dépouillé à la Révolution dont il fallut refaire le mobilier. Le lambris du chœur est décoré d’une série d’écussons évoquant les armoiries des évêques d’Agde. Il y a aussi les anciennes stalles des chanoines de 1516 et provenant de l’église St Etienne. Aux murs latéraux de l’abside, des consoles placées de part et d’autre de deux reliquaires en bois doré qui portent les statues des 4 évangélistes. Les chapelles latérales avec autels et retables neo gothique sont dédiés à la Vierge à droite et Sacré Cœur à gauche. Les tableaux au mur évoquent le sacre d’un évêque, un autre Marie Madeleine. Les vitraux de l’abside sont de Mauvernay et datent de 1863. Ils représentent au centre la crucifixion de St André et sur les cotés St Pierre et St Paul. Les autres vitraux datent de 1874 ayant été fait pour le compte de la famille Audouard. L’oculus au fond de l’église évoque le Concile d’Agde et fut exécuté par Victor Gesta. Il est situé au-dessus d’une chapelle dont l’autel est surmonté d’une Piéta. Autres œuvres : un grand crucifix, une statue de St Rita, un ange tenant un bénitier. Le chœur est éclairé par une verrière de vitraux et possède une chaire en marbre blanc, des autels et des boiseries sur lesquelles on retrouve les armoiries des évêques d’Agde. Le clocher est une tour carrée qui pourrait être de base romane. Il était surmonté depuis 1855 et jusqu’en 1982 d’une flèche qui s’écroula.

Le gros œuvre extérieur est roman en pierre de lave, des fenêtres en arc en plein cintre, le clocher de même type. Il y a une porte latérale de style gothique. La nef se compose d’une voûte à 4 travées dont une forme le transept. Il y a une colonne dite colonne du concile qui est une pierre de lave brute. Elle se compose de tambours empilés les uns sur les autres, elle est à demi engagé dans la muraille latérale droite. Elle mesure 3,30 m de haut avec le chapiteau de style très sobre. L’église devint paroissiale en 1676 jusqu’à la Révolution ou elle fut désaffectée jusqu’en 1848 ou elle fut rendue au culte et devint église annexe de St Etienne. De l’ancien monastère, il ne reste presque rien et les bâtiments aujourd’hui abritent une école. Cette église au V° était peut être la demeure de l’évêque à cause du monastère adjacent. Le monastère commença à péricliter au XI°.

A coté de l’église, il y avait le pensionnat de Notre Dame. Dans le prieuré de Saint André, un séminaire pour former les prêtres fut crée en 1652. Ce bâtiment est celui qui servit de rempart entre l’ancienne cour et la porte saint Jullien. Il y eu après un collège clérical. Au centre de la place, les halles qui se situent à la place de la chapelle des Pénitents blancs détruite après la Révolution. Les premières halles datent de 1898 et furent restaurées récemment.

L’Hôtel de la Charité (musée agathois)

L’œuvre de la Charité fondée en 1699 par Louis Foucquet évêque d’Agde avait pour but de secourir les personnes malades et pauvres qui n’étaient pas acceptés à l’hôpital. L’œuvre était dirigée par des Dames. Cet immeuble construit par Foucquet a été conçu comme un hôtel particulier de style Renaissance. Le portail d’entrée se compose de deux pilastres en pierre de taille terminée par un fronton arrondi sur lequel se trouvent les armoiries de l’évêque St Simon. Il y a inscrit le mot Charité. Il y a une croix en fer rappelant la vocation religieuse de l’établissement. Après ce portail, une petite cour intérieure autour de laquelle les bâtiments s’ordonnent en U. De la cour sur le mur de gauche, on peut voir une fenêtre à meneaux décorée de pilastres cannelés se terminant par des chapiteaux d’ordre dorique. C’est au fond de la cour à gauche que se trouve la porte d’entrée. En basalte avec deux pilastres terminés par un chapiteau qui encadre la porte en plein cintre. L’entablement est constitué d’un fronton de forme arrondie sur lequel se trouvent les armoiries de l’abbé Gohin. Après la Révolution, l’hôtel sera transformé en école de fille et en 1935 en « escolo dau sarret » qui créa le musée Agathois. On peut voir l’ancien système de mise en lumière des lampadaires.

Les coutumes :

L’école du Sarret : le sarret était la coiffure particulière des agathoises , qui on le dit est un vestige culturel de l’histoire grecque. Cette école fut crée dans les années 30 dans le but de maintenir la tradition de la langue et du costume agathois. Un musée sur les traditions agathoises fut crée en 1935 afin de rassembler dans un même lieux tout les témoins de ces traditions.

Les fêtes :

Il y a la fête du vin nouveau à la fin des vendanges avec les tenus traditionnelle de l’escolo dau sarret. On célèbre la messe et on chante l’hymne agathois le dagtenco.

La fête des pêcheurs en juin : Une cérémonie se tient à l’église St Sever. Le cortège part de l’église et rejoint la place de la Marine. Ensuite, il y a une sortie en mer ou on jette des gerbes en hommage aux marins disparus

L’hôtel Jordan (face au musée)

La famille Jordan appartenait à la noblesse. C’est en 1608 que Jean Antoine de Jordan, premier consul qui était viguier vient s’établir à Agde car il se maria avec la fille de M Estella. Il vint dans la ville de sa femme. Il acheta deux maisons qu’il transforma en un grand hôtel particulier qui restera propriété de la famille jusqu’au milieu du XIX°. Cette famille fut très influente sur Agde et très proche des pouvoirs locaux. La porte d’entrée est constituée d’une baie plein cintre à encadrement mouluré et le vantail d’entrée, cintré également est divisée en 3 panneaux verticaux, celui du centre possédant des traverses verticales ornées de clous a tête ronde. A coté, une ouverture plus grande conduit au garage. Le niveau correspondant au premier étage est éclairé de deux très belles baies à meneaux dont tout en haut de la façade on peut voir des petites ouvertures. Le premier étage était réservé aux réceptions. Le second étage réservé à l’habitation privé des propriétaires. Autour de la cour caladée, les bâtiments privées, les bâtiments annexes (celliers, magasins, cuisine, remise). Il y a une chapelle privée avec un plafond peint daté du XVII° avec des couleurs chatoyantes. Il y a les initiales du roi Louis XIV.

Balthazar Jordan épousa en 1826 Félicité Laffont, petite fille du propriétaire de l’hôtel Malaval Laffont. Tous les deux s’installèrent dans la très belle demeure que possédait Jordan face au musée agathois. Des portes dérobées permettaient la communication entre les hôtels et « les amours » entre les fiancés.

La rue de l’Amour :

Il y a des portes dés XVII° (N° 24, 48, 57) ainsi que des immeubles du XVII° (n°30) et du XVIII° (N°39,40,49)

L’hôtel Malaval Laffont (rue de l’Amour)

Rue de l’Amour en référence au petit personnage sculpté appelé « Amour »qui se trouve sur le tympan du portail d’entrée de la demeure, construite par A Malaval, premier consul en 1692. Deux piliers entourant l’entrée sont surmontés d’un fronton triangulaire dont les bras enserraient les armoiries des propriétaires. En dessous du fronton, une imposte en forme de linteau apporte de l’originalité à la porte. Ce panneau décoré de feuilles de lauriers est partagé en son milieu par un Amour, personnage en stuc aux ailes recoquillées. En 1701, J.A Malaval receveur du canal du midi, hérite de la maison. Il transforma la demeure en hôtel particulier. Un passage couvert mène dans la cour intérieure à ciel ouvert. Il s’y trouvait les lieux communs : celliers, cuisine, écurie et puits. Un très bel escalier permettait d’accéder aux deux étages. Le propriétaire voulait impressionner les visiteurs avec son escalier. Les colonnes sont en basalte et la rampe en calcaire. En 1719n c’est la famille Laffont qui en deviendra propriétaire suite au mariage d’Isabeau Malaval avec Philippe Laffont.

La rue Jean Roger :

Jean Roger était un jeune résistant d’Agde tué en 1944.

Les maisons de la rue Jean Roger ont été construites sur les bases des anciens remparts du XIV° de la « Cité » tout comme les maisons de l’esplanade. Il y avait ( des portes qui permettaient aux habitants de la Cité d’accéder au bourg St Sever et St André. Au XIII°, le bourg comme la cité avait ses propres consuls. Ces remparts ayant disparu au XVII°, Agde ne forma plus qu’une seule et unique cité.

Les remparts furent détruits entre 1848 et 1850 pour laisser la place a de grandes artères réalisées par l’architecte Blachas qui voulait faire respirer la ville.Au numéro 10 de la rue Gohin, il y a une fenêtre à meneaux d’angle et une ouverture carrée surplombée d’une petite lucarne qui permettait d’observer ou de défendre la rue. Gohin était un prêtre contre révolutionnaire.

L’Hotel Toscan : N°23

L’hôtel Boissezon (N°27 rue Jean Roger, XVII°)

Le perron est en forme de fer à cheval avec une ferronnerie. Style Renaissance. L’escalier a un nombre impair de marche en rapport au traité d’architecture de Vitruve. La porte monumentale se compose de deux pilastres. La frise possède en son milieu un oculus. Le fronton a deux arcs brisés ou il y avait au centre les armoiries des propriétaires. Il y a une fontaine.

La rue de la République :

Elle se situe sur le tracé des anciens remparts du Bourg Saint André. On peut y voie encore quelques vestiges de ses remparts. A l’angle de la rue Hoche, il y avait la tour carrée de St André qui sera démoli en même temps que les rempartsAu niveau de la place de la République et de la rue d’Embonne se trouve un ancien vestige du cimetière St Etienne. Au niveau de la promenade devant les remparts, il y avait des glacis c’est à dire des pentes douces partant des remparts et descendant jusque dans les fossés. La rue d’Embonne était l’entrée principale du cimetière de la cathédrale St Etienne au XVIII°.

Au numéro 15 de la rue Jordan, il y a une tête de femme antique sur une porte du XIX°. L’histoire : l’histoire débute en mer. Un capitaine Agathois avait à son bord « une femme des îles » fort belle et riche qui attendait un enfant. Durant la traversée, le capitaine du navire aida à l’accouchement de la jeune femme qui se passa très mal. La mère et l’enfant moururent. Jetés par-dessus bord, leurs corps disparurent au plus profond de l’océan. Le trésor de la jeune femme resta aux mains du capitaine qui prétendit un leg. En souvenir de cette femme et de son bébé, le capitaine de retour à Agde fit sculpter une « tête exotique » portrait de la jeune femme dans l’angle de sa maison, qui lui amena fortune également.

L’ESPLANADE :

Place du jeu de ballon :

Il s’agissait d’un jeu de ballon construit en 1160 et qui comprenait un amphithéâtre dans les fossés de la ville. C’était un lieu de rencontre pour les habitants. L’ancien lycée date de 1857.

La rue haute porte ce nom car c’est la rue la plus élevée de la ville.

La rue d’Embonne : embonne signifie en occitan tuyau en terre ou grés dont on se servait autrefois comme aqueducs ou conduites d’eau. Il y avait aqueduc qui drainait les eaux recueillies hors de la ville pour alimenter une fontaine publique.

La Fontaine de la République :

C’est une statue de bronze installée en 1995 grâce à une souscription publique. C’est la copie de la statue qui avait été installée la le 4 septembre 1909 (d’ou le nom de la rue). Elle fut enlevée en 1941 sur ordre du gouvernement pour être fondue. Autour de la Marianne, les petits amours symbolisent la devise de la République : liberté symbolisée par un enfant brisant ses chaînes, l’égalité par un enfant avec une balance et la fraternité par deux enfants qui s’embrassent. Elle pèse 2300 kgs de bronze.

La statue de Terrisse (1874, Baussan)

C’est une statue en marbre. Sur le socle il y a les armoiries de la ville, celle du corsaire , des emblèmes de maisons et de soldats plus une phrase du testament de Terrisse.

Biographie :

Il est née en 1598 en Agde. Il était issu d’une famille bourgeoise et avait une sœur. Il y a peu d’archives sur sa jeunesse. Les premières informations sur lui nous indiquent qu’il était capitaine de vaisseau à 32 ans (c’est jeune pour obtenir un tel poste). Il du s’engager très tôt dans la marine et du faire ses preuves rapidement pour devenir capitaine de vaisseau aussi jeune. En 1630, une lettre venant de Syrie et écrite par un émir nous apprends que Terrisse avait « pris » un bateau à l’émir son équipage et sa cargaison. L’émir demanda au corsaire de rendre le bateau en échange de prisonniers chrétiens pris par l’émir. En 1630 toujours, il est engagé par le Duc de Savoie avec pour mission de réaliser des actions de surveillance et de police afin de sécuriser le trafic maritime en méditerranée. Le cardinal de Richelieu ayant entendu vanter les mérites de ce capitaine de vaisseau souhaite que Terrisse entre au service du roi de France Louis XIII. Cette période marque le début de la guerre de 30 ans qui oppose la France à l’Espagne au sujet de la Catalogne. Richelieu voulait des hommes capables pour cette mission. Terrisse reviendra en France et Richelieu lui offrira le grade de capitaine de la marine royale ! En 1635, il autorisa Terrise à armer en guerre son bateau « l’ange gardien ». durant cette guerre, Terrisse remplit avec succès toutes les missions et notamment à la reprise des Iles de Lérins en 1637. On le surnommait « l’ange gardien de la Méditerranée ». En 1639, Terrisse et son équipage sont fait prisonniers par des galères génoises avec son bateau « lange gardien ». Après le paiement d’une rançon, ils seront libérés et Terrisse le corsaire reprendra ses activités. Il ne refusa aucune mission demandée par le roi : surveillance du trafic ennemi, dépistage des espions, transport de troupes, de munitions, de vivres, escorte de galères royales …. Il était plus souvent en mer que sur terre. En 1639, il va se marier avec Thonette de Michel alors âgée de 72 ans et donc 30 ans son aîné. Il y a des interrogations sur ce mariage. Il n’aura pas de descendance et ne vivra pas avec sa femme. Le roi Louis XIII estimait beaucoup Terrisse qu’il considérait comme son meilleur corsaire en méditerranée. En 1642, le roi envoie Terrisse en Catalogne pour escorter des navires amenant de l’artillerie à l’armée royale en difficulté au large de Barcelone. En 1642, Perpignan tomba aux mains des français après 5 mois de sièges suivis de prés par Rosas et Salses. Terrisse continua d’escorter les galères royales et sera une nouvelle fois fait prisonnier à Cadaquès mais il sera libéré rapidement. En 1647, c’est Louis XIV qui fera appel à lui et qui le nommera Capitaine d’Infanterie. En 1648, il perd sa femme. Terrisse va revenir vivre à Agde. Il va devenir premier consul de la ville et fera transporter son coffre à la maison consulaire (actuellement au musée agathois). Son coffre contenait ses archives, son argent, les « sommes » qui lui étaient dues par l’Etat car Terrisse finançait sur ses propres deniers ses expéditions pour le roi durant la guerre de 30 ans. En 1669, il va se remarier avec Françoise de Guiraud, une Biterroise. A la fin de sa vie, il attendait d’être reconnu comme « ecuyer » titre suprême dans la marine. On ne lui donna jamais ce titre. De plus l’Etat de remboursa jamais les sommes qu’il devait au corsaire. La fin de sa vie fut ternie par tout ceci. Il n’a pas eu la reconnaissance de ses pères pour son courage et sa bravoure envers la nation. Il va faire son testament en 1672. il légua presque toute sa fortune aux pauvres et aux malades. Il voulut être enterré avec sa première femme dans le cloître de la cathédrale. Il indique aussi dans son testament que tous les ans la somme de 300 livres soit donné afin de pouvoir marier 3 jeunes filles pauvres qui ont 18 ans et qui sont vertueuses. Il meurt en novembre 1673 à l’age de 75 ans. En 1857, on retrouva les tombes de Terrisse et de sa femme. On pris leurs restes et on les mit dans la cathédrale mais on ne sait pas trop ou exactement. Ils seraient face à la chaire. Au XIX°, la municipalité Coste Fleuret lui rendra hommage en faisant édifier sur la promenade un buste a son effigie par Baussan. Il n’existait pas de portrait de Terrisse donc Baussan s’est inspiré des gravures des marins du XVII° d’ou un visage connue …Sur le socle, une phrase extraite de son testament « je veux et entends que mes biens appartiennent aux pauvres, et leur demeurent affectés à perpétuité ». Un organisme dénommé « la charité Terrisse » fut chargé de la mise en œuvre des volontés du Corsaire. La tradition de doter 3 jeunes agathoises pauvres et vertueuses fut respectée jusqu’au tout début du XX°. La coutume cessa : plus d’argent ou plus de filles vertueuses. Il aura une capellete à son nom. En 1659, la signature du traité des Pyrénées assure le partage de la Catalogne entre la France et l’Espagne et mit fin à la guerre d’Espagne. Terrisse à 61 ans quand la guerre de 30 ans se termine. En 1665, il participa aux Etats du Languedoc ou il sera cette année la, inspecteur de tous les ports de Provence. Les armes de Terrisse : c’est un écu en forme de cœur : le blason est azur et a une encre de marine d’argent, posée en bande, accompagnée de deux heaumes du même tarés de profil à la visière relevée. La statue de Terrisse fait au total (socle et statue) 5,20 m de haut. Sur le socle est gravé « A Claude Terrisse, aussi vaillant Capitaine que citoyen bienfaisant ». A l opposé, une phrase extraite de son testament : « je veux et entends que mes appartiennent aux pauvres et leur demeurent affectés à perpétuité ». Sur les cotes, les armes de Terrisse et de la ville. On peut voir aussi des emblèmes de marin et de soldat

Les remparts :

Du V°au II°avant JC, on retrouve plusieurs remparts antiques successifs de technique grecque en brique crues. En 737, Charles Martel fit raser les murs et brûler les faubourgs. Les premiers remparts faisaient 850 mètres de long soit 4,25 ha. Ils avaient une fondation en gros blocs de basalte puis étaient construits en brique crues (adobe). Il n’y avait pas de remparts coté Hérault mais des palissades de bois. Il y avait en tout à cette époque 3 portes pour pénétrer dans la cité (porte de fer, Embonne et Portalet)

Le coté médiéval côtoie les vestiges du tronçon grec datant du IV°avant JC. L’écusson fut posé le 30 octobre 1562 par les protestants qui avait chassé l’évêque. Il y a 4 vagues : le mer (*1) et le delta de l’Hérault (*3). Lors de la construction du canal du midi, on assécha deux bras du fleuve. En 1697, les 3 vagues évoquent la mer, l’Hérault et le Canal du Midi.

Il ne reste qu’environ 80 mètres de remparts. Les remparts furent souvent remaniés. Il y a des marques de tacherons en forme de croix simple. Il y a un chemin de Ronde continue aménagé sur le haut de la courtine et qui est composé de créneaux et de merlons avec des archères. Les tours étaient couronnées de créneaux et protégées par un toit de tuile et la plupart étaient munis de hourds (avancée en bois tout en haut de la muraille qui permettait de lancer des projectiles) et entouré de fossés.

Ils sont en pierre de taille basaltique assez irrégulière, quelques-unes à bossage. A la base, les blocs sont plus importants. La partie la plus élevée est couronnée d’embrasures. Les restes de l’ancien rempart grec ne sont pas visibles. A la mi hauteur, les armes de la ville sont sculptées dans un bloc. Elles comportent 4 ondes alors que depuis 1967, il n’y en a plu que 3 sur l’écusson. Ces armoiries auraient été incluses dans le rempart en mémoire de la résistance victorieuse de la ville pendant les guerres de religion, alors que le vicomte de Joyeuse fut obligé de lever le siège d’Agde. Au XIV°, la partie de la ville appelée « Cité » était entourée par une muraille continue qui partait de la perception, longeait l’esplanade, prenait ensuite la rue Jean Roger jusqu’à l’Hérault. Elle mesurait 680 mètres, avait 18 tours et avait 7 portes surmontées d’une tour de défense pour pénétrer à l’intérieur de la cité : porte de fer (Trésor public), Belivèze, Portalet …les fortifications protégeant le bourg ne furent sans doute élevées qu’en 1173 sous Louis VII. La muraille était mois longue (750m). Elle avait 4 tours et 3 portes. Les deux parties de la ville étaient séparées par un mur. Il n’y a pas de mur de défense coté Hérault ce qui expliquait les ravages de 1286.

Les tours étaient couronnées de créneaux, protégés par un toit en tuiles. Les remparts étaient entourés de fossés et une casemate protégeait l’entrée de la porte de fer. Le long de la rivière, il n’y avait qu’une simple palissade de bois. Le nom des tours varia avec les époques. Fin XVII°, les fortifications cotées Hérault furent détruites. En 1848, on commença à détruire 7 autres tours (balguerie, Glacière, Ronde, Artificiers, poudrière…). En 1979 , une partie s’éboula à cause de la pluie. La citadelle haute reposait sur les remparts. Louis XII en 1632 fit démolir en partie cette citadelle. Les premiers remparts datent des III° et II° siècles avant JC. La hauteur des remparts est de 10 mètres. Il y a un chemin de Ronde en haut des remparts avec des créneaux. On peut voir des archères. En 1848, il existait encore 7 tours aux remparts :

La tour de la poudrière (carrée)

Une tour carrée dans la maison de M Balguerie

La tour de la glacière

La tour ronde

La tour de l’artifice

La tour du cimetière St Etienne

La tour sur la porte St Jullien

Toutes ces tours sauf celles de la poudrière et de St Jullien furent démolies en 1848, les autres en 1849 et 1850

La belle Agathoise (1858 Baussan).

L’armature est en basalte. La statue évoque la fondation de la ville. Elle est vêtue d’un drapé grec et porte en diadème les remparts de la cité. Il y a une inscription : Agathe. Elle porte une rame et une grappe de raisin (grec venus en bateau et la culture de la vigne). On peut voir aussi des armoiries des évêques. Les tigres évoquent l’époque prospère de la ville ainsi que le marbre, matériaux noble. La fontaine évoque les differentes époque de la ville

Les Ponts :

Le premier pont construit sur le fleuve s’est écroulé en 1206 et jusqu’en 1678 on ne traversait le fleuve q’au moyen d’un bac. En 1678, il y a eu un pont à bateau qui fut emporté en 1705 par une crue de l’Hérault. Ce dernier sera reconstruit. En 1795, retour du bac. En 1837, un pont suspendu à péage est mis en place mais sera démoli en 1927. En 1928, pont métallique qui sera fermé en 1964. Il y eut deux ponts provisoires en 1964. Le pont actuel date de 1969. Les traces de la construction d’un pont de pierres remontent au XII°. Prés du Canalet, quelques rochers à la surface de l’eau témoignent des vestiges d’un ancien pont écroulé en 1206.

Le quai des 3 frères Azéma :

Ceux sont 3 frères qui sont peintres. Un des frères fut élève de G Moreau. Leurs œuvres sont exposées au musée Agathois

Le moulin des évêques :

Les premiers moulins furent édifiés en 1175 sous Pierre Bérenger agrandis en 1216 en même temps que la digue appelée « pansière » faite pour retenir les eaux du fleuve et ainsi augmenter la force du courant pour les moulins mais achevés que vers 1275. Ils furent utilisés jusqu’à la Révolution. Il y avait les moulins à blé accessibles aux habitants moyennant paiement à l’évêque et des moulins à foulons pour les draps. Ces moulins seront transformés en diverses activités dont une conserverie de sardines dans les années 70.

Le domaine de Belle Isle et le Château Laurens

Ce domaine appartenait au marquis de Belle Isle. Suite à la construction du canal du Midi, le domaine devint une Ile

Emmanuel Laurens (1873-1959) a 23 ans lorsqu’il hérite d’une grosse fortune d’un cousin éloigné (20 millions de francs). Il décide d’interrompre ses études de médecine et de partie à la découverte du monde. Il revint en 1987 ou il héritera de son père le domaine de Belle Isle. Il va faire construire en 3 ans (1898-1901) une étonnante villa style art nouveau qu’il décorera de diverses façons, suite à ses différents voyages dans le monde. Il se maria avec une cantatrice Louise blot pour laquelle il construira dans son château un salon de musique. Le couple recevait dans son château du beau monde, l’élite locale. Ils avaient leur propre gare au château et louait des trains entiers pour voyager. Il sera un mécène important pour la ville et aidera à la restauration des monuments. Usé par sa vie de débauche, il sera ruiné et mettra son château en viager en 1938. En 1942 , les Allemands occupèrent le château et en feront leur poste de commandement. Il mourra en 1959. Le style du château est néo classique à l’extérieur et art déco à l’intérieur. Il utilisa les techniques modernes de l’époque (béton armé). Il va puiser dans l’art nouveau pour sa décoration intérieure : beaucoup de motifs floraux, style asiatique.

Le canal du Midi :

Le concepteur est le bitterrois Pierre Paul Riquet. En 1666 Louis XIV promulgue l’édit royal dans lequel il ordonne la construction du canal : 240 kms, 328 ouvrages, 14 ans de travaux, 12 000 têtes. Il fut inauguré en 1681 quelques temps après la mort de Riquet. Grâce au canal, l’économie du Languedoc va se transformer. Un important trafic commercial va se développer. Le transport des voyageurs se développe aussi. Fin XVII°, il fallait compter 90h pour relier Toulouse à Sète. Les barques étaient tirées par des chevaux de halages. Des haltes étaient prévues prés des écluses, il y avait même des chapelles. Il y avait 30 000 voyageurs par an. Le chemin de fer supplanta le trafic du canal. L’écluse ronde (maintenant ovale) est toute en basalte. Elle mesure 29 mètres de diamètre et 5 mètres de profondeur. Le bureau d’Agde est celui qui connu le plus fort trafic au XVII° de tout le canal grâce notamment à son port de commerce sur l’Hérault

L’hôtel Riquet :

Il servait au personnel administratif du canal de relais de poste et même d’auberge. Tout ceci dans un style d’hôtel particulier. Il y avait aussi des écuries. La chapelle date de 1773. le canal avait des règles : pêche interdite, interdiction de laver du linge en dehors des lavoirs prévues. Il y avait des prisons spécifiques prés du Canal.

L’ancien président des USA Jefferson fit un voyage sur le canal du midi et vint en Agde le 13 mai 1767. Par la suite quand il fut élu président, il s’inspira de ce qu’il avait vu par chez nous pour construire un canal du coté de New York !

Le projet a été conçu par Richelieu mais ne fut réalisé que sous Louis XIV par Pierre Paul Riquet né à Béziers vers 1604. Il se maria avec une biterroise et eut 4 enfants. Les travaux durèrent de 1654 à 1684. C’est Riquet sur ses propres deniers qui finança les travaux dont il ne verra pas la fin.

Les autres chapelles d’Agde :

Le couvent des Cordeliers, la chapelle des Pénitents gris, la chapelle de l’écluse ronde, la chapelle du pensionnat des dames de la Nativité, la chapelle de la Calade.

L’éphèbe :

Il est vêtu d’une chlamyde repliée sur une épaule dont le drapé arrière vient s’enrouler sur l’avant bras à la manière des militaires macédoniens. Sa main prolongée par le poignet se referme probablement sur une lance disparue. La position classique du personnage dont tout le poids du corps porte sur la jambe droite traduit l’idée conventionnelle du repos. La tête légèrement inclinée présente un visage fin, doux et juvénil sans expression majeure. Le front, surmontée d’un groupe de mèches étoilées s’inspirent des coiffures d’Alexandre le Grand. Il porte un diadème comparable à la couronne royale de Macédoine découverte dans la tombe de Philippe II, le père d’Alexandre. Le sculpteur de cette œuvre serait Lysippe. Cet éphèbe est caractéristique du style de sculpture de ce maître. C’était le sculpteur de référence d’Alexandre le Grand. L’éphèbe est en fait Alexandre le Grand à 20 ans car il porte le diadème royal qu’il eut après la mort de son père.

D’autres découvertes : Une grande aile de statue en bronze, un trépied étrusque datant du V° avant Jc, Eros et l’enfant royal, Césarion, fils de Jules César et Cléopâtre

Textes et photos : P Hernandez 2009

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