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CLERMONT L’HERAULT A L’AGE DE FER

 Synthèse d’une thèse de Dominique Garcia, maître de conférence en archéologie à l’université d’Aix Marseille « Entre Ibères et Ligurès » 1992

Clermont à la protohistoire

La découverte de quatre archéologues Clermontais, Dominique GARCIA, Olivier GINOUVEZ, Dominique ORLIAC, et Laurent SCHNEIDER  a permis  de découvrir en 1981 l’emplacement du premier village Clermontais  sur la colline de la Ramasse, étendu sur un espace de 5 Ha à 257 m d’altitude, le site a été habité de la fin du VI° avant JC jusqu’au  III°  et IV° siècle après J.C. Les premières fouilles  eurent lieu de 1983 à  1987, par la suite elles furent continuées jusqu’en 1990 et analysées  scientifiquement par une équipe encadrée par les pionniers Clermontais.

 A noter aussi  pour l’environnement de Clermont  d’un habitat  au lieu dit de St Peyre (prés du Collège) du II° et Ier avant .J.C  avec du mobilier dut Haut Empire, et céramiques du II° et Ier avant J.C, à L’Estagnol (terrain de sport) un   habitat de plaine (II° et Ier avant J.C.) à Gorjan Nord, Le Tinel, Habitat de bas de pente (II° et Ier avant J.C.), Peyre-Plantade (La Canourgue) le site fut occupé avant l’occupation romaine  à partir du V° avant J.C. Au premier age du fer, quelques fragments de céramiques et d’amphores étrusques et massaliottes furent découverts. Pour le deuxième age du fer et la période augustéenne, il y avait beaucoup plus de vestiges (amphores, céramiques a vernis noir, monnaie gauloise). A partir de la fin du I°siècle avant JC, l’habitat de plaine devint plus fréquent et même majoritaire. Peyre Plantade est un site précurseur de l’occupation gallo romaine.

La Thorie, habitat de bas de plaine (II° et Ier avant J.C.) se trouve sur la rive droite du ruisseau de Rieupérigne, a un kilomètre au nord de Clermont (donc tout près de l’Eglise de St Etienne de Rogatis )Les zones d’Agde et de la vallée de l’Hérault constituaient la limite orientale de la diffusion de la culture ibérique. Cet espace était sous l’influence de trois cités romaines : Béziers, Nîmes et Lodève. Du point de vue culturel, le secteur était au contact de quatre zones définies : Le Languedoc occidental, oriental, la région d’Agde et les Cévennes.L’age de fer (protohistoire) est daté du IX° au II° avant JC. Cette période se situe juste avant l’entrée de la région dans l’époque romaine. Les importations italiennes arrivèrent en masse dés le III°siècle avant JC sur ce qui semblait être un petit habitat du premier age du fer. Ces importations ne cesseront de croître jusqu’au premier siècle après JC.

L’oppidum de la Ramasse se trouve sur une colline située à 257 mètres d’altitude. Le site s’étend sur environ 5 hectares et fut découvert en 1980 par des archéologues clermontais. Le mobilier découvert en surface permet de dater l’occupation de cet oppidum entre la fin du VI° et le III° avant JC. L’occupation du premier age du fer a été uniquement observés sur le versant nord de la colline (VI°et V°avant JC). Une cabane du premier age du fer fut découverte sous des remblais. La cabane était en matériaux périssables (traces de torchis et de poteaux de bois). La cabane était limitée dans sa partie nord par une rangée de petits blocs et de cailloutis, terminée de chaque coté  par un calage de poteau. Au sud elle venait butter contre la barre rocheuse. Elle était longue de 4,90 m et sa largeur était de 2,30 à 3m. On y retrouva un mobilier important (fragments d’amphores étrusques et massaliottes). Ceci permit de dater cet habitant du VI° avant JC. Un four à pain de forme cloche de 85cm de diamètre fut découvert dans un angle de la cabane. La paroi de torchis faisait 9 cm d’épaisseur. Il fut aussi découvert sous le rempart, un gros bloc de grès taillé avec une incision profonde en cercle avec l’emplacement d’une fixation. C’était peut-être un élément de portique en liaison avec le culte des « têtes coupées ». Avec les stèles aux angles champ freinés découvertes en remploi, il semblerait appartenir à un sanctuaire du premier age du fer. Le rempart du deuxième age du fer qui entourait le mamelon présente un développement irrégulier avec des pierres irrégulières. Ce rempart daterait du début du V° avant JC et occuperait une surface d’un hectare. Ces caractéristiques sont assez uniques en France. Les habitations du deuxième age du fer sont placées contre le rempart et s’ouvrent vers le centre de l’oppidum. Elles ont des longueurs variables mais une largeur homogène de 5 m. il y avait plusieurs unités domestiques.

Clermont l’Héraul,t Olivier Ginouvèz

LES UNITES DOMESTIQUES AUX PREMIER ET SECOND AGE DU FER

LA PREMIÈRE UNITÉ DOMESTIQUE :

Premier age du fer :

Sa surface était de 35 m² (5 par 7) et elle fut occupée de -375 à -275. On distingue 3 états :

Le premier état, -375 – 325 :

Il y avait une banquette de un mètre de large et 20 cm de haut qui se situait sur toute la longueur des murs. Les murs faisaient plus de un mètre de haut et était constituées de pierre non taillées. Une porte de  1,20 mètre au centre de la façade permettait l’accès. On découvrit une fosse destinée au travail du fer.

Le second état : -325 -300 :

La banquette a été diminué et ne se situait que le long de 3 murs de l’habitation. Au centre de la maison, il y avait une dalle de calcaire qui faisait office de foyer et des fosses à métallurgie.

Le troisième état : -300 -275 :

La banquette a disparu, la porte également au profit d’une autre ouverture plus aboutie

Un mobilier abondant fut découvert dans les différents niveaux, ce qui permet de voir la vie quotidienne de cette maison a cette époque.

Deuxième age du fer :

 Le premier état ( -375 -325)

Elle avait une forme rectangulaire. 8 mètres pour le mur de façade, 7 m pour le mur de fond de courtine. Pour les cotés 5,6 et 5,3 mètres. La superficie était de 36,4 m². A l’extérieur, la largeur de l’habitation était de 6m et la longueur de 9,2 mètres. Le mur de façade avait une porte de 1,4 m de largeur. Elle n’était pas au centre de la façade. Elle était abritée du vent. Les murs  étaient formés de pierre calcaire non travaillées et de dimensions variables qui étaient montées morceaux par morceaux. Elles étaient liés par de la terre. La largeur des murs était de 50 à 63 cm. Il y avait le parement extérieur et le parement intérieur. Les angles des murs étaient renforcés par des pierres plus grosses. Il n’y avait pas de fondations. Les joints en terre pouvaient atteindre 5 cm d’épaisseur. La banquette se situait tout le long des parements internes et avait une largeur comprise entre 0,70 et 1,10 m et était composé de petits blocs de calcaires non taillés de 10 à 50 cm de long pour 5 à 35 cm de large. La hauteur de la banquette était de 10 cm pour une longueur totale de 18,40m. Cette banquette délimitait la pièce. Il est assez difficile de déterminer comment était la toiture si ce n’est qu’il y avait du torchis et des branchages divers pour la couverture. Au centre de la pièce devait se tenir un pilier posé sur une dalle de calcaire. Le pilier central permettait d’avoir une poutre reposant sur le mur du rempart et sur des murs de façade. Par la suite, il suffisait de poser les solives qui en position centrale s’appuyaient sur la poutre. Tout ceci avec une légère pente. Le foyer avait une forme rectangulaire de  0.65 m de long pour 0.60m de large. Il se situait au centre de l’habitation.

Le deuxième état (-325 – 300)

La banquette n’est plus présente que sur 3 murs sur 4 afin certainement d’agrandir un peu la pièce.

Le troisième état (-300 – 275)

La morphologie de la maison va être modifié. La porte initiale est condamnée par deux murs. Une autre porte large de 1,50 m percée dans le mur faisait  office de nouvelle porte d’entrée. Une nouvelle banquette haute de  20 cm, large  de  50 cm et longue de 1,30 m a été construite contre le parement interne de la paroi nord ouest. Elle est formée d’un ros bloc et de petits éléments de blocage.

LA SECONDE UNITÉ DOMESTIQUE :

Elle se situait dans un angle du rempart. Plusieurs états au premier age du fer :

Le premier état : -400 – 375 :

Il y avait une grande pièce (4,90 sur 3,90 m) appuyée au rempart avec une ouverture centrale. Il y avait un foyer. L’accès se faisait par une porte de 1,25 m. Cette porte donnait accès à un proche qui occupait toute la longueur de la façade sur une profondeur de  un mètre.

Le deuxième état : – 350 -300 :

Un mur fut construit contre le mur du rempart

Le deuxième age du fer

Le premier état (- 375 – 350)

 Le plan du premier état est un parallélogramme rectangulaire. L’habitat se situe dans un des angles du rempart au nord du site. Le rempart formait deux murs de la maison. Les dimensions de l’espace intérieur sont de  4,90 m pour le mur de façade et le mur opposé situé contre le rempart. Les autres murs font 3. 90m. la superficie disponible est de  19 m². Il y avait une porte d’entrée de 1,30 m de large. Il y avait devant l’entrée un porche avec lui aussi une porte de 1 ,80 m de large. Ce porche servait d’abris à l’habitation. Le mur du porche est large de 0.60m et le mur de façade de 0.50. Les murs n’ont pas de fondations et reposent à même la terre. Un foyer de forme ovale a été découvert au centre de l’habitation. Il y a une  banquette le long de la paroi nord et sur 2 .10 m de  long pour 0.40 m de large et 0.40 m de haut. Le toit était en pente vers le Sud est c’est à dite à l’opposé du porche.

Le deuxième état (–350 – 300)

Le plan de la maison  est réduit à cause de la construction d’un mur qui double le mur sud ouest et qui réduit la superficie. Le mur de façade mesure 3.20 m de long, idem pour le mur contre le rempart. Le nouveau mur mesurait 3.88m. La superficie passe de 19 m² à 12 m². Il y a toujours la porte et le porche. Il y avait un espace de cuisson surélevée à 45 cm de haut, long de 2m et large de  1.30 m au niveau de l’angle nord. A coté fut aménagé un petit foyer de  0.70 m, un four en cloche de 0.55 m de diamètre. On retrouva une petite fosse de  0.80m de diamètre et de 20 à 30 cm de profondeur proche de la table de cuisson qui servait pour mettre les cendres. Il y avait aussi un autre foyer rectangulaire à l’est de l’habitation. On retrouva un mobilier archéologique important.

LA TROISIÈME UNITÉ DOMESTIQUE :

Le premier age du fer :

Cette habitation fut occupée tout le IV°siècle avant JC. C’était une pièce unique de 5 m sur 5,25m. Le site fut réoccupé au III°siècle après JC car on a retrouvé des céramiques de l’Antiquité. On fit la découverte sous les banquettes placées tout autour de la pièce des sépultures d’enfants datant du début du IV°siècle avant JC.

Le second age du fer (IV et III° avant JC) :

Elle se situe à coté de l’habitation 1. Elle a une forme carrée. La superficie est de 29 m² avec des murs de 5,30 m de longueur moyenne. Un des murs est mitoyen avec l’habitation 1. L’élévation est assez semblable aux autres unités domestiques. Il y avait une banquette qui courrait le long des quatre parements internes. Elle mesurait 85 cm de large et avait une hauteur moyenne de  10 à 12 cm. Sa longueur est variable selon les murs. Il y avait un foyer composé d’une meule rotative.

LA QUATRIÈME UNITÉ DOMESTIQUE :

 Le premier age du fer

Elle se situait à coté de l’habitation 3. C’était une pièce quadrangulaire. Les fouilles ont mis au jour 3 niveaux datables du IV°siècle avant JC. On retrouva une banquette basse et un foyer central.

Les toits de ces habitations étaient en torchis. On pouvait y trouver des fours à pain avec des meules en basalte.

Le deuxième age du fer  -300 av JC:

Elle se situe à coté de l’unité domestique 3 mais il reste que quelques traces de cette habitation. Elle pourrait être de forme rectangulaire avec des angles droits. La superficie serait de  25 m² environ. Il y avait une banquette le long de deux murs de l’habitation. Il y avait un foyer de grand format de  0.80 m de coté.

LE HANGAR GRENIER :

Cette construction se situait entre l’unité domestique 1 et 2. Elle se situait contre les remparts et se composaient de  3 murs. Elle a une forme carrée. Sa surface est de 25 m². On retrouva beaucoup de fragments de Dolias. Cette espace aurait servi de grenier au IV °siècle avant JC.

 LES FORTIFICATIONS :

Le rempart de la Ramasse est daté du début du IV°siècle avant JC. Ce rempart mesurait 72 m de long  et 14 m de large. L’enceinte avait un double parement d’une margeur moyenne de 2,10 m mais elle pouvait atteindre 2,50 m. l’enceinte était composé de gros blocs de pierre calcaire dur non taillé , ou de blocs taillés de grès. Chaque bloc mesurait entre 15 et 80 cm de long pour 10 à 50 cm de large. L’appareillage était irrégulier. Le parement interne reposait sur une assise débordante. Les blocs étaient liés par une terre argileuse pouvant atteindre 10 cm d’épaisseur. La hauteur moyenne était de 1,20 m. l’enceinte couvrait une surface d’un hectare et avait une forme trapézoïdale. Une courtine en ligne droite a été découverte dur 17 m. ensuite le rempart effectuait un retour de 3,70m et formait deux angles. La courtine rectiligne se poursuivait sur 32 mètres. Au bout de cette ligne, un angle droit qui menait sur un morceau de 13 m de courtines. Ce dernier morceau avait une épaisseur de 5,50 m de large. A cet endroit, la courtine est arrachée. Un mur à double parement de 2m de large et de  10 m de long partait à la perpendiculaire du rempart précédent. Contre le parement interne de cette muraille fut découvert un morceau de la rampe d’accès à l’agglomération. On découvrit des traces de poteaux verticaux utilisés pour des échafaudages ou pour consolider les murs (escaliers, passerelle). Au sud de l’agglomération, un bout de courtine fut découvert d’une largeur de 2m environ sur 14 m. au sommet du site il devait y avoir une tour de guet. La tour daterait du milieu du III et du début du II°avant JC. Ces murailles servaient de fortifications car il fut retrouvé des armes en fer et des balles de frondes en pierre. Le rempart symbolisait l’existence d’une collectivité. Les murailles servaient aussi de mur de soutènement pour les habitations.

LES STELES

Des stèles iconographiées furent découvertes. Elles dateraient de  -400 avant JC c’est-à-dire avant la construction du rempart. Ces stèles avaient une fonction funéraire qui marquaient les sépultures mais aucune d’elle ne fut découverte sur le site de la Ramasse si ce n’est quelques os. Ces stèles auraient eu une fonction votive. Elles auraient été présentes sur le site bien avant la création de l’agglomération protohistorique. Elles dateraient  de – 510 à – 400 avant JC si elles étaient contemporaines du premier habitat, du début du premier age du fer ou de la fin de l’age du bronze si elles existaient avant la première agglomération. Dans ce dernier cas, il est possible que le lieu fût choisi à cause de son sanctuaire en plus de sa situation géographique. Ces stèles ont été réemployées de diverses façons comme matériaux, sans se soucier de leurs fonctions premières, ou bien utilisées comme protection  en les incluant dans les murs des unités domestiques et des remparts. Une stèle décorée fut découverte : des dents de loup, cinq cercles concentriques, un dessin pouvant évoquer un rempart. Le motif de dent de loup se retrouve sur d’autres stèles retrouvées en France et en Europe. Concernant le motif de rempart, cette stèle est unique en France. Le motif limite la partie haute (dents de loup) et la partie basse (cercles). Les cercles évoqueraient le soleil. On retrouve ce décor sur les céramiques ibériques ou ibéro languedocienne. Ces cercles peuvent aussi symboliser des boucliers si la stèle date du début de l’age du fer.

Un linteau fut aussi découvert avec des bords parallèles. Il y a un motif ovalaire ainsi que l’emplacement d’une mortaise qui fait penser aux linteaux à encoches pour maintenir un cerceau métallique servant à caler un crâne fixé par un clou. Ce linteau daterait de  – 375 avant JC.

Le site contenait  probablement un sanctuaire, comme le laisse supposer les quarante stèles de calcaire ou de grés aux angles chanfreinés  découvertes en réemploi, une panoplie complète d’un guerrier celte ainsi qu’un solide rempart atteste la présence d’une population armée. Un abondant mobilier fut mis à jour avec des fragments d’amphores étrusques et massaliotes. Des céramiques non tournées démontrent  l’apparition d’un commerce méditerranéen grec et étrusque ainsi que des fabrications  agathoise  du comptoir massaliote (AGATHA).

 Le deuxième quart du III° s av.J.-C  ayant amené une période paisible le site fut abandonné  pour un habitat en plaine probablement  Peyre-Plantade.

Les voies d’eau : L’Hérault était navigable jusqu’a  St Jean de Fos, La Lergue jusqu’a Ceyras. Les voies terrestres préhistoriques longeaient l’Hérault de Cessero (St Thibery) Segodunum ,par Lodève (en passant  par Peyre-Plantade les oppida de  Cornils,,de Gibret, Grezac(Lodève) l’autre voie passait de Pézenas   vers Lodève, en passant par les oppida de Fontès (Le Ceressou, , de Péret (Le Causse) Clermont/La Ramasse,  la plaine du Salagou , la troisième voie, venant de NÎMES , par Gignac, passait à Peyre Plantade  (toujours appelé  carrefour des Cinq Chemins) et rejoignait par Mourèze, et son oppidum  de « Les Courtinals, l’habitat de Mérifons-Le Castellas puis le col de la Merquière pour aller vers Vieille Toulouse..

 A Saint Peyre, il y a eu un habitat de pente du II° et I°siècle avant JC. On retrouva du mobilier gallo romain et des vestiges d’une occupation de la fin du II° et du I° siècle avant JC.

Le site de la Thorie est un habitat de pente du II° et I° siècle avant JC. Ce site gallo romain se situait sur la rive droite du ruisseau Rieupérigne. On découvrit du mobilier haut empire et des restes de céramiques du II° et I°siècle avant JC.

Clermont l’Hérault à l’époque romaine

DECOUVERTES ARCHEOLOGIQUES DES SITES DE PEYRE PLANTADE ET DE L’ESTAGNOL A CLERMONT L’HERAULT (2006)

Sources INRAP, textes personnels

Le site de Peyre Plantade se situe autour de la nouvelle huilerie coopérative prés du stade de l’Estagnol. Le site de l’Estagnol se situe sur le futur site du centre aquatique au nord du stade.

LE SITE DE PEYRE PLANTADE (pierre plantée)

Il fut découvert en 1955 par Gaston Combarnous et son équipe mais n’a plus été fouillé depuis. De nouvelles fouilles sont effectuées depuis 2000. La première agglomération clermontaise (après l’oppidum de la Ramasse, moins VI° à moins III° avant JC) se situa sur le site de Peyre Plantade (pierre plantée) au sud est de la ville actuelle. Le site se situait au carrefour de plusieurs routes dont deux importantes : Saint Thibéry- Millau qui est une voie pénétrante de la voie Domitienne et la seconde voie, Nimes-Toulouse. Ces deux voies se croisaient à Peyre Plantade. Il y avait 3 autres voies secondaires. Peyre plantade était l’agglomération centrale mais il y avait autour des petites agglomérations dites agglomérations périphériques. L’agglo principale se situait sur un territoire de 5 à 6 hectares et avec les agglos périphériques on arrivait à 12 hectares. Il y avait un centre ville nommé forum avec des bâtiments publics. On retrouva des vestiges de thermes romains (au sud de l’huilerie actuelle) avec une salle chauffée par le sol qui daterait du I°siècle après JC. Les thermes se composaient d’une salle chauffée par le sol par un système hydraulique particulier avec une source d’eau chaude, deux piscines d’eau chaude (caldarium et frigidarium). Autour des thermes il y avait très certainement un forum romain avec un portique et des constructions (bâtiments publics). Ce forum se situerait sur l’emplacement actuel de la nouvelle huilerie coopérative. Pour des raisons administratives, les fouilles n’ont pu avoir lieu sur le site actuel de l’huilerie et on ne pourra jamais démontrer qu’il y avait à cet endroit des vestiges d’un forum romain.

 On retrouva des morceaux d’amphores dont une amphore avec une forme carrée enterrée qui servait de conduit libatoire afin de donner des offrandes aux défunts qui étaient entérrés dans une nécropole qui se situait souvent sous le forum au premier siècle après JC. Ceci est extrêmement rare dans notre région et cela montre le caractère rare et exceptionnel du site de Peyre plantade. Il fut aussi retrouvé des reste de murs avec des traces de peintures et d’enduit à la chaux.(traces de bâtiments divers).Il y avait peut être une ceinture (petit rempart) autour de l’agglomération principale.

Prés du Rhonel à la périphérie de l’agglo principale de Peyre Plantade, des vestiges de cuves maçonnées antiques furent découvertes ce qui démontre la présence d’artisans (vin, tannerie antique) à la périphérie du site. On retrouva des vestiges d’un relais routier au I°siècle après JC. Le commerce du vin était important à cette époque d’où la présence de nombreuses amphores. Par ailleurs l’Hérault était navigable et les marchandises arrivaient par Agde.

L’ESTAGNOL (petit étang)

Il fut découvert en 1955 par Gaston Combarnous et son équipe mais n’a plus été fouillé depuis. De nouvelles fouilles sont effectuées depuis 2000.  Cette première équipe découvrit des débris de poterie (venant du dite de la Graufesenque à Millau) ainsi qu’une mosaïque assez importante représentant « une grecque » qui fut retirée et qui malheureusement disparue suite au décès de M Combarnous . Les sites de l’Estagnol et de Peyre Plantade ne sont distants que de 250 mètres, ce qui interroge les archéologues sur le site de l’Estagnol. Le site comporte des traces de sépultures datant du V° au X° siècle. Jusqu’au III° après JC, les romains incinéraient  leurs défunts et les mettaient dans des urnes funéraires. A partir du IV° et jusqu’au VI°siècle, on inhumait les défunts dans des nécropoles. Pour construire ces nécropoles, on réutilisait des matériaux présents sur le site (amphores, sarcophages de pierre). Il n’y a pas de trace d’église sur le site de l’Estagnol malgré la présence d’une nécropole. Les sépultures découvertes étaient de formes ovales, les cadavres étaient déposés sur des dalles et étaient recouverts par de grosses pierres, type ruffe. On retrouva dans ses sépultures des squelettes en bon état de conservation mais sans aucun objet funéraire. Cette petite nécropole serait datée (grâce au carbone 14) de la fin du VIII° début IX°siècle après JC. A cette époque, les nécropoles n’étaient pas forcément prés des églises comme ce sera le cas à partir du X° et XI°siècle. Il y a peut être eu un habitat carolingien. Le site est relativement grand malgré le peu de trouvailles. On retrouva des sols de béton à moins de 10cm du sol actuel (rareté), des murs maçonnés. Le site aurait peut être été une « villa » gallo-romaine du I° et II° siècle avant JC. Des fragments d’amphores furent découverts et datés du I°siècle avant JC. Pourquoi les sites de Peyre Plantade et de l’Estagnol étaient si près l’un de l’autre. Sans doute étaient-ils  séparés par le petit étang (estagnol) ? Le site fut abandonné après les romains mais à nouveau habité à la fin de l’antiquité (traces de sépultures) mais on ne sait pas trop pourquoi. Il y a aussi des vestiges de l’époque carolingienne. Le site fut occupé par intermittence comme Peyre Plantade jusqu’au X°siècle. On retrouva aussi des vestiges d’une fosse datant du néolithique tardif c’est à dire de  moins 4000 ans avant JC.

LA MADELEINE :

Le site est proche de l’oppidum de la ramasse. La population délaissa progressivement cet oppidum à partir du II°siècle avant JC pour coloniser les sites de Peyre Plantade et de la Madeleine (en autre). Le site a une structure antique, on retrouva des restes de mobilier antiques. Le site aurait sans doute été une ancienne unité agricole. Il y avait au centre une route secondaire et la vie s’était développée de part et d’autre de cette route (qui allait vers Lodève, l’autre voies menant à Lodève passait par Peyre Plantade) avec d’un coté de petits jardins et de l’autres des habitations de type agricole

Le site est daté du VI° au III° siècle avant JC avec des traces de l’époque protohistorique du à la proximité de l’oppidum de la Ramasse. La Madeleine était sans doute un site périphérique de la Ramasse (comme Peyre Plantade et l’Estagnol). Au I°et II° siècle après JC, il y a beaucoup de vestiges de cette époque  avec des unités agricoles (petites fermes) qui fabriquaient du vin. La présence de ces unités en bord de route permettait de faire du commerce. Au III°siècle après JC , le site fut abandonné. Le site est repeuplé aux alentours du VI° siècle (fabrique de vin, céramique, quelques tombes…) L’époque médiévale vit à nouveau le peuplement de cette zone avec la présence d’une église Sainte Marie de Sadras.

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