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COLLIOURE ET LE FAUVISME

Au pied des Pyrénées et de la Méditerranée, le village de Collioure est la perle de la cote Vermeille catalane. A quelques kilomètres de l’Espagne, cet ancien petit port de pêche vous séduira par ses monuments emblématiques, ses ruelles intimistes, ses artistes peintres, sa nature environnante. Un village à découvrir sans tarder.

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crédit photo Dreamstine

« Il n’y a pas en France de ciel plus bleu que celui de Collioure….

Je n’ai qu’a fermer les volets de ma chambre et j’ai toutes les couleurs de la méditerranée chez moi »

HENRI MATISSE

PETIT HISTORIQUE

Collioure est la destination de nombreux navigateurs phocéens, romains, grecs qui en font un site archéologique très riche. En 673 Wamba le roi des Wisigoth occupe la cité catalane. Des 981, les comtes du Roussillon et les rois de Majorque commencent à aménager et à fortifier Collioure qui devient entre 1276 et 1344 la résidence d’été des Rois de Majorque.

Tout au long du XIII° siècle, de nombreuses croisades religieuses traversent le village telles que les Templiers en 1207 (d’ou la fameuse légende du trésor des chevaliers des templiers), les Hospitaliers en 1242 et les Dominicains en 1280.

Par la suite, la découverte de l’Amérique en 1492 va être à l’origine du déclin progressif de l’activité du port de Collioure.

De 1462 à 1493, Collioure subit l’occupation française sous le règne de Louis XI. En 1642, après s’être défaits de l’emprise espagnole, les catalans tombent à nouveau sous l’occupation des troupes françaises. C’est à cette période que Vauban, modifiant les fortifications françaises, donne à Collioure sa physionomie actuelle. En 1659, le traité des Pyrénées rattachera définitivement le Roussillon à la Couronne Française.

LE PATRIMOINE DE LA VILLE

Le château royal :(XIII – XVIII° siècles) : Pièce maîtresse du dispositif défensif, il fut élevé sur un site de construction romaine. Essentiellement aménagé par les comtes du Roussillon et les rois d’Aragon entre 1276 et 1344, il accueillera la cour des Rois de Majorque. La forteresse sera ensuite occupée par les Espagnols jusqu’en 1642 date ou elle retombera aux mains des français. Vauban fera alors élever l’enceinte extérieure et raser la ville haute pour aménager le glacis (actuel parking). En 1922, le château classé monument historique sera totalement rénové et restera occupé par l’armée française jusqu’en 1945. En 1951, il sera vendu au conseil  général des Pyrénées Orientales.

Le fort saint Elme :(XVI° siècle) situé sur une colline dominant Collioure et Port Vendre, le fort fut construit en 1552 par Charles Quint (empereur espagnol). IL fut pendant longtemps la place forte du système défensif de la cote. Le 20 août 1913, le fort est vendu aux enchères à des particuliers et devient une propriété privée.

L’église Notre dame des Anges : (XVII° Siècle) Construction exceptionnelle pourvue de fondations baignant dans la Méditerranée, cette église est un véritable puzzle historique.

Le clocher, construit tout au long du moyen age, servait de fanal pour le port de Collioure. Ce n’est qu’en 1684 que l’église fut bâtie et rattachée au clocher après que Vauban eut ordonné en 1672 la destruction de l’ancienne église Sainte Marie située dans l’ancienne cité. Construite dans un style gothique méridional, malgré son aspect extérieur austère, l’église bénéficie d’une richesse et d’une architecture intérieure exceptionnelle. Le retable du maître autel, fut sculpté sur bois puis recouvert d’une feuille d’or. Ce n’est qu’en 1810 que le dôme sera ajouté au sommet du clocher pour lui donner sa physionomie actuelle.

LES PERSONNAGES CÉLÈBRES DE LA VILLE

ANTONIO MACHADO :

Grand poète espagnol né le 26 juillet 1875 à Séville, il fuit la dictature espagnole à cause des idées politiques. Le 22 janvier 1939, entouré de sa famille et de quelques amis, il quitte Barcelone et choisit Collioure comme lieu d’exil. Recueilli à la Casa Quintana, épuisé et malade, le poète meurt le 22 février 1939. Devenu symbole de l’exil, il n’a cessé de grandir dans le silence de Collioure ou il repose toujours e toujours, sous une tombe modeste dans le vieux cimetière du village.

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Crédit Dreamstine

Les peintres inspirés par Collioure

HENRI MATISSE (1869-1954),

Artiste français, principal représentant du mouvement fauve, considéré comme l’un des grands précurseurs de l’art moderne, qui excella dans l’utilisation des couleurs et des formes comme vecteurs d’un contenu émotionnel.

Matisse naquit le 31 décembre 1869, au Cateau-Cambrésis, dans le nord de la France, d’une famille de commerçants. Il étudia le droit à la faculté de Paris (1887-1889). Dans l’atelier deGustave Moreau, où celui-ci l’accueillit après avoir apprécié ses dessins, il copia les œuvres de la tradition académique. Son travail de jeunesse révéla son goût pour le naturalisme feutré des Nabis. D’un voyage en Bretagne et en Corse, il étudia les possibilités du paysage à l’aune d’une palette allant s’éclaircir sous l’empreinte des impressionnistes.

La libération artistique de Matisse, en termes de maniement des couleurs pour le rendu des formes et l’organisation des plans dans l’espace, fut l’influence décisive de Paul Gauguin, dePaul Cézanne et de Vincent Van Gogh, dont il étudia de près les œuvres, à partir de 1899, par l’intermédiaire du collectionneur John Russel. Ses toiles, natures mortes et nus féminins, en retrouvent les tons chauds et la construction stricte suivant le plan du tableau. Passant l’été 1904 à Saint-Tropez chez le peintre Paul Signac, Matisse découvrit le procédé dupointillisme, technique nouvelle de juxtaposition de petites touches (des points ou des traits courts) de pigment pur pour créer, dans le regard du spectateur, un mélange optique .Dans lePortrait de Madame Matisse (dit la Raie verte, 1905, Statens Museum for Kunst, Copenhague), le front et le nez de son épouse sont figurés par une large bande d’un vert brillant. La même année, Matisse montra ses œuvres au troisième Salon d’automne, réunissant plusieurs de ses compagnons, comme André Derain et Maurice de Vlaminck. Ils furent surnommés par dérision «les fauves», en raison de l’utilisation violente de la couleur qui construisait par grande masse l’espace de la toile.

Matisse rapporta de voyages au Maroc et à Tahiti un goût marqué pour des paysages clairs et fluides, les corps opulents des odalisques, les couleurs chaudes des intérieurs exotiques. Installé à Nice puis à Vence, il illustra en 1943 le livre Jazz par des gouaches découpées. Cette technique du découpage, qu’il utilisa abondamment jusqu’à la fin, faisait la synthèse de ses recherches plastiques passées. Dans ces assemblages de morceaux de papier aux couleurs éclatantes collés sur une toile, le dessin devenait la couleur, elle-même étant le volume. De 1946 à 1948, il reçut une commande officielle pour la décoration de la chapelle Sainte-Marie du Rosaire de Vence, qu’il acheva en 1951. Il exécuta les vitraux et l’ensemble des éléments sacerdotaux suivant des principes de compositions proches des gouaches découpées. Ainsi sa peinture, qu’il voulait méditative et harmonique, trouvait son application à la fois dans l’espace réel et dans le temps des rites catholiques.

Henri Matisse mourut à Nice le 3 novembre 1954. Un musée consacré à son œuvre fut inauguré au Cateau-Cambrésis en 1952.

ANDRE DERAIN (1880-1954),

Peintre français, l’une des figures majeures du fauvisme. Né à Chatou, André Derain étudia

à l’académie Carrière de 1898 à 1899, où il fit la connaissance d’Henri Matisse puis, plus tard, de Maurice de Vlaminck. La visite de l’exposition Van Gogh à la galerie Bernheim jeune en 1901 le décida à abandonner définitivement ses études d’ingénieur pour se consacrer à la peinture. Ses premières œuvres, proches de celles de Gauguin, de Signac et de Cross,ouvrent la voie au fauvisme, que consacre le Salon d’automne de 1905. Durant cette période particulièrement créative, Derain se distingua par une grande audace dans l’emploi de la couleur, qu’il étale en larges touches segmentées; les formes sont stylisées, déformées et le procédé de composition repose sur des perspectives originales, visibles dans ses vues de Londres (le Pont de Westminster, 1905, Paris) ou de Paris (les Deux Péniches, 1906,musée national d’Art moderne, Paris).

En 1907, il fréquenta Braque et Picasso, s’éloigna du fauvisme et subit l’influence ducubisme; son goût pour l’art nègre, la sculpture romane, l’imagerie populaire et la mosaïque byzantine lui permit d’expérimenter toutes sortes de techniques artistiques. Ces recherches aboutirent aux fameuses Baigneuses (1908) puis, vers 1910, à la rigueur géométrique et aux aplats de couleurs sombres des vues de Cadaquès et de Collioure où il séjourna quelque temps. Derain s’est intéressé aux techniques les plus diverses; sculpteur, illustrateur et graveur, il conçut à partir de 1919 de nombreux décors pour les Ballets russes de Diaghilev, notamment la Boutique fantasque (1919).

LE FAUVISME

Mouvement pictural français et première avant-garde du XXe siècle, caractérisé par l’audace et la nouveauté de ses recherches chromatiques. Les fauves rejetèrent la palette impressionniste aux tons doux et miroitants pour les couleurs pures et vives qu’utilisaient déjàPaul Gauguin et Vincent Van Gogh.

Le nom de fauves est une appellation peu flatteuse donnée par le critique d’art Louis Vauxcelles à un groupe d’artistes exposant dans la même salle au Salon d’automne de 1905. On comptait parmi eux André DerainMaurice de Vlaminck, Henri Manguin, Albert Marquet, Charles Camoin et Henri Matisse, chef de file incontesté. Ils rallièrent à eux les peintres Raoul DufyÉmile-Othon FrieszGeorges Braque et le Hollandais Kees Van Dongen.

La technique colorée des fauves remonte aux premiers essais réalisés par Matisse à Saint-Tropez, pendant l’été 1904. Il travaillait alors aux côtés du néo-impressionniste Paul Signac, qui le convertit à la division des tons et à la touche séparée. Les tableaux de Matisse montraient déjà, derrière la simple traduction de phénomènes optiques, un intérêt croissant pour la couleur poussée à son maximum d’intensité lumineuse (Luxe, calme et volupté, 1904). Au cours de l’été 1905, Matisse et Derain travaillèrent ensemble à Collioure dans «une lumière dorée qui effaçait les ombres». Ils commencèrent à utiliser des couleurs complémentaires appliquées par touches larges et énergiques, cherchant un équivalent de la lumière et non son rendu exact. Le tableau fauve n’en représente pas moins une étape vers l’autonomie de la création artistique, pour laquelle l’imitation est une justification de moins en moins nécessaire.

Bien que sa portée et ses répercussions aient été considérables, notamment en Allemagne dans les milieux expressionnistes, le fauvisme n’a été que de courte durée : à partir de 1907 déjà, ses principaux représentants prennent en compte d’autres influences, dont celle deCézanne, et évoluent presque tous vers un pré-cubisme fécond en nouveaux développements. C’est Matisse qui poussera le plus loin les conséquences du fauvisme dans une œuvre presque entièrement vouée à l’effusion de la couleur.

Texte, p Hernandez 2004

Categories: Occitanie

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