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L’ANCIEN THÉÂTRE

Au temps du petit écran chez soi, au temps de la multiplication des loisirs,il est bien difficile de s’imaginer l’intérêt des Clermontais pour leur théâtre. Il avait été précédé probablement, de salles paroissiales(style l’ancienne Perséverance) ;nous apprenons que l’Eglise du Couvent des Dominicains (Les Pénitents) désaffectée à la Révolution devenait une salle de spectacle le Samedi 14 Fructidor An XII, et l’on y joua  » Le retour de voyage du Pére de famille « ,elle continua  a cette destination jusqu’en 1806. Le nouveau théâtre fut construit en 1856,  avec un groupe  présidé par Jules Cremieux,sous l’instigation d’Isidore Rouquet,avec le concours très actif de Gustave Delpon (le célèbre librettiste et pamphlétaire ) qui s’y ruina.C’est ainsi que la   municipalité racheta cet édifice en 1872 pour en faire un Théâtre Municipal. Il fonctionna jusqu’au  26/3/62 , la dernière pièce jouée fut Horace (de Racine) par la Comédie de Provence. La dernière entrée publique eut lieu le 14/3 1965 comme bureau de vote pour les élections Municipales.

Il fut interdit d’exploitation pour raisons de sécurité,  démoli en juillet 1983 et rouvert en 1984. Ceci fut une catastrophe patrimoniale pour la ville car ce théâtre avait des similitudes avec l’opéra de Montpellier (architecte: Cassien-Bernard) réplique de l’opéra Garnier de Paris.

La nouvelle construction n’a rien gardé du style de Théâtre à l’Italienne de l’ancien, et a vu ses dimensions réduites.Le précédent possédait la plus grande scène de l’Hérault ,après celle de Montpellier, 121 m2 sur 8 m de haut, avec des praticables  qui permettaient  toutes sortes de changement de décors.

Il y avait 511 places assises, 34 fauteuils d’orchestre, 230 au parterre, 101 au balcon, 100 au pigeonnier, 36 aux Loges, plus la fosse d’orchestre.Le registre du régisseur F.Beaumes tenu de 1908 à 1930,avec une interruption des 5 années de la Grande Guerre et de 1925 à 1929, soit treize années, donne des détails très intéressant sur les spectacles joués  soit  86 opéras (avec 24 titres) en particulier, 8 fois pour La Tosca,Carmen et Faust ; 5 fois pour Mireille,Les Cloches de Corneville; Guillaume Tell et Thais n’y étant joué qu’une fois. 41 Operettes (18 titres) 5 Mousquetaires au Couvent,4 pour  les Dragons de Villard, La Mascotte et la Veuve Joyeuse, suivi de trois fois pour Réve de Valse, Mimi Pinson et la Fille du Sergent-Major 27 Pieces de théâtre: 5 fois pour le Train de 8h47 : Le Chemineau, les 2 Orphelines,et les 2 Gosses (3fois) 69 Revues , 60  Drames et mélos , 5 concert et 30 revues locales (dont le célèbre Artistic Club).

Le petit nombre de concerts s’explique par la proximité (presque immédiate) du Cercle du Pavillon où les 4 musiques Clermontaises, l’Orphéon se produisaient fréquemment. L’engouement était tel pour les opéras qu’en Juillet 1925 Guillaume Tell fut joué sur la Place de la Gare,il fallu louer des chaises supplémentaires aux Arènes de Béziers !

Le curieux de cette petite histoire Clermontaise, c’est que la plus importante période sur le plan qualitatif fut de 1941 à début 1943, les grands artistes nationaux ,repliés dans la zone libre, se succédaient sur la scène Clermontaise qui n’en avait jamais tant vu. Pèle-méle : Pierre Brasseur,Odette Joyeux, Claude Dauphin, Rosine Dérean, Temerson, Paul Cambo, Marguerite Moreno, Lucien Paris, Jean Nohain,  Charles Moulin ( La femme du Boulanger), le célèbre comique Bach, Darcelys,Germaine Roger, Milly Mathis(ex.épouse d’un cafetier Clermontais), Georges Guetary, Luis Mariano … sans compter ceux qui se produisaient à l’entracte au Cinéma REX (Foyer Municipal). S’ajoutaient les Tournées Tichadel et une troupe d’Opéras et d’Operettes qui se produisaient plusieurs fois par mois.

Une curieuse coutume Clermontaise: toutes les représentations étaient précédées par une sonnerie d’une cloche qu’agitait un jeune en parcourant toutes les rues de la ville une heure avant le spectacle. Le public Clermontais était réputé pour son exigence qualitative et par sa désapprobation houleuse en cas de mauvaise  interprétation.

Aujourd’hui, le nouveau théâtre « Le Sillon » accueille des spectacles  très éclectiques toutes l’année et accueille également une troupe toute l’année.

Sources : archives municipales, revues municipales, « le Troubadour » 1920-1922, archives personnelles

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