LE CHATEAU DES GUILHEM DE CLERMONT

Pour des raisons de sécurité, le château est pour l’instant fermé au public

La première enceinte fortifiée de la ville ; toujours visible à ce jour, se trouve sur la colline de la Ramasse (mont Caylus), il s’agissait d’un oppidum qui permettait d’assurer une surveillance sur tout l’environnement de Clermont. L’oppidum de la Ramasse fut occupé de moins 450 à moins 118 avant Jésus Christ.

La PAX ROMANA (Paix Romaine) rendit inutile ces enceintes de défense ou de guet. Les invasions nordiques avec l’arrivée des Wisigoths dans notre région vers 470 interrompirent cette paix. Les Wisigoths entreprirent alors de munir Clermont (CLARA MOUNTIS ou CLARA-MONS) d’une enceinte fortifiée sur l’emplacement du château actuel (PUECH CASTEL) en 475. En 509, les Francs menés par Thierry 1ER (fils de CLOVIS ), conquirent Clermont et firent abattre l’enceinte Wisigothique.

L’assise de quatre de ces tours, est intégrée dans des maisons ou immeubles existants.

Une de ces tours servait aux magistrats du Seigneur pour leurs audiences, l’autre est enclavée dans l’église de Gorjan, les deux autres se trouvent converties en maisons d’habitation.

En 572, les Goths reconquirent la ville et ils y demeurèrent jusqu’en 694, ou l’arrivée des Francs fit cesser leur domination.

Cette longue occupation des Goths est attestée par des vestiges (tombes ou sépultures) découverts dans la région. Elle fut, contrairement à d’autres régions, pacifique et conciliante pour les chrétiens locaux, la présence de trois églises paroissiales est attestée en 694 date ou l’on dénombre les églises : SAINT ETIENNE DE ROUGAS , de GORJAN  (chapelle de l’hôpital) et SAINT PAUL.

En 720, l’arrivée des musulmans venus d’Espagne interrompit la présence des Francs, et Clermont malgré la victoire de Charles MARTEL à POITIERS en 732, est occupée par les Sarrazins jusqu’en 759. C’est à cette date que Pépin le Bref obtint, par un traité solennel des Goths la cession définitive de la NARBONNAISE qui venait d’être délivrée de l’occupation musulmane.

 Il est probable que pendant toute cette opération d’occupations diverses, le château fut utilisé pour sa solidité, son emplacement montueux, et sa proximité du carrefour stratégique de routes romaines, parcourant la plaine .

Charlemagne céda à son fils « Louis » en 781, le royaume d’Aquitaine. Ce dernier, dans le cadre de la création des féodalités, attribua à GUILHEM la partie orientale de l’Aquitaine et c’est ainsi que le Comté de Lodève, dont dépendait Clermont fut intégré au marquisat de Gothie.

D’après l’histoire des seigneurs de Clermont, écrite par l’abbé JULIEN, le premier seigneur de Clermont serait GUILLAUME DE GUILHEM, devenu baron en 862.

En 880, sa juridiction s’étendait aux 16 villages : Mourèze, Salasc, Liausson, Nébian, Ceilles, Nizas, Caux, Paulhan, Bélarga, Puilacher, Tressan, Canet, Brignac, Ceyras, St Félix, et Lacoste.

*Nous ignorons la date à laquelle apparaît la première construction sur la colline du Puech   Castel. Des châteaux existaient déjà dans la région dans le bas empire et le haut moyen age. Ex : les chateaux de Dio et Cabrières puis en 533 par Théodobert 1° celui de Verdun à  Saint Guilhem cité en 807 dans le cartulaire de Gellone. Fozieres, Soubés cités en 988 dans le testament de Saint Fulcrand. Il n’y a aucune mention du château de Clermont dans les textes avant le 12°. Les fouilles ont montré que des éléments supérieur au 12° L’Abbé Julien et Durand prétendent que la château existait bien avant (3° et 6°) mais il n’y a pas de preuves pour l’instant.

*L’origine des Guilhem reste une énigme. Le nom est d’origine franque. Cette famille a t’elle suivi Pépin le Bref ou Charlemagne en Septimanie au 8° ? A t ‘elle reçue des bénéfices qui se transformèrent en fief héréditaire ? On ne sait pas. Dès la fin du 11°, le nom des Guilhem apparaît dans certains textes : seigneurs de Clermont ou des membres de leur famille.

*On peut dater le château du 11° début 12° (archères en forme de fentes étroites et simple, aucune arbalétière, tours assez rapprochées entre 16 et 24m). Certaines salles remonteraient au 13° (modénatures observées sur certains blocs retrouvés parmis les décombres).

*La grande enceinte de la ville est du milieu du 12°. C’est l’évêque de Lodève, Pierre de Pasquiere qui l’a fit élever de 1155 à 1160. Elle est reliée aux remparts du château par 2 murs parallèles.

*La porte d’entrée est un étroit passage en escalier pour les piétons, avec à coté celui réservé aux cavaliers et aux bêtes. Les remparts du château dont le crénelage a disparu en 1792 comptaient 8 tours semi-circulaires qui portent arbitrairement le nom des seigneurs successifs, 4 portes dont 1 équipée d’une herse et d’une poterne. Il existe encore 3 tours de défense, 4 portes dont 3 subsistent avec des petites parties de rempart reliant l’ensemble au château. Château et ville comptaient (église fortifiée comprise) 15 tours (ex la tour Basolhe visible de la tour de la Brèche) et 1300 mètres de remparts. Cette fortification fit peur aux assaillants. Le matériau (calcaire) utilisé pour construire le château fut trouvé sur place ou sur le mont Ramasse. Construction en appareil plus ou moins réguliers avec assises irrégulières.

 LA TOUR GUILHEM (donjon)

 Il reste un donjon, en réalité une simple tour de guet construite sur un socle carrée de 6,40m de coté et de 4m de hauteur qui renferme une pièce rectangulaire à chacun de ses étages au nombre de 2. On accédait au 2° étage grâce à une trappe et une échelle mobile. Le donjon ne devait pas dépasser 15m de haut crénelage compris. La construction consiste en un blocage de pierraille noyé dans un mortier de chaux très dur, parsemé de pierres d’appareils de 0.15 à 0.30 m. L’épaisseur des murs était de 1.50m à 3m. Il y a deux fenêtres, une pour surveiller les environs de Gignac l’autre pour surveiller la plaine de l’Hérault. L’entrée est placée au niveau du 1° étage.

 LES AUTRES ELEMENTS

 *A l’Est du Donjon au sous-sol, s’ouvre une grande salle voûtée en plein cintre de 12m sur 4m qui devait servir d’entrepôt de cave ou de cellier. C’est la salle de la légende de Margarita Au Sud Est du Donjon, la citerne était une belle salle voûtée en berceau de 7m par 4m entre la tour de l’émeute et le donjon. Au nord ouest contre le rempart en sous sol, s’ouvre une autre salle voûtée en berceau de 15m par 5m (entrepôt ou cellier ). Il y avait une chapelle et une prison qui ont disparu. On ignore leurs emplacements. Elles sont citées en 1325. L’enceinte est en petit appareil régulier. La tour de la Brèche assurait la liaison avec les remparts de la ville. Le seigneur se rendait à l’église par la et non par un souterrain. Elle dépassait les 13m de hauteur. C’est la tour la plus imposante car elle était au pivot de la défense. La porte arrière qui donne sur les vignes mesure 2.10m de large et 2.40m de hauteur. Elle est en plein cintre et et formée de grands voussoirs en tuf calcaire. La tour cardinal défendait la porte du Puech castel vers l’intérieur par 4 meurtrières à tirs croisé pratiquées dans la parapet fermant la plate-forme de ce coté. Il y avait peut-être un pont-levis.

LA LEGENDE DE MARGARITA

C’était à l’époque ou l’évêque de  Lodève et le seigneur de Clermont se trouvaient plus que jamais à couteaux tirés. Le neveu de l’évêque, Raymond, amoureux de la fille du seigneur, Margarita, s’introduisit au château déguisé en troubadour pour lui conter fleurette. Un soir, rejoignant la jeune fille à sa fenêtre par escalade, il fut surpris et aussitôt dénoncé par le traître classique du mélodrame. Conduit au cachot, Margarita voulut alors subir le sort de son amant. Etroitement enchaînés l’un en face de l’autre, on retrouva cependant par la suite leurs cadavres enlacés. Gaston Combarnous

 DES DATES :

 *En 1242, Beranger II reste fidèle au roi pendant la révolte de Albigeois. Le seigneur est chassé par les habitants de la ville à la tête desquels se trouvent les 3 frères du seigneur qui se sont rangés du coté du conte de Toulouse, Raymond VII.. Perte des franchises pour la ville en réponse à la révolte. Elle retrouvera les franchises en 1347. En 1379, troubles à l’approche des élections consulaires. Les candidats aux élections auraient pactisés avec les Anglais qui sont dans la région à ce moment là. Les candidats sont massacrés ainsi que d’autres habitants proches d’eux. En 1418, on construit des portes à chaque entrée des nouveaux faubourgs. 1432 marque la fin de la famille des Guilhems de Clermont de Lodève.

 *Les guerres de religion vont entraîner la fortification de la ville. On recouvre certaines tour d’une coupole pour installer l’artillerie et se protéger des tirs de l’ennemi. On fortifie l’église.  En 1575, la ville est attaquée par le duc de Montmorency. En 1577 le duc de Joyeuse reprend la ville. En 1584, Montmorency assiège à nouveau la ville en juin. La ville va capituler en décembre. En 1591, Joyeuse est de retour. En 1592 le fils du duc de Montmorency. En 1598, Clermont devient place de sécurité pour les protestants (calvinistes) jusqu’en 1622. En 1657 Louis II de Guilhem décide de supprimer certains droits et privilèges aux clermontais. Il emprisonne les consuls, une émeute éclate. Le seigneur se réfugie à la chapelle de l’hôpital. Il quittera le pouvoir en 1692 après plusieurs procès. En 1720, le château est vendu à Guillaume Castanié d’Auriac, 1° président du grand consul. En 1791, sa fille émigre et le château est saisi comme bien national.  Après la révolution, le château a servi de carrière et de pâturage. L’abbé Saumade va tenter de sauver ce qu’il reste entre 1875 et 1900 en achetant différentes parcelles. Il restaura quelques éléments du castel .

 *Les seigneurs de Clermont possédaient d’autre demeures : le château de Castelnau de Bretenoux dans le Lot et l’Hôtel de Clermont rue de Varennes à Paris. Ils fréquentaient la cour de Versailles. A Clermont il y a les hôtels particuliers de Tristan et de Martin situés dans le vieux bourg.  Ils datent du 16°.

De 1884 à 1951, les sœurs bénédictines de Gorjan assuraient l’entretien du château.

1965-1976 : nouvelles restaurations

2004 mise en sécurité .

Les seigneurs de Clermont fortifièrent le château mais aussi l’enceinte extérieure du bourg, encore visible aujourd’hui : Porte de Rougas, Porte de la Frégère, Porte des Jacobins, la Tour Bassolhe, et le Portail Naou.Ce portail NAOU (haut en patois) a été refait en 1347 et au XVIe siècle. L’église St Paul (hors les murs) fut réunie à cette enceinte par deux murs qui partaient des deux côtés de la porte située sous le donjon, et étaient reliés à la porte.

L’ensemble représentait une place forte importante qui pouvait défier tous les ennemis qui auraient osé s’attaquer à cette ville qui déjà au Moyen Age était habitée par plus de 6.000 habitants. (aujourd’hui il y 8590 habitants)

Guerre de la Croisade des Albigeois, Guerre des Réformés (on peut voir sur le mur de l’église les traces des bombardes) guerres internes, telles les révoltes des Clermontais contre leur Seigneur  qui tentait de leur supprimer les franchises accordées à la commune de Clermont.

Car Clermont depuis 869 élisait chaque année, 3 consuls pour diriger la Cité, ces droits leur furent enlevés en 1242, rendus par intermittence jusqu’en 1347, date à laquelle Philippe VI, par lettres patentes les rétablit jusqu’à la révolution de 1789.

Visite du Château : deux accès possibles.

Celui du bas, chemin de la république ou portail NAOU. On pénètre par une porte en fer, on suit un sentier tortueux bordé par des hautes murailles cachées sous les frondaisons.

Ce sentier était balisé par des stations d’un chemin de Croix, que parcouraient pour la fête Dieu, les nouveaux communiants.

Il débouche sur la porte de Clermont avec comme vis a vis une vue du Clermont historique avec l’église ST PAUL et ST DOMINIQUE (Pénitents) qui dominent un ensemble harmonieux et magnifique.

On atteint par une rampe un espace dégagé (Lice) qui bordait les limites du vieux Castel

Ce quadrilatère de 45 m sur 25 est la base du premier château fort,

il est bordé au sud, au pied de la lice, par une citerne souterraine imposante dans laquelle on pouvait pénétrer par une petite porte. Elle est aujourd’hui partiellement comblée par les matériaux de la maison sise

au dessus, et en partie détruite. Cette maison avait servi pour le gardien du lieu, délégué à ce poste par la Supérieure du Couvent des Bénédictines (GORJAN) qui en avait la garde.

Sur ce terre-plein, domine majestueusement le Donjon (Tour GUILHEM) qui donnait sur un réduit de 25 m sur 15, terminé par un escalier accédant à une salle en sous-sol (dite de la légende de MARGARITA*) de 12 m sur 4. Les remparts mesurent au total 1300 mètres avec 8 tours et 4 portes. Une petite partie existe encore.

 
 
 Sources: L’histoire de Clermont par l’abbé Durand, le château des Guilhem de Clermont par Gaston Combarnous
 

 

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