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SETE, LA VENISE DU LANGUEDOC

Sète est connu pour être la ville du célèbre chansonnier GEORGES BRASSENS et du poète PAUL VALERY. La ville est aussi le principal port commercial de l’Hérault. Il y a également des liaisons maritimes vers les Baléares et le Maghreb. Le mont Saint clair  domine la ville et la plaine littorale de l’Hérault.

L’étang de Thau  est célèbre pour ses huîtres et moules excellentes pour la santé. Il est possible de visiter les parcs à huîtres à travers une promenade fort agréable. Sète est très animée toute l’année et surtout en été avec la fête de la Saint Louis (Louis IX) et les fameuses joutes qui ont lieu sur le canal royal (ci dessous) en août. Sète est une ville récente puisque elle fut construite par Colbert  en 1666 puis VAUBAN et RIQUET et son canal du Midi

Les plages du Lido au bord de la Méditerranée vous accueillent toute l’année. La gastronomie n’est pas en reste avec la traditionnelle « tielle sétoise », les encornets et moules farcies, la macaronade, le poisson grillé venu directement de la criée.

Une ville culturelle avec le musée d’art Paul Valéry, le centre régional d’art contemporain, le musée international des arts modestes, le théâtre en plein air face à la mer Paul Valéry, « Escale à Sète » tous les deux ans avec des bateaux de légende (L’Hermione en 2018)

Sète et l’étang de Thau

Un peu d’Histoire

L’ETANG DE THAU :

L’étang de Thau quant à lui permet la production loups, anguilles et dorades mais surtout c’est la conchyliculture qui fait vivre le bassin avec différents coquillages mais surtout les huîtres et les moules et les palourdes. L’étang de Thau est une mer intérieure où l’on exerce la conchyliculture. Cet étang de Thau représente 1300 ha de conchyliculture sur l’eau. L’huître creuse y a gagné ses lettres de noblesse sous l’appellation de Bouzigues. L’étang de Thau est peuplé de palourdes, de crevettes, d’anguilles, de loups, de daurades et bien évidemment d’huîtres. Sa superficie totale est de 7500 ha et sa production de coquillages est de 20000 tonnes (huîtres : 12 000 t/an et moules : 8000 t/an). Il y a environ 750 producteurs. La lagune de Thau permet la production de 80% des coquillages méditerranéens et regroupe 90 % des entreprises conchylicoles de la méditerranée. L’élevage pratiqué depuis des siècles se fait depuis le début des années 1900 sur des tables de production (environ 2750) en lagune et depuis les années 80 sur des filières en mer au large de Sète. Les naissains de moules proviennent de l’Atlantique. La faune est la flore du bassin est exceptionnelle avec plus de 400 espèces floristique et 200 espèces animales.

Histoire de la conchyliculture :

Les huîtres :

Dés l’époque romaine, la conchyliculture existe. La villa gallo-romaine de Loupian en témoigne. Les romains mangeaient et raffolaient des coquillages. A cette époque, la grande richesse du bassin permettait aux coquillages de se développer et de se reproduire en nombre suffisamment important pour satisfaire la demande romaine. Au I° siècle, les huîtres creuses n’existaient pas, il n’y avait qu les huîtres plates. On retrouve des traces de coquillages dans tout le département avec les vestiges romains. Ils se servaient des fleuves et de l’Hérault pour acheminer les coquillages à l’intérieur des terres. Les récentes fouilles de la villa Loupian ont permis de découvrir des huîtres d’un diamètre de 12 cm avec des traces de mise en culture. La culture des moules n’est apparue qu’au 4°et 5°siècle. Il faudra attendre 1860 pour que s’installe à Bouzigues une véritable culture ostréicole. Dans les canaux de Sète dés 1875, les huîtres plates sont élevées sur un système de flotteur mais la pollution des canaux va obliger les premiers ostréiculteurs à demander à pouvoir élever les huîtres dans le bassin de Thau. En 1925, un maçon va avoir la bonne idée d’élever les huîtres sur des barres en béton et suspendues à des pyramides en béton. C’était trop lourd, ce sera remplacé par des tables implantées dans l’eau sur lesquelles on pend des barres de palétuvier (bois imputrescible) plus légères. Les huîtres sont donc collées avec du ciment sur ses barres de palétuvier jusqu’aux années 80 date à laquelle on préférera des cordes synthétiques. Le travail fastidieux des années 50 s’est maintenant modernisé avec des bateaux mécanisés même si la main de l’homme est toujours indispensable. Des contrôles réguliers de IFREMER sur la qualité des eaux et des produits ont lieux, ce qui n’empêche pas parfois des problèmes de « malaigues » qui obligent la non vente des produits de l’étang (chaleur, pollution…)

Jusqu’au XIX°, la France produisait des huîtres plates. En 1868, l’huître creuse est introduite en France dans le golfe de Gascogne par inadvertance. C’est un navire portugais qui avait comme cargaison des huîtres creuses qui vint se réfugier à cause d’une tempête prés de Bordeaux. Les huîtres en putréfaction furent vidées dans la gironde et certaines encore vivantes réussirent à survivre, à s’acclimater et à s’y reproduire. L’huître portugaise fut ensuite exploitée sur toutes les cotes françaises. En 1971, une épidémie détruisit l’huître portugaise et il fallut importer une huître japonaise pour reprendre la production. Aujourd‘hui c’est cette huître que nous trouvons à 98 % dans nos assiettes. L’huître est présente sur la terre depuis plus de 500 000 ans et n’a évolué depuis. Elle possède un cœur, un foie et un circuit de circulation sanguine incolore. Les perles sont très rares. L’huître creuse est hermaphrodite et ovipare. Elle expulse ses œufs (entre 20 et 100 millions) non fécondés dans le milieu marin dont 10 % seront fécondés. On parle d’huîtres « détroquées » lorsqu’elles proviennent de naissain capté et élevé sur un support (le plus souvent une coquille d’huître)

Les naissains sont placés sur des cordes qui sont ensuite immergées et suspendues aux tables d’élevage. Une table est constituée de pieux métallique ou d’anciens rails ferroviaires plantés dans le fond de l’eau et qui peut accueillir environ 1200 cordes d’huîtres. 12 à 18 mois plus tard, les huîtres sont récoltées, détroquées, triées, lavées et brossées avant d’être mises en bourriche. Les huîtres sont pauvres en graisse mais riche en iode et en fer et en diverses vitamines. Les huîtres de méditerranée sont plutôt salées et ont un petit goût de noisette.

Etape de fabrication d’une huître :

1) Le naissain d’huître est collée sur des cordes en nylon. Les petites huîtres sont collées 3 par 3 par du ciment sur des plaques

2) Les cordes sont ensuite suspendues à des tables pour l’élevage pendant 12 à 18 mois.

3) A taille commerciale, elles sont ramenées au mas en bateau

4) Elles passent alors dans une laveuse qui les nettoie

5) Elles sont ensuite détroquées

6) Elles sont remises à l’eau quelques semaines pour finir leur maturité et durcir leur coquille.

7) Elles sont ensuite ramenées a nouveau au mas, elles sont nettoyées et mises en bourriche pour être expédiées.

Les moules :

C’est une légende remontant au XIII° siècle qui expliquerait l’origine de la culture des moules : une embarcation irlandaise aurait fait naufrage sur le littoral atlantique et le seul survivant aurait installée des filets pour capturer les oiseaux afin de se nourrir. Il aurait alors remarqué le captage et le grossissement des moules accrochées à ses filets et aurait renouvelé l’expérience faisant de lui le pionnier de la mytiliculture. La moule élevée en méditerranée est une moule à chair rouge qui est très goutteuse. La reproduction de ce mollusque a lieu en milieu marin au printemps et en automne. Le naissain de moule aussi appelé « pezzouline » est récolté en méditerranée. Il est élevé en corde, une sorte de boudin en filet de 30 cm de diamètre et de 3 à 5 mètres de long. Ces cordes sont suspendues aux tables d’élevage lorsque les moules sont élevées en lagune. Il y a aussi l’élevage en pleine mer mais les daurades mangent les naissains de moules. Quand les moules sont récoltées au bout d’un an, elles passent dans une trieuse qui les calibre et qui les brosse. Elles sont ensuite emballées en sacs de différentes contenances

SETE

HISTOIRE

Etymologie :

Ce nom trouve son origine dans la forme qu’a le Mont Saint Clair (182 m) vu des villes alentours. Le mont saint clair se serait formé il y a 25 millions d’années faisant penser à une baleine surplombant la mer, on décida d’appeler le site « cete «  en référence à cétacé ou bien le nom viendrait du terme « set » qui désigne une montagne. Ce nom apparaît sous Ptolémée et ensuite à l’époque romaine. Le site fut depuis l’époque romaine un lieu de pêche et un centre de commerce par sa position idéale entre mer et étang.

Sentier des pierres blanches :

Le lido : Cette flèche littorale de 12 kms est constituée d’alluvions du Rhône déposés par des tourbillons crées par la rencontre des courants marins avec le rocher de Saint Clair. A 7 km se sur la route de Marseillan se dresse la tour du Castellas construite en 1742 pour la surveillance des cotes du Languedoc suite à l’invasion anglaise.

Le site des pierres blanches se compose de pins avec un beau panorama sur l’étang de Thau et le cordon littoral. On note plus de 700 espèces végétales

Légende des pierres blanches : le roi du bassin de Thau avait 7 filles qui aimaient se promener en haut du Mont. Les jeunes sétois venaient les observer et admirer leur beauté mais par cet acte de voyeurisme ils furent transformés en pierres blanches par les jeunes filles !

Au premier plan, le lido, les anciens bassins rectangulaires des salins, le canal des quilles et le quartier du pont levis.

Histoire de la ville

Antiquité :

On trouve trace des premiers habitants de Sète en 800 avant JC à l’age de Bronze. Des vestiges découverts en 1973 sont aujourd’hui sous deux mètres d’eau dans le bassin de Thau au large du quartier du Barrou (des pierres blanches à droite). On retrouve trace de cet habitat sur des cartes du XVIII°. On sait que cette zone était encore habitée à l’époque romaine. Il y avait à cette époque une industrie consacrée à la saumure du poisson. Cette industrie romaine perdura jusqu’à la fin de l’empire romain. Au IX°, les chartes mentionnent Séta comme une terre appartenant à l’évêque d’Aniane, Saint Benoît et à l’évêque d’Agde. Il y eu des seigneurs et des comtes de Sète jusqu’à la Révolution. Il y aura des consuls à partir de 1685.

Au Moyen Age, la ville appelée Céta ou Sita produisait le kermès (cochenille) d’ou était extraite une teinture écarlate, vivait de la pêche et de l’élevage.

Moins de 100 habitants vivent sur les pentes du Mont saint clair en 1596 lorsque le duc Henry I de Montmorency, gouverneur du Languedoc, souhaite construire un port à Sète. Faute d’argent suffisant, le projet sera abandonné mais renaître un siècle plus tard. Il ne subsista de cette époque qu’un fortin au sommet du Saint Clair qui fut démantelé en 1632 après la révolte de Montmorency contre Richelieu.

Sète était une étape commerciale importante pour les civilisations méditerranéennes car la montagne de Sète servait de repère géographique et de refuge pour les navigateurs jusqu’à la création de la ville et du port au XVII°.

Temps modernes :

Jusqu’à la fin du XVII°, la colline de Sète était très peu peuplée. Seuls quelques pêcheurs des petits villages autour venaient pêcher sur le rives de l’étang de Thau mais pas plus, la cote étant insalubre comme sur la plupart du littoral languedocien. Le Mont saint clair servait de refuge aux corsaires et aux pirates dont le plus connu fut « barberoussette »

Le XVIII° vit l’apparition de petites maisons sur les flancs de la colline. De petites maisons de pêcheurs en pierres sèches appelée « baraquetes ». Il y avait une tradition qui était que tous les dimanches les familles se réunissaient au sommet du Mont saint clair pour y passer la journée et faire la fête en chantant et en dansant.

La création du port :

Le projet de la création d’un port de commerce avait été envisagé en 1596 par Henry IV mais ce projet tomba à l’eau. Il faut noter qu’a cette époque, le plus grand port de l’Hérault était Agde. Il faudra attendre 1666 pour voir naître le port de Sète et la ville. C’est sous l’initiative de Louis XIV et de son ministre Colbert que fut décidé la construction d’un grand port dans le Languedoc au détriment d’Agde et de Aigues Mortes. Les architectes de ce port furent Colbert, Riquet et le chevalier de Clerville. Les travaux débutèrent le 29 juillet 1666 avec la jetée et la jonction mer et étang. Sète est née. Il fallut beaucoup de main d’œuvres pour créer le port et ce sont les habitants des villages alentours (Bouzigues, Frontignan, Mèze et Marseillan) qui apportèrent la main d’œuvre. Pour accueillir tous ses travailleurs, il fallut créer des commerces et les premières habitations des « sétois » virent le jour à proximité des travaux du port. En 1673, la ville reçoit ses privilèges royaux d’exemption fiscale et en 1685 la ville est érigée en consulat. L’absence de capitaux importants (malgré l’ouverture de nombreuses banques), sa rivalité avec Marseille qui était jalouse de ses privilèges commerciaux avec le Levant, ne permettent pas de combler sous l’ancien régime et l’Empire, les souhaits formés par Louis XIV et son ministre Colbert. Sète est un port de cabotage aux manufactures de tabac, sucre et savon. Le vin permettra au port d’atteindre son apogée dans la seconde moitié du XIX°.

Ce lieu presque désert devint en quelques années le port principal du Languedoc. C’était un grand lieu d’échange entre les pays du monde et il y avait beaucoup d’exportations et d’importations de différents produits du monde entier. La rivalité avec le port de Marseille limita l’extension du port. Au début du XIX° il se spécialisa dans le commerce du vin en tant qu’exportateur des vins de France puis en importateur des vins d’Algérie, d’Italie et d’Espagne lorsque la France fut touchée  par le phylloxera (voir histoire). Sète est à cette époque le premier port de mer du monde et à la fin du XIX°, le 4° port français. Cette expansion du port s’accompagne de grands travaux : chemin de fer, agrandissement du port, création d’une chambre de commerce.

Au XIX°, la ville pris des airs d’Haussmann avec de beaux hôtels particuliers (rue Honoré Euzet) qui évoquent la réussite sociale des propriétaires

Le 29 juillet 1666, jour de la Saint Louis fut aussi consacré au premier tournoi de joutes à Sète. Les joutes se déroulent entre les deux ponts principaux de la ville. En 1684, Vauban viendra visiter le port. C’est aujourd’hui la plus grande fête annuelle de la ville .

En juillet 1710, les Anglais envahirent la cote languedocienne, Sète fut prise par les Anglais durant quelques heures jusqu’à l’arrivée du duc de Noailles et de ses troupes qui libérèrent la ville. Il y eut un combat sanglant sur la plage qui fit fuir les assaillants. Cette attaque surprise permis de voir que le port n’était pas suffisamment protégé. Pour remédier à cela ont fit des fortifications : le fort saint Louis, le théâtre de la mer actuel dit théâtre Jean Vilar.

En 1744, construction de la citadelle Richelieu et de la tour du Castellas. En 1839, ouverture de la ligne de chemin de fer Montpellier-Sète. 1882-1888 : grands travaux dans le port. En 1895 aura lieu l’inauguration du futur lycée Paul Valéry. 1901 voit l’arrivée du tramway électrique.

En 1934, le club de foot devient champion de France et remporte la coupe de France.

1960 : création du théâtre de la mer

1970 : musée Paul Valéry

Musée Paul Valéry :

Inauguré en 1871, histoire de Sète et de ses traditions.

Môle St Louis  (650 m de long)

Construction lancée par Colbert en 1666. A l’origine terminé par un fort et un phare détruits en 44 par les Allemands. Le brise-lames pour protéger des tempêtes et l’ensablement mesure aujourd’hui 2500m et fut construit au milieu du XIX° pour éviter l’ensablement du port. Il n’est accessible qu’en bateau.

Le mole saint louis abrite depuis 1666 l’entrée du port. Il accueille de nombreuses régates. Il servit de lieu d’entraînement pour l’América’s cup. Il y a une plaque commémorative évoquant le bateau « Exodus » qui partit de Sète en juillet 1947 pour tenter de conduire 4500 juifs en Palestine. Le phare date de 1903 et a conservé ses lentilles d’origine. Le phare fut reconstruit en 1948 avec ses lentilles d’origine. Il mesure 25 m de haut et porte à 27 kms.

Le fort Richelieu fut établi sur le plateau rocheux qui domine l’ancien port.

Inscription sur le phare Saint Louis : « Son œil mobile mêle aux éclairs le péril, l’eau riante et la dans infidèle des vagues ». Paul Valéry.

Le quai de la consigne situé entre le mole et la criée était surnommé quai des culs de bœufs car les bateaux bœufs, bateau de pêche à voile qui tiraient par deux de lourds filets venaient s’y amarrer.

L’église Saint Pierre :

Construite à partir de 1835, elle porte le nom du saint patron des pêcheurs. En 1843, la cloche est installé. A partir des années 1850, ce quartier de 5000 habitants voit son église s’embellir et s’agrandir : tableau du peintre montpelliérain Coustou, vierge en marbre, autel, orgue de Théodore Puget de 1875 classé MH.

L’Eglise Saint Joseph :

Œuvre des Pénitents blancs en 1718, elle devient salle de réunion sous la Révolution puis église Saint Joseph en 1803. Les orgues du facteur Puget de Toulouse y ont été installées en 1862. C’est maintenant un lieu de concert.

Les canaux :

Un canal sans écluse relie le port au Rhône permettant ainsi le transit des péniches de plus de 1000 tonnes venant du canal du midi. Le canal joue un rôle important dans la vie de la cité. La ville s’est développée autour de lui.

Ce canal fut percé dés 1666. il permet ainsi au canal du midi qui traverse l’ étang de Thau de déboucher en méditerranée et ainsi de le relier à l’atlantique d’ou le nom de canal des deux mers (240 kms de Toulouse à Agde).

La ville basse avec ses canaux donne à la ville un petit air de Venise languedocien. Ces canaux font de la ville une véritable île, c’est pourquoi on surnomme Sète « l’île singulière ».

Les ponts :

Il y a en tout 12 ponts dont 5 mobiles qui relient les quartiers les uns aux autres. La ville basse se compose de 6 canaux. Certains se lèvent comme le pont Sadi Carnot ou celui du maréchal Foch. D’autres comme le pont de la gare qui mène depuis sa construction en 1875 au centre ville, tourne. La vie s’arrête lorsque les ponts sont en mouvements pour laisser place aux bateaux parfois impressionnants. Le pont Sadi Carnot qui date de 1926 mais qui fut reconstruit dans les années 40 se compose d’une portée de 57 m, 7 piliers qui plongent à 8 m, 600 tonnes de métal. Manuellement, il faudrait deux heures pour le remonter.

Les quartiers :

Le quartier haut : le quartier italien

La rue qui mène a ce quartier s’appelle la rue rapide, ce qui veut tout dire !

Les premières maisons se construisirent dans ce quartier dés la fin du XVII° car le port était en chantier d’un coté, et de l’autre il y avait une carrière donc il n’y avait pas trop le choix ! Ce quartier permis de « caser » les premiers ouvriers et leurs familles. Les maisons sont étroites, toutes en hauteur avec 2 ou 3 étages d’une pièce avec souvent une petite cour et un jardinet. Elles sont presque identiques à ce qu’elles étaient au XVII°siècle. Les noms des rues évoquent le passé de la ville. Au XIX° s’installèrent dans ce quartier des émigrés italiens qui donnèrent un petit air d’Italie à la ville, un air napolitain avec son folklore et ses traditions. Ce quartier rappela aux pêcheurs leur vie italienne. L’été, on peut se croire en Italie. Dans ce quartier fut construit le premier hôpital de la ville en 1693 ainsi qu’un couvent des religieuses de Saint Maur en 1728 pour l’éducation des filles. Le quartier était assez pauvre. On retrouve aussi des vestiges militaires dans ce quartier, témoignage des siècles. A partir de 1740, un ensemble défensif va être mis en place sur le littoral languedocien avec surtout des tours de guets et quelques forts.

La citadelle Richelieu date de 1744 et abrite aujourd’hui un sémaphore et un centre de préparation militaire de la marine.

Cimetière marin :

Construit en 1843 face à la mer à l’époque appelée St Charles puis immortalisé par Paul Valéry (poète sètois inhumé en 45 face à la mer ; Jean Vilar est aussi dans ce cimetière.)

Le cimetière marin, cher à Paul Valéry qui en 1922 dans son poème « Charmes » évoque ce cimetière. Il fut d’ailleurs inhumé en 1945.

L’église Saint Louis est élevée à partir de 1700 sur les plans de d’Aviler, grand architecte languedocien et sera consacrée en 1703. Le parvis date de 1830. sur le clocher, il y a une statue de la vierge en cuivre doré qui date de 1869. L’église fut restaurée à la fin du XIX°. Le mobilier date de la seconde moitié du XVIII° siècles. Elle connut trois clochers différents avec une toiture pointue lorsque fut célébrée le premier office en 1703, cage de fer pour une cloche d’une tonne en 1714 et enfin depuis 1869 une statue de la Vierge qui surplombe la ville, une « régina maris », une reine des mers qui témoigne aussi de la forte présence italienne et de son influence dans ce quartier.

Louis IX saint patron du port est également le saint patron de la ville. La ville lui rend hommage chaque année le 25 août.

Au nord de la ville, il y a le quartier de la pointe courte, petit village de pécheur dans la ville que l’on peut voir dans de nombreux films. Ce quartier est un des premiers de la ville car les pêcheurs de Frontignan y avaient leurs cabanes avant que celles ci se transforment en un véritable village qui sera annexé à Sète en 1805. C’est un petit village dans la ville, sans commerces, difficile d’accès, hors du temps. Les familles sont la depuis des générations et gare à ceux qui veulent venir y habiter, ils ne sont pas forcément les bienvenus, les maisons ne se vendent qu’entre familles et pas aux étrangers. C’est le quartier le plus typique de la ville avec ses histoires, ses anecdotes pagnolesques…

A l’opposé à l’ouest il y a le quartier du pont levis, autre quartier de pêcheur typique. Il y a le cimetière PY ou est inhumé Brassens depuis sa mort en 1981 (voir musée)

A l’est du parc des pierres blanches prés du cimetière marin se trouve une ancienne citadelle qui fut construite suite à l’invasion de deux jours des anglais en 1710. elle domine le cimetière et le musée Paul Valéry (voir tout agde)

Le lido : 15 kms entre Sète et Marseillan : voir cordon dunaire, ganivelle, érosion, brise lames…travaux

Le théâtre Molière :

Avant ce théâtre, les sétois fréquentaient le cinéma Kursall et le théâtre Jeannin. En 1878, on envisagea de construire au centre d’un nouveau quartier, un théâtre municipal. Les travaux commencèrent en 1896 et durèrent jusqu’en 1904. C’est l’architecte municipal Antoine Gour qui fut chargé de réaliser les plans de l’édifice. Il s’inspira de l’opéra de Montpellier. Des artistes locaux firent les décors. Il est classé MH depuis 2004. Le théâtre de scène est depuis 10 ans classé « Scène nationale ».

LES MUSÉES 

Le musée Brassens

Le Musée International des Arts Modestes de Hervé Di Rosa

Le Centre Régional d’Art Contemporain

Le musée Paul Valéry

LE PORT DE PECHE ET DE COMMERCE :

Après l’achèvement du Mole saint louis en 1669, on attendra le percement du canal du midi et la construction du premier quai en 1677 pour que la construction d’un port soit effective. Pour lutter contre l’ensablement perpétuel de la rade, un brise lame long de 500m est conçu en 1821. Dans les années qui suivent, des aménagements successifs sont entrepris tels la construction du bassin du midi et du canal maritime en 1859 et le prolongement du brise lame de 150 m à l’Ouest et de 850 m à l’est en 1879.

De nombreux comptoirs allemands, suisses et du nord de l’Europe vont s’implanter. Sète était spécialisée dans l’importation des denrées exotiques. Sa concurrence avec Marseille va s’accentuer dès le XVIII° siècles. L’implantation d’une raffinerie de sucre et d’une manufacture de tabac vont permettre au port de se développer et de se diversifier. Sète devient le port de l’alcool par excellence

Avant la seconde guerre, le trafic portuaire dépassait le million et demie de tonnes de marchandises. Après la guerre, ce seront les hydrocarbures qui feront la richesse du port. Aujourd’hui, le trafic oscille autour de 4 millions de tonnes par an. C’est un centre de négoce international des bois tropicaux et spécialisé dans le transport des engrais. Autre trafic majeur, les liquides en tout genre. Avec 100 000 têtes par an, Sète est devenu le premier port de France pour l’exportation du bétail vers les pays du pourtour méditerranéen. Le port commercial va continuer à se développer et le trafic des conteneurs devrait doubler d’ici 20 ans.

Le port de commerce était dédié aux échanges concernant les vins et spiritueux. Jusqu’aux années 70, l’activité pétrolière était très importante avec les raffineries. La diversité du trafic commercial est une des forces du port qui draine aussi bien des matières premières minérales (charbon, minerais), alimentaires (céréales, agrumes, vins) que des containers de marchandises diverses. Le port de commerce fermé au public se compose de 100 ha de bassins et plus de 10 000 m de quai. Le trafic annuel portuaire annuel est de 4 millions de tonnes.

Au XIX° siècles, le commerce viticole permis l’essor du port. Du vin découla plusieurs activités. Sète devient le premier centre mondial de fabrication de tonneaux pour le vin. Cet essor va permettre à la ville de s’embellir avec des immeubles bourgeois, des places, des monuments, un théâtre… mais la crise viticole mettra un frein provisoire à cet essor. Sète importera du vin étranger au lieu d’en exporter et retrouvera son essor économique. L’arrêt de mort sera porté après la première guerre mondiale avec l’invention du wagon foudre qui signe l’arrêt de la tonnellerie. Pendant tout le XX° siècle, c’est la pêche qui nourrit la ville. La ville a su mêler ses traditions, un brassage culturel dans un site fermé sur lui-même car Sète ne fut relié à Marseillan par la route qu’en 1927.

Le port de pêche est situé en plein cœur de ville. De nombreux bateaux de pêche et de croisières s’y côtoient : chalutiers, thoniers, petits bateaux qui se retrouvent à la criée le soir venu. Les petits pêcheurs vont sur l’étang de Thau ou en mer. Sur le quai de la marine (quai général durand), il y a de nombreux restaurants et bar typiquement sétois avec leurs spécialités de poissons et de coquillages. De nombreux sétois sont d’origine italienne car dans les années 1850, de nombreux pêcheurs vivant prés de Naples ont fui leurs villages pauvres dans l’espoir de trouver une vie meilleure en France. Ils s’installèrent dans le Languedoc au Grau du roi et a Sète. Le nom de la ville eut plusieurs orthographes : Cete, Cepte, Sept…) ce n’est qu’en 1928 que le nom actuel fut adopté. Dans les années 60, la pèche artisanale se développe grâce à l’arrivée de nouvelles techniques de pêche amenées par les pieds noirs d’Algérie. Au XIX° le port se développe grâce au commerce du vin, du souffre, du bois, du fer et des céréales. La ville devint le premier port de tonnellerie au monde. En parallèle la population tripla entre 1820 et 1870 et l’urbanisation gagna l’étang de Thau.

Criée (1969) aux poissons et port de pêche : Avant on y contrôlait des navires, les chalutiers et les thoniers au 18ème. La criée se fait au matin et est aujourd’hui informatisée. En fin d’après midi les bateaux rentrent avec leur chargement. Voir embarquement pour le Maroc.

Depuis le milieu des années 70, les crieurs d’antan ont laissé la place aux ordinateurs. Avec 1500 à 3000 lots de poissons vendus par jour soit une moyenne de 800 lots à l’heure, la criée de Sète est une des plus performantes. Elle peut accueillir 6 navires en même temps. L’amphithéâtre de la criée se compose de 100 places assises et numérotées. Les mareyeurs viennent de toute la France. Les lots défilent sur un tapis et les enchères débutent. Le meilleur enchérisseur acquiert le poisson qui peut partir dans toute la France.

Le port actuellement est le 11° port de pêche de France avec 3,5 millions de tonnes de poissons traités en 2005. C’est le premier port de pêche français en méditerranée. Le port est aussi un port de voyageur avec un important trafic avec les pays d’Afrique du Nord.

Le port de pêche est le plus important du littoral français méditerranéen. Sa situation géographique particulière lui permet d’exploiter simultanément les eaux de l’étang et de la mer. Prés de 150 variétés de poissons et de crustacés sont produites. La vente à la criée est automatisée depuis les années 60 et une grande partie de la production (thons, sardines et anchois en autre) est négociée en direct avec les mareyeurs venant de toute la France. Le déchargement des poissons sur les quais se fait tous les jours vers 15h avec un trafic impressionnant et des milliers de mouettes qui suivent les bateaux. La flottille compte environ 65 bateaux pour 500 marins et il y a autour des dizaines d’entreprises en lien avec l’activité. La journée d’un marin pêcheur commence dés 3 heures du matin et jusqu’à 15 ou 16 h et ceci 5 jours par semaine. Au retour de la pèche, il faut d’abord trier la marchandise. Ensuite on met les différents poissons dans des bacs selon l’espèce et la taille : soles, rouget, baudroie, loups, daurades, sardines, maquereaux rejoignent ensuite la criée pour y être vendus. Le samedi est destiné à l’entretien des bateaux (filets, les moteurs…). C’est l’occasion pour les pêcheurs de se retrouver entre eux hors du travail si on peut dire.

La pêche au thon est une pêche particulière, ou plutôt une chasse. Pendant des siècles, cette pêche se cantonnait aux cotes françaises mais les progrès actuels font que les bateaux partent maintenant dans toute la méditerranée pour de longues campagnes de pêches. La saison du thon dure de mars à décembre avec un quotas de jours de pêche car le thon rouge est amené à disparaître. C’est une véritable chasse qui est lancée. Les bans de thons sont repérés par avions et ensuite c’est une véritable course poursuite que la flottille des bateaux débutent en espérant prendre plus de thon que son concurrent. Il y a sur chaque bateau le pisteur qui est sur une vigie et qui piste le moindre signe d’un banc de thon (oiseau survolant la zone, ombre, remous de l’eau…). Les thons sont ensuite encerclés par un très grand filet, la senne. Il faut aller vite pour ne pas que les thons s’échappent, parfois plusieurs thoniers s’entraident. Parfois c’est l’échec ou bien un franc succès.

Les navires de croisières :

Sète est une étape pour de nombreux paquebots de croisière. Ces énormes paquebots peuvent mesurer plus de 200 m de long et sont parfois plus hauts que certains immeubles. Il y a aussi des liaisons régulières avec le Magreb et les Baléares.

Des péniches arrivent également du canal du midi ou du canal du Rhône et accostent au port de Sète.

Le port de plaisance :

Le port de plaisance se compose de 480 anneaux mais un total de 1000 places est à l’étude avec l’accueil de bateaux de plus de 18m. Seul port en eaux profondes avec Marseille et Barcelone, le port souhaite développer le coté plaisance et attirer ainsi une clientèle nouvelle

La ville compte aujourd’hui 50 000 habitants.

LES JOUTES :

Les plus anciennes joutes connues remontent en 1270 à Aigues Mortes. Pour la Saint Louis, un tournoi de joutes est organisé dans la ville qui attire de très nombreux spectateurs. Il a lieu le long des quais du canal royal. Pour le vainqueur du tournoi, c’est l’immortalité assurée. Depuis 1666, son nom est gravé sur un pavois qui est exposé au musée Paul Valéry. Les joutes sont une tradition languedocienne datant du XVII°, les premiers tournois eurent lieux en Agde en 1601 pour le duc de Montmorency, puis en 1627 à Frontignan et à Mèze en 1665. Ici les premières joutes eurent lieux le 29 juillet 1666 pour célébrer la fondation du port qui faisait partie des travaux prévus pour le canal du midi. Au XVIII°, les tournois opposaient les célibataires aux hommes mariés. Dans les différents quartiers se formaient des troupes avec à leur tête un capitaine et un lieutenant. Chaque groupe avait un emblème et un drapeau. La couleur des hommes mariés était le rouge, celle des célibataires le bleu. Ces couleurs se trouvent sur leurs barques, lances, pavois et vêtements encore de nos jours. Les tournois sont précédés d’un défilé de jouteurs accompagnés par la musique traditionnelle ou le tambour et le hautbois sont rois. Cette musique accompagne les jouteurs tout le long du tournoi. Une première passe d’honneur ouvre le tournoi. Les jouteurs présentent leurs lances et se serrent la main lorsque les barques se croisent. Ensuite le combat commence. Les deux hommes juchés sur leur tintaine à l’extrémité des barques menés par 8 ou 10 rameurs, protégé par le pavois tentent de se faire tomber à l’eau quand les deux barques se croisent grâce à une lance en bois. Il y a évidemment des règles à respecter. Deux équipages rouges et bleus sont menés par 8 à 10 rameurs au son du tambour et de hautbois. Chaque jouteur se tient en haut de la tintaine muni d’un pavois (sorte de bouclier) et d’une lance de 2.80m terminée par une couronne en acier. A chaque passe, moment où les barques se croisent, le jury accorde un point au jouteur ayant eu l’avantage. Le nombre de passes dépend de la catégorie de poids et du type de final.

La ville compte 6 sociétés de joutes ainsi qu’une école unique en France. Le grand prix de la Saint Louis existe depuis 1743. Aujourd’hui deux quartiers s’opposent : le quartier haut et la pointe courte, chacun ayant sa propre couleur mais aussi aux ventre bleus de Frontignan.

TRADITIONS ET HOMMES CELEBRES

Paul Valéry, Brassens (1921-1981), Manitas de Plata, Jean Vilar, Di Rosa, Combas, Jean Vilar le créateur du festival d’Avignon

Spécialité : tielle à la sétoise, macaronade, moules farcies, bourride de baudroie, rouille de sèche, encornets farcis, zezette de sète.

Plus d’infos sur SETE: www.ville-sete.fr

texte et photo, p hernandez 2008

Categories: L'Hérault

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