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LE CHEVAL BAYARD

II s’agissait d’un mannequin figurant sur un cheval monté par 4 cavaliers armés. Il dissimulait sous sa jupe recouverte de vraie peau, comme pour le Cheval de Troie plusieurs porteurs. Il était sorti pour toutes les fêtes votives, et autour de lui les gentes demoiselles clermontaises, vêtues du costume traditionnel, dansaient les danses lan­guedociennes, en particulier celle des Treilles.

Le nom de BAYARD ou BAIARD donné à ce cheval, continua à être attribué avant guerre par les viticulteurs voulant signifier ainsi leur robustesse mémorisant celui des 4 frères AYMON. Leurs noms étaient : SALLAN, RENAUD, GUICHARD, et RICHARD. Juchés sur le dos de cet animal légendaire, ils se couvrirent de gloi­re au service de CHARLEMAGNE, mais RENAUD ayant occis en duel son neveu, ils durent fuir avec une troupe de 100 cavaliers, poursuivis par une véritable armée, qui les rejoignit dans la forêt des Ardennes. Seuls les frères AYMON survécurent et rejoignirent en Dordogne leur mère Dame AYE. Elle leur conseilla de fuir et de se mettre au service du Duc Yon de Bordeaux pour combattre les Sarrazins. Ils se couvrirent de gloire, leurs exploits vinrent aux oreilles de LOUIS, le fils de CHARLEMAGNE, couronné en 781 Roi d’Aquitaine, enrôlés par LOUIS ils combattirent les Sarrazins, en SEPTIMANIE (1) notre Languedoc. Ils se mirent au service de GUILLAUME (devenu plus tard ST GUILHEM).

La légende voudrait que les 4 Frères AYMON vinrent à CLERMONT. Ils furent accueillis, toujours juchés sur leur cheval BAYARD, le museau pointé vers le ciel hennissait de plaisir en piaf­fant devant les hourras de la foule en liesse et émerveillée. L’histoire de CLERMONT, (parfois controversée du Chanoine JULIEN) vou­draient que les Seigneurs de Guilhem aient eu comme ancêtre un parent de St Guilhem, mais laissons là cette origine et revenons à BAIARD.

De toute façon on retrouve dans de nombreuses localités de notre région cette commémoration avec également les danses du Chevalet et du Poulain, du Chivou de Montpellier que l’on faisait danser ensemble

Au Carnaval on jetait du son, de la farine, des oeufs couvés, on jouait des comédies en patois, on imitait les charlatans.

BAÏARD en vieux provençal «baie brun» a aussi conservé le sens de robuste.

En Juillet 1815, quelques jours après le 8/7 date de la Restauration monarchique de LOUIS XVIII en pleine période post-révolutionnaire, le Roi de France tentait de gouverner, naviguant entre les tenants de l’Ancien Régime et les libéraux (ex-napoléo­niens ou républicains). On sortit le Cheval Bayard, mais un des machinistes caché sous la jupe sorti de son refuge, tira le chapeau d’un libéral notoire qui qualifiait cette sortie de mascarade, ce fut alors une bataille générale et l’on brûla le totem Clermontais.

Ce jour-là Bayard n’était chevauché que par deux grandes pou­pées, que l’on avait pour la circonstance prénommées Georges et Georgettes. Probablement elles représentaient le Duc et la Duchesse d’Orléans.

Quelques personnes voulurent cette renaissance Folklorique, André CHALAGUIER, Philippe MARTIN qui le confectionna, Jacques DELMAS, JL DOMERGUE, Paul MESTRE, Blaise GALLEGO et c’est ainsi que le 27 Février 1988 il refaisait à l’occasion de la quinzaine commerciale sa première sortie après une absence de 173 années, malheureusement elle ne fut renouvelée qu’une autre fois, mais les services municipaux chargés de le mettre à l’abri, négligèrent de le faire et il se détériora. C’est ainsi que le Cheval BAYARD disparut au milieu des décombres et des ordures, triste fin pour cet insigne ancestral de la vie Clermontaise.

Documentation : N° Spécial du Grec 1980 Mémoires de Pierre BLANQUET, Véridique du Mardi 2/9/1823 (Renseignements retrouvés par Claude Achard de Pézenas auteur de la Danse du Chevalet) (Fleuve d’or M. Chauvel 38)

(1) SEPTIMANIE : En souvenir du 7eme territoire de la 7eme légion Romaine qui cou­vrait le territoire de la Narbonnaise, des Pyrénées Orientales, jusqu’en ARLES et AVIGNON. Les vétérans de cette Terne Légion de César qui se couvrirent de gloire furent récompensés par OCTAVE par une donation de terres dans la NARBONNAISE.

Par la suite furent désignés sous le vocable de SEPTIMANIE, les SEPT évêchés dépendant du siège Métropolitain de NARBONNE, à savoir : BE7JERS, CARCASSONNE, AGDE, MAGUELONE. LODEVE et ELNE. Comme vous pouvez le constater ce territoire n’englobe aucunement la Région Languedoc qui a en sus la Lozère et la Catalogne Française.

Reconstitution du cheval Bayard dans les années 80

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