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FETES ET JEUX D’AUTREFOIS

C’était dans les années 30,   nous ne disposions guère de « soldes «  comme on qualifiait les quelques piécettes que nos parents pouvaient nous donner le  Jeudi, jour de vacances ou le dimanche. Piécettes dont la base était un sou ( 5 centimes) ( 1) deux, cinq, dix, au delà c’était le pactole, mais l’ingéniosité de tous ces impécunieux palliait facilement à cette difficulté financières. Rien ne se perd, tout se crée ! Tout ce qui était à notre portée était utilisé, objets,murs,surfaces,crayons. Le sable qui recouvrait nos rues, nos préaux, nos cours de récréation, bordures  de maisons,trottoirs étaient bien utiles pour  y tracer des cadres qui permettaient de jouer à la marelle, surtout pour les filles qui aimaient bien chanter des comptines –  Nous n’irons plus au bois  –   Savez vous planter les choux  – Sur le pont d’Avignon  –  Il était un petit navire  -C’est la mère Michel qui a perdu son chat, J’ai du bon tabac  -Meunier tu dors  – Si tu veux faire mon bonheur, Marguerite donnes moi ton coeur …  , mais ces chants étaient en langue Française qui nous était imposée en cour de récréation,et cela à l’encontre du Languedocien (dit patois) qui était parlé dans les familles avec un  « bémol «  pour les familles espagnoles ,très nombreuses ,ou, à cause de la ressemblance entre l’Espagnol et le Français , on parlait l’une ou l’autre de ses langues, mélangeant souvent les deux avec le patois.

Voici quelques extraits de ces chants:

Un cop y abio un home que fouchava l’Hort,lou caga y escapa, ’aqui negàt :Une fois ily avait un homme qui fauchait son champ,le ca…. lui échappe, le voilà mort, il tire le seau ,le voilà noyé.   

La célèbre chanson des esclops (sabots) « Cinq sous coustèrou,mous esclops,Quand  èrou nous, coustèrou cinq sous(ter)  (Cinq sous coutèrent mes sabots, quand ils étaient neufs ils nous coutèrent cinq sous) .

Digas Janèta   se te vos lougà ,Lariréta ,digas Janèta, se te vos louga ? Larira. (Réponse) Nàni,ma màyre me vole maridà ; Lariréta a Un cop y abio un home, que fouchava l’hort,lou cagà y escapa,véja l’aqui mort,tira lou faràt véja mb un viulounàyre,que me faro dansà, Larira : (Dis Jeanette, si tu veux te louer – c’est à dire  t’embaucher –Larira,Non ma mère je veux me marier, lariréta, avec un violoniste qui me fera danser, Larira

C’est peut être pas très recherché comme vocabulaire, mais la saveur du «   patois » permettait ces licences. La graphie de ces termes Languedociens est celle utilisée par l’ensemble des Languedociens autrefois, ce qui diffère quelque peu avec langue étudiée actuellement sous le nom  « d ‘Occitan »  et qui permet difficilement  de prendre connaissance ou de rééditer des excellents textes que nous ont légués ,en particulier les auteurs du Clermontais, qui ont une saveur  mélangée d’ironie et qui indéniablement font partie du patrimoine qu’ils nous ont légué  qu’il serait bon de redécouvrir ou de  rééditer

 Pour aider les Petits enfant à s’endormir

 SON, SON, SON, ,véni, véni  ,véni , son son son , véni d’enda con,  la son-son son s’es en anada,  à chavàl sus una cabra, tournaro deman mati , A  chavàl sus un ouli

Sommeil, sommeil, viens,viens,viens, il viendra d’un quelconque endroit ; Le sommeil est parti, à cheval sur une chêvre, il reviendra demain matin, à cheval sur un poulain …..

Toujours pour les enfants :   Catéta, Mounéta, manges pas la soupéta, del pichotou,tou ,rou,tou ,tou.Chatte,guenon, ne manges pas la soupe du tout petit, tou rou tou tou.

Edous ? Tu en veux deux ,Ne vos tres ?Tu en veux trois ? Vàlou pas rés :Il ne veulent rien

Ne vos quatre ? Ma màyre me vol bàtre –Tu en veux quatre ? ma mère veut me battre.

Ne vos cinq ? -Tu en veux cinq ? Poil de lapin

Toujours pour les filles, mais parfois avec les garçons on faisait une ronde  avec une personne qui clignait(c’est à dire contrainte  à sortir du rang) pour parcourir le cercle et déposer subrepticement un foulard (ou un mouchoir) derrière celui qui continuerait le jeu

Certaines filles s’enhardissaient à jouer aux jeux plus virils des garçons, elle devenaient l’objet de  réprobation de la part de leurs camarades qui la surnommaient alors « garçonnières »  et qui lui chantaient » garçonnière de Lyon, qui s’en va avec les garçons «   ou garçon manqué.

Les garçons inventaient des multiples jeux, leur imagination n’avait pas de limite, on traçait un cadre dans le sable, ou plutôt la terre, et avec des billes on jouait au football, le Serpentin au rugby, ou l’on creusait des trous qui avait des valeurs différentes et qu’il fallait atteindre en lançant la bille d’un coup de pouce replié  se détendant contre l’index . Ces trous prenaient tour à tour des noms divers, et parfois faute de billes, c’était avec des cailloux, il y  avait aussi le jeu des osselets confectionnés avec des os du pied de mouton ou de porc ;

 Les CLOS  (ou claus)

Il s’agit des noyaux d’abricots, qui sont très durs, plats, oblongs, et qui permettent toutes sortes de jeux d’adresse. Ils revenaient après de longs mois d’hibernation ,cachés dans des greniers ou dans des caves,  il suffisait qu’un des jeunes apparaisse un matin avec son sac, pour qu’aussitôt  tous  abandonnent aussitôt leurs anciens jeux et partent à la recherche de leurs trésors enfouis ou s’en procure en augmentant subitement la consommation d’abricots  Alors une multitude de jeux s’organisait avec comme enjeu ces Clos qui devenaient une nouvelle monnaie d’échange.

Les uns jouaient comme avec des billes, d’autres « déquillaient » des claux posés sur des rebords de fenêtre, bords de trottoirs, d’autres démunis de ce précieux projectile apportaient des cartes postales, des magazines, des images, des petits objets, les coinçaient entre deux petits tas de terre et les  mettaient à ,la «  vente »  ,c’est à dire les acheteurs éventuels devaient les faire tomber en projetant des clos avec plus ou moins de force ou d’adresse, car tous les claux, jetés devenaient la propriété  du vendeur. Il a été évoqué  la brutale irruption du jeu de clos  mais pour d’autres  jeu,  un effet de mode émergeait brusquement sans savoir pourquoi, mais tous abandonnaient leur  ancienne passion pour se lancer  dans d’autres horizons, il y avait les échasses, certains ,les plus nantis les fabriquaient avec des « liteaux de bois », que l’on avait gardé soigneusement depuis la saison des raisins et qui permettaient de caler dans les wagons les corbeilles de raisins à fin  qu’ils ne soient pas pendant le voyage,  d’autres se procuraient des  boites de conserves qu’ils trouaient des deux cotés sur le fond pour y   faire passer une ficelle ou un fil de fer en anse, et les voici partis dans un tintamarre qui réveillait ceux qui faisaient leur « méridienne » (sieste), ne parlons pas des cerceaux  en métal  que l’on poussait avec une baguette terminée par un demi arc de cercle qui permettait de la diriger, que de courses épiques furent organisées ; mais il y avait déjà des trottinettes,maintenant revenues à la mode, mais seuls les « aisés » pouvaient y accéder,  ensuite  leur succédèrent les planches à roulettes ( dites aussi carrioles)  qui permirent de mettre à l’épreuve les futurs concurrents car ils se devaient de fabriquer leur propre engin.

Ingrédients :

La planche rectangulaire ; une barre transversale qui servait de guidon on perçait les deux avec un gros clou qui les traversait et servait de pivot à la roulette centrale devenant directionnelle, les deux roues latérales arrière   clouées dans l’épaisseur de la grande planche.

Les roues en buis vendues par Barral-Aguilhon, puis par la suite ce furent des roulements de billes, mais difficiles à se procurer. Que de belles descentes , celle de l’Église, celle de la Croix Rouge,celles  du Radical, de la Mairie, de la  Persévérance, la plus pentue, celle de la rue Portanelle,qui permettaient de dévaler «  à toute pompe «  et cela sans gêne aucune car les voitures étaient rarissimes ,quant aux charrettes elles n’encombraient ces rues que lors du retour  du travail.

Plus tard, se furent des courses de  côte à bicyclettes( à Clermont  Rue  Portanelle avec  le redoutable tournant en épingle à cheveux et celle de Lieuran-Cabrieres

Il y avait aussi le  jeu de la Pelote, qui se jouait   avec une balle projetée sur  le mur d’une maison sans fenêtre ,l’endroit idéal était (Rue Lamartine, derrière le Collège, aujourd’hui Lycée) En effet Clermont n’avait pas de fronton  comme dans certains villages, mais les parties n’en été pas moins disputées, bien que l’on joua à main nues . Il y avait la balle au camp, qui se jouait à l’intérieur d’un cadre (toujours tracé sur le sol) avec deux équipes partagés par une ligne médiane, il fallait toucher un adversaire  qui se postait sur la ligne centrale, et qui une fois touché était éliminé de son équipe, l’équipe victorieuse était celle qui conservait  son dernier.

En plus puéril c’était le jeu de « Clignette « qui voulait dire « cachette « , celui de  saute-moutons , joué surtout sur la place St Paul mais qui prenait , pour certains , un caractère sportif et acrobatique. Lorsque il faisait bien froid, sous le préau, en récréation, on se groupait , très serré et l’on  criait « QUICHE « des batailles étaient organisées en utilisant comme arme, le cache-nez torsadé  le plus serré possible, à propos de batailles, il y avait une tradition ,ancestrale, semble-t’il c’était les défis  lancés par des groupes de jeunes à d’autre quartiers, le champ de bataille était traditionnellement La Ramasse, le Pioch combattait la Frégere,ou Rougas ,ou la Coutellerie et seul manquait à ce combat singulier la Gare  qui à cause de sa création récente n’avait pas assez de belligérants. Les armes , essentiellement des Landes, arbustes avec des branches bien droites mais peu dures, le combat se terminait sans trop d’horions mais chaque quartier revendiquait la victoire, chacun d’eux avait  parfois des expressions particulières ,c’était ainsi pour Rougas, qui était  fier de cette différence  qu’il revendiquait à l’encontre de son quartier limitrophe «  Le Pioch » mais  qui n’était pas comme le leur « hors les Murs ».Chaque quartier  voulait se distinguer des autres par une originalité bien précise pour celui du Pioch sa fierté c’était son « Petit Radical « celui qui trône sur sa place et sa fête annuelle, considerée comme la plus joyeuse et la plus animée, la Frégere c’était son Usine Lugagne-Delpon, sa Fontaine et la célèbre Persévérance ,le lieu le plus fréquenté par les enfants ClermontaisLa Coutellerie  c’était son Église des pénitents ,(Eglise du Couvent des Dominicains) mais surtout sa place ST PAUL qui permettait en raison du nombre important de cultivateurs l’organisation du plus beau « Feu de la ST Jean » organisé par les autres quartiers mais qui ne pouvait rivaliser en importance et surtout en durée. On amassait un impressionnant bûcher surmonté d’un mannequin et il fallait attendre plusieurs heures pour pouvoir le franchir en sautant. Nous ne saurions oublier tous les jeux  utilisant les objets fabriqués, en particulier le « péta-Carrots « On prenait un morceau de branche de sureau  dans laquelle on enlevait la moelle intérieure de façon à en faire une sarbacane, on confectionnait avec du bois dur une sorte de piston qui permettait le lancement à quelques mètres d’une « micacole ». La détonation assez forte provoquée par l’expulsion avait donné le nom si expressif de  Péta-Carrots, Avec des roseaux on confectionnait un instrument de musique en mettant à chaque bout une feuille de cigarette ( n’oublions pas que Clermont avait une fabrique importante de papiers de cigarettes (Ets VILLARET), d’autres évidaient quelques trous et faisait une sorte d’harmonica  .

Avant la Révolution (celle de 1789) Le 20 Janvier, on fêtait St Fabien et St Sébastien, patrons des Tisserands, dra­piers…, cette fête n’était pas chômée en raison de la proxi­mité du 25 Janvier, jour de la conversion de ST PAUL, patron de notre cité, fête chômée quant à elle avec la (Croustade Clermontaise et le Tourtouillet de St Paul). La veille du jour des Cendres, Mardi Gras c’était le Carnaval, on promenait le mannequin de Sa Majesté accom­pagné de personnages déguisés, en chemise et un cierge à la main qui chantaient sur un ton plaintif les couplets :

Adiu pàure Carnaval, tu t’en vas e y eu demore, Lou Carnaval malàute, Es en dangé de mouri, Es aco de Jan de Croya, Que n’ausa pas à sourti, 0 manjat de trùfas négras, Elas pot pas dirigi…

(Adieu pauvre Carnaval, tu t’en vas et moi je reste, Le Carnaval est malade. II est en danger de mourir, Et voilà que Jean de la Croix n ‘ose pas sortir, il a mangé des truffes noires et ne peut pas les digérer, Adieu pauvre etc…

Les jeunes gens masqués en profitaient pour déposer un baiser sur les joues de jeunes filles, qui souvent attendaient cet instant impatiemment, mais bien galants ils offraient aussi des bonbons et du chocolat.

En 1883, les Mardi et Mercredi Gras, on se jetait des tro­gnons, des cornets de farine, de plâtre, de son… (un nommé Pouriac jeta sur le Colonel du 142° en ligne de LODEVE, un cornet de son, ce dernier porta plainte au Tribunal, il fallut écrire au Président de la République pour lui demander l’in­dulgence).

Les mêmes personnages brûlaient le mannequin sur le Planol (place du Marché) au milieu de lamentations. Le len­demain ils revenaient avec une lanterne à la main pour le chercher dans tous les quartiers en chantant et gémissant.

Le 29 Juin, jour de St Pierre et St Paul, Fête des Drapiers organisée par la Confrérie des Fabricants de Draps, avec droit à un siège au Maître Autel. Ce jour là on procédait à une large distribution de pain, à tous les pauvres de la ville .(1)

Pour la Ste Madeleine, le 22 Juillet c’était la Fête des Jardiniers, précédée par la Bénédiction des Coques, (brioches, cérémonie et ventes ayant continué jusqu’à nos jours).

Le 16 Août, pour la St ROCH, Fête des Cultivateurs, également la Fête des Plâtriers (activité importante à Clermont, en raison des pierres calcaires du Mont Caylus (dit La Ramasse; on peut encore voir des vestiges au Col de Gajo; Route de Nébian, Bd Ledru Rollin…)

Le 25 Octobre, Fête des Cordonniers (fabricants de chaussures) pour la St Crépin (n’oublions pas, que les cor­donniers n’étaient pas les savetiers qui eux les réparaient) .(2)

Dans les années 1900 les femmes s’habillaient en Clermontaises, on dansait la Polka, le Scotiche, la Mazurka, la Valse, il y avait en intermède la Danse des Fleurs, le cava­lier achetait une fleur, il l’offrait à sa cavalière ainsi qu’une consommation.

Par la suite ces fêtes patronales furent remplacées par les fêtes de quartier. La première fut celle du PIOCH, sur la place du Radical, (ex place du Blé), La Rue de la Fontaine de la Ville était éclairée par des «Cadelles» (comme à St Guilhem, c’étaient des lanternes confectionnées avec des coquilles garnies d’huile et d’une mèche) puis vinrent celles des voisins de ROUGAS, la FREGERE, la COUTEL­LERIE, fêtée sur la place devant l’Ecole Publique des Garçons (Jules BALESTIER) et bien plus tard vers 1945 la Fête de la Gare (Place Léon Rouquet), celle du 14 Juillet. On y dansait le Quadrille, l’Escargot avec obligation d’y faire participer tout le monde, et à llh du soir on achevait par la Farandole.

Chaque groupe de jeunes des quartiers sous l’autorité du «CAP DE JOUVEN» (capitaine élu des jeunes), décorait la place, fabriquait un lustre avec un motif nouveau chaque année.

Nous ne saurions oublier le célèbre Feu de la St Jean.

En 1823, le 2/9 nous lisons dans le Véridique N°3349 P/ 4, que pour la St Louis (Drapeaux blancs aux façades), il y eut grand Messe, de prières pour le Roi, suivie dans l’après-midi de divertissements publics, les danses avec le Cheval Bayard, puis dans la soirée des bals publics sur le quai de l’Hôtel de Ville, ensuite le cortège aux flambeaux à la nuit, et le feu d’artifice.

L’on a pu voir cette tradition ancestrale subsister avec les Fêtes du 14 Juillet qui continuent encore aujourd’hui.

En 1922 on ajouta le Bal du 1er Mai, celui des maçons, des employés de la Gare et on y ajouta toutes les fêtes chrétiennes votives.

Nous sommes bien loin de l’esclavage décrit par cer­tains qui supprimèrent toutes ces fêtes ainsi que toutes les corporations après la Révolution de 1789 ainsi que le Dimanche remplacé par le Décadi (tous les 10 jours au lieu de 7 précédemment).

Il y avait également les Charivaris organisés à l’occa­sion des remariages de veufs avec des jouvencelles, des veuves de guerre. On dressait devant sa porte une estrade et le soir, à huit heures, de l’heure ancienne (3), la popula­tion allait assister à la cérémonie. Un tribunal improvisé siégeait avec des juges, en robe. On obligeait les époux à boire du vin blanc dans une corne dorée, à payer une cer­taine somme, et en cas de refus le charivari recommençait les jours suivants, jusqu’à acceptation de l’amende.

Des rimailleurs improvisaient des chansons de circons­tance, souvent grossières, et les enfant tapaient sur casse­roles et chaudrons, tout cela jusqu’à rémission des époux. On chantait

«Ma mouna as pasjés de sén, de préne aquel vièl escou-dent».

«Ma guenon tu n’as pas un bon sens d’épouser ce vieux rabougri».

«Oy qu’acos cruel qu’una jouvepronga un vièl». «Oh que c’est cruel qu’une jeune prenne un vieux».

Farces populaires

La Martelet, on attachait une ficelle au heurtoir d’une porte qui permettait de le faire fonctionner à l’abri du jet du pot de chambre lancé par la victime exaspérée.

Pose de chevilles dans le trou de la serrure, paquet de tabac rempli de crottin de cheval, posé par terre pour appâ­ter un quidam, billet de banque accroché à un fil à coudre, pratiquement invisible, et que l’on tirait au fur et à mesure que l’on tentait de le récupérer…

Pendant la dernière guerre, un groupe de jeunes démé­nagea les tables et chaises de la terrasse du Café Glacier (aujourd’hui Crédit Agricole) pour les installer dans les toilettes souterraines des allées des Soupirs (Mistral). Une autre fois ils tirèrent nuitamment plusieurs charrettes et barrèrent la Rue Nationale. Avec une allumette taillée en biseau, ils coinçaient des sonnettes devenues ainsi bien bruyantes dans la nuit endormie.

Un Premier Avril, le journal annonça que l’on venait de découvrir la coupole manquant au Petit Radical juché sur la fontaine de cette place et qu’on l’avait installée ainsi que les poissons qui la garnissaient, et qu’on allait l’inaugurer avec solennité. Les farceurs l’avaient entourée de carton­nages qui dissimulaient la nouvelle oeuvre d’art, mais per­sonne ne vint faire l’inauguration.

(1) En 1747 les 28 fabricants distribuèrent du pain pour une valeur de 144 livres 16 sols (Diocèse Appolis P/509).

(2) Dynamisme Clermontais 1999, Page 3.

(3) Heure solaire qui dans tous les villages servait de réfé­rence, on l’appelait «Heure Ancienne». Pendant l’occupation,l’avance horaire étant de deux heures, on l’appela alors «Heure Allemande» c’est ainsi que dans certaines localités voisines même l’horloge publique indiquait l’heure solaire, c ‘était une forme de résistance.

LES PETITS METIERS DES FETES

CLERMONT a toujours été renommé pour son attrait a ces jeux, c’est ainsi qu’au dessus du Café du Pavillon (aujourd’hui Société Générale) il y avait là un cercle de Jeux, où les rentiers et riches Clermontais soulageaient leur goût du jeu, évitant ainsi d’aller à Lamalou, ou Palavas avec leurs Casinos. Mais la population avait quant à elle, les «Roulettes dites Biribis» les jours de fêtes. Elles s’installaient (3 ou 4) dans des baraques foraines et attiraient une clientèle importante. Dans les année 1935/36 les jeux d’argent furent inter­dits, c’est alors que l’on installa sur les étagères des lots alimentaires, sucres, huiles, savons, mais ils n’étaient là que pour la forme car personne ne voulaient ce genre de lots, c’est ainsi que l’on voyait les gendarmes, chargés d’appliquer la loi, passer devant les baraques en évitant de regarder à droite ou à gauche les joueurs d’argent pour ne pas avoir à sévir.

Dans les années 1890, les baraques n’existaient pas et c’était au tour de petites tables rondes et démontables que l’on installait les roulettes éclairées à la chandelle. Un quidam surveillaient en sentinelles les gardes à chevaux et donnait l’alarme en criant : «Amoussas Rocou» (Eteignez c’est la Rousse).

Une autre sorte de jeu, celui là en plein air, était destiné aux petits joueurs. On installait sur une petite table, une carte avec des figurines sur laquelle on misait, on choisis­sait un petit tube métallique dans lequel était inséré une petite carte enroulée, qui permettait de gagner de temps en temps. C’est ainsi qu’un de ces tenanciers fut surnommé «Le Tube».

D’autres sortes de loterie avaient lieu toute l’année. Nous avons déjà conté celle qu’organisait un quidam qui avait fait loter son âne, et qui fut gagné par son épouse qui avait eu la chance de tirer le bon numéro.

Plusieurs personnes passaient dans les rues et cafés, avec un cahier sur lequel on inscrivait son nom, en face d’un numéro. On proposait en lot de tout, des jambons, des écrevisses, des langoustes, des champignons, des macreuses, des alouettes, des grives, des lièvres, des lapins de campagne etc : Mais la régularité des tirages étaient préservée car c’était publiquement que l’on tirait le lot, dans un café avec des témoins.

Il y avait, également encore très récemment, des ven­deurs, pour vendre à domicile des poireaux sauvages, des asperges, des champignons, des oeufs de ferme, de la salade de campagne, ( 4).

4) Deux sœurs célibataires vivaient en campagne, non loin des BORIES, une des deux venaient vendre des produits de jardinage sur le marché à Clermont, mais l’harmonie qui régnait entre les deux vieilles filles fut interrompue un jour pour un prétexte futile (de cuisine ou autres), à partir de ce moment là elles cessèrent de se parler. Lorsqu’elles voulaient communiquer entre elles, l’une disait à voix haute, par exemple «il manque du sel, c’est pas assez cuit, la lumière est restée allumée…»

Piquant de la situation elles donnaient dans le même lit, et il en fut ainsi jusqu’au décès de l’une d’elles.

le LOTO

II subsiste encore aujourd’hui, il est le jeu préféré des Languedociens, Le LOTO, c’est toujours très prisé mais nous pouvons signaler quelques dénominations locales données à des numéros, c’est ainsi que :

Le 6 à la queue en haut et le 9 en bas, le 69 ou piste aux étoiles est assez erotique, le 81 pour le nommeur NAVARRO, c’était son régiment, le 2 c’est comme BERLOU qui en avait deux, comme tout le monde sait!, le 4 c’est le fau­teuil, le 7 c’est la manaîda (la hache), le 8 la courge pour la forme, le 13 ma soeur Thérèse, le 14 l’homme fort, le 16 les Pois chiches qui se disent séze en languedocien, le 17 lou désalat (sans ailes comme un perdreau tombant à la chasse), le 19 c’est St Joseph fêté le 19 Mars (parfois c’est aussi le Bouc), le 20 il est sans eau, le 21 c’est le conscrit qui partait au régiment à 21 ans, le 22 c’est les poulettes, c’est à dire les agents dit les poulets, le 25 c’est Noël, le 31 le bien habillé (être sur son 31), le 33 c’est le docteur, le 40 c’est la Marine, la célèbre partie de PAGNOL, le 44 donne droit à une onomatopée Carataca, le 45 la moitié du fourbi, la moitié des 90 numéros, le 90 c’est le Papête (Grand Père) ou bien le Gros Trou, les dizaines sont un Trou, le 68 c’est les événements de 1968, le 74 à CLERMONT c’est la Cuve, c’était le numéro d’une cuve de vin à la Coopérative qui avait été perdue car elle avait été net­toyée avec du GAZ-OIL, les 88 les YOYOS, le 89 la Mamé ou la Révolution,

Maintenant on donne le Numéro du Département comme 34 pour l’Hérault. A vos Quines, à votre carton plein et tant pis s’il ne vous reste que la Consolante mais surtout n’oubliez pas le «Camionnage» qui arrondit la prestation du «Nommaïde» ou le nommeur.

avec l’aimable autorisation de Mr Blaise Gallego

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