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LE CINEMA A CLERMONT L’HERAULT

Lentielectroplastichromomiloserpentegraph à Clermont

Ce premier titre, peu connu, est bien pourtant la première dénomination donné à la nouvelle invention des Frères LUMIERE présentée au Public pour la première fois le 28 Décembre 1895, elle fut remplacée plus tard par CINEMATOGRAPHE ensuite CINEMA, et bien entendu plus tard, par CINE. Les spectateurs du Clermontais pourtant connurent cette première dénomination lorsque les exploitants ambulants qui s’installaient sur la place de la plaine (Place de la République) l’utilisèrent afin de frapper la curiosité des chalands.Malgré la création de salles de cinéma, ces Forains continuèrent de nombreuses années, ils choisissaient des films, mélodramatiques ou contenant des scènes terrifiantes, c’est ainsi que le spectacle donné par les spectateurs avait autant de saveurs que le film (Pellicule Cinématographique) car le réalisme des prises de vue les incitait à avertir les acteurs d’un danger, pousser des soupirs ou crier d’effroi lorsque bondissait au centre de l’écran un lion rugissant ou une locomotive.L’écran parfois tressautait ou se gondolait sous l’effet des bourrasques du vent et déformait les images mais cela ne gênait pas les spectateurs qui par leur participation au spectacle s’y complaisaient volontiers.C’était le spectacle total comme on l’imagine maintenant au Théâtre moderne.

Les débuts du Cinéma à Clermont

Le 14 juin 1911 s’installe le premier Cinéma à Clermont, rue J.J.Rousseau, maison Lugagne-Delpon, probablement entrée dans l’impasse du même nom, que l’on appelait le «Traou de Battut» et sur la terras­se arrière du Café National ou Cercle des palmiers, aujourd’hui l’immeuble Salasc, rue Nationale.C’était le Cinéma PATHE FRERES, il était dirigé par Mr Pailhous, qui commençait une carrière d’exploitant assez longue, le 14 Décembre 1912, il s’installe dans la cour du même café qui appartenait à Mr Carailles (ce dernier devenant par la suite exploitant lui-même). Les spectateurs avaient deux entrées, une Rue Nationale pour accéder aux balcons, et l’autre dans l’impasse pour le «parterre». Le Dimanche on pouvait y danser durant l’entracte avec la collaboration de l’accordéoniste Aimé Geysse. Puis ce fut le déménagement Rue Lamartine offrant ainsi le confort d’une salle couverte.Presque conjointement au Cinéma Paihous (ou Pathé) s’installe sur le Plan Mignon (la partie arrière de la Place de la République) le Cinéma-Théâtre Enjalbert qui l’année suivante émigre sur l’autre partie de la même place, que les vieux Clermontais s’obstinaient à appeler de son nom moyenâgeux de la Plaine.

Premières Actualités Clermontaises

Nos recherches nous ont fait faire une découverte surprenante, le 24 Décembre 191 3 (à 8H30 du soir) les nombreux spectateurs venus assister à la Séance de Gala «Les Surprises du divorce» Comédie en deux parties, purent voir des vues de la ville de Clermont, le concert donné par la Musique Indépendante le Dimanche 14, ainsi que le Tour de Paris pédestre où s’était illustré le Clermontais Etienne COUTURIER.Le succès rencontré les fit récidiver le 3 I Décembre en donnant en supplément au «Siège de Calais» le championnat Cycliste de l’Hérault organisé par E. COUTURIER et filmé par ENJALBERT le 25 Décembre 1913.

 Sonorisation du Cinéma muet

Jusqu’à l’apparition du film parlant les films étaient accompagnés par de la musique, la plupart du temps  interprétée par un ou une pianiste qui devait suivre attentivement le déroulement de l’action sur l’écran pour développer des arpèges en conséquence. Pour les grands films les distributeurs fournissaient des thèmes musi caux à suivre, mais il appartenait aux musiciens de suppléer pour tous les autres. Les dernières pianistes Clermontaises furent Mme Albert Guerre et Mme Léotard.

 Le cinéma se met à l’abri des intempéries

En 1922 Deux établissements sont installés au Bd Gambetta.Le Cinéma Carailles quitte le Café National (Cercle des palmiers) pour s’installer au 40 Bd Gambetta, (aujourd’hui Maison Guibal). Le premier film parlant, en 1932, projeté fut «La Ronde des Heures» avec le célèbre Ténor et comédien André Baujé. Plus tard le hall d’entrée de cette salle fut utilisée en 1930 comme Ecole Maternelle provisoire pendant l’aménagement de celle de la Rue Lamartine, en 1945, elle fut utilisée comme Salle du Peuple.

Le cinéma Pathé (de Mr Pailhous) qui s’était installé lui aussi Bd Gambetta au n° 18, devient en 1922 le Cinéma Clermontais, et en 1925, Cinéma Luna-Park où a été projeté le premier film parlant «LE ROSIER» de Mme HUSSON avec Michel SIMON. Il avait fait aménager une salle de Bal dans sa cour arrière, aujourd’hui Crédit Agricole et Bâtiment de Telecom, qui eut un très grand succès  En été on utilisait la même cabine de projection de la salle du Bd Gambetta (partie arrière) en disposant de l’autre appareil on donnait en soirée une séance en plein air qui eut une très forte assistance. Une particularité assez curieuse était que son écran était visible du quai du Rhonel «CARNOT», par transparence les passants ou autres pouvaient suivre le déroulement du film avec des images à l’envers mais avec un son très audible, il se dît même que de jeunes «impécunieux» et agiles, descendaient dans le lit du Rhônel, grimpaient le mur d’enceinte et se faufilaient dans l’obscurité en passant sous l’écran et cela sous le regard impassible de l’agent de ville présent mais plein de mansuétude pour ces «resquilleurs» qu’il savait incapables d’acquitter le prix d’entrée.

 Cinéma de la Persévérance

En 1834 une association Catholique aménage une salle au bord de Rhônel (aujourd’hui Amitié 5) pour assurer l’accueil des jeunes communiants des deux sexes. On y installe un patronage, une salle de gymnastique ainsi qu’une salle de Théâtre, en 1929 on y ajoute une cabine de projection qui passait des films muets, prati­quement tous les jeunes Clermontais de cette époque assistaient Dimanche et jours de fêtes à ces séances pit­toresques .Cette salle avait une particularité curieuse qui intriguait tous ces jeunes, c’était son accès qui passait par un tunnel qui partait de la Rue Frégére (Place Gontier aujourd’hui) et débouchait sur la cour de la Persévérance après un parcours en pente douce descendu en courant au milieu de cris joyeux. Avant que j’on aménage cette place, il y avait sur le même lieu plusieurs maisons, une d’elles avait plusieurs étages en encorbellement sur l’ancienne porte voûtée qui arrivait à la passerelle du Rhonel qui en 1927 fut remplacée par le Pont du Génie.Un glissement de terrain de cette partie de la Frégére contraignit la commune à évacuer les maisons qui furent rasées, malheureusement cette porte disparut également Mais revenons au Cinéma de la Persévérance où ses séances étaient agrémentées de nombreux entractes, car le dévoué projectionniste avec un unique projecteur était contraint de s’arrêter toutes les dix minutes pour permettre l’enroulement de la bobine projetée et en remettre une autre. Nous disons agrémentées car c’était l’occasion de se défouler dans l’exubérance juvénile, qui donnait une atmosphère de bonne humeur qui nous a tous marqué et s’est inscrite profondément dans nos mémoires. A la sortie du cinéma, beau­coup se précipitaient à la petite épicerie du haut de la Frégére, Mme Boudou-Gallenc, et qui offrait toutes sortes de bonbons, en vrac, conservés dans des grands bocaux et qui par leur diversité faisaient notre régal, sans comp­ter les bâtons de réglisse, les écus en réglisse noire et sur lesquels étaient imprimés la pièce d’écu, le coco, soit en tout petit boîtillon, soit un tube que l’on aspirait, on aspirait aussi la «Biberine» avec un tube en réglisse introduit dans un sachet de poudre de confiserie, le « tortoza » puis succéda la Pâte à mâcher qui par la suite fut connue sous un nouveau nom «chewing-gum» on y trouvait également divers biscuits secs vendus en vrac comme la plus grande majorité des autres denrées.Nous ne voudrions pas passer sous silence une activité d’un couple Clermontais, les époux Calas qui ont amené le cinéma dans les villages voisins dépourvus de salles. Ils habitaient Rue Coutellerie, installaient sur une remorque leur appareil mobile de projection, tiré, d’abord par une bicyclette et plus tard par une motocyclette, eux aussi offraient un spectacle savoureux et pittoresque, car dans les montées l’épouse descendait du petit reposoir ins­tallé derrière la remorque et dans les descentes ou sur le plat y remontait.

Le Cinéma parlant et modernisé

Depuis cette époque, bien des transformations ont apporté des perfectionnements et de nouvelles adaptations de cette extraordi­naire invention des Frères LUMIERE, certaines, telles l’écran total sont réservées à des salles spécialisées, mais la couleur, le cinémascope sont maintenant généralisés. On a maintenant des multi-salles qui sont gérées parfois par un seul opérateur; alors que dans les temps que nous venons d’évoquer, il fallait pour le moins deux opérateurs pour une seule salle. Le contenu des films a beaucoup évolué depuis cette époque, les nudités étaient proscrites et la brève apparition dans «Lucréce Borgia» de la nudité d’Edwige Feuillère, fit scandale et aujourd’hui les scènes de copulation sont monnaie courante et n’apportent aucune nécessité pour la compréhension du scénario. C’est ainsi qu’un célèbre metteur en scène confie : lorsque les spectateurs voient deux personnes de sexe différents entrer dans une chambre après s’être embrassés, il n’est pas nécessaire de montrer leurs ébats dans cette chambre pour faire comprendre ce qu’ils peuvent y faire.

Cinéma LUNA PARK

Après la fermeture du Cinéma Carailles, le Cinéma PATHE de Mr Pailhous est cédé, en tant qu’exploitant du Cinéma, en salle et plein air, à Mme Balestier en 1935, qui l’exploita sous le nom de Cinéma Luna Park. C’était un monopole à Clermont jusqu’en 1939 lorsque Mr Feminia créa dans les anciens entrepôts du Négociant en vins Gaston Cranier , le Cinéma REX qui rencontra aussitôt un succès populaire étonnant car en plus des actualités, du documentaire et du film, il y avait souvent pendant l’entracte des numéros d’artistes sur l’estrade installé devant l’écran. Et c’est ainsi que Georges GUETARY, débutant à cette époque y vint chanter en 1942, mais fut suivi de biens autres artistes. En décembre 1940, ce fut Mr Sauzedde qui assura la gestion jusqu’en Mai 1946. A cette date le Cinéma fut acheté par Mr Pucharal et Ayot . En 1964 Gérard BONY assura la gestion du REX, en 1966 il assura conjoin­tement celle du Luna Park mais dut cesser les deux activités en 1968, car la concurrence de la télévision fit déserter les salles de Cinéma. Le REX se transforma en dancing et maintient son activité de 1969 à 1972 sous le nom du Vérone. La municipalité achète le local et le transforme en salle municipale, d’abord sous le nom de Léon BLUM, et ensuite en  salle George Brassens, son nom actuel.

Le cinéma  » LE FRANCAIS »

En 1970, adossé au cinéma REX, dans   l’autre partie de l’ex entrepôt Granier, Mr et Mme OBRY aménagent le cinéma LE FRANÇAIS. Nous disons adossé, car les deux salles n’étaient séparées que par un mur ce qui fait que lorsque le son de ce nouveau cinéma était trop fort, il était perçu par les spectateurs du REX, ce qui occasionnait quelques désagréments, et vice versa Le FRANÇAIS, à son tour victime de la désaffectation des «salles  obscures», cesse   son activité en 1978. La municipalité le rachète  et confie à THERESE LONNE la direction de l’office culturel clermontais à qui est donné l’exploitation du cinéma, dans une salle rénovée : 285 fauteuils, un bel écran, un choix de films très récent, films réputes difficiles pour un public averti, mais également des films populaires qui enfin peut avoir précédemment les films les plus récents, avaient un minimum d’un an d’ancienneté. Le succèe de cette salle se maintien encore aujourd’hui car c’est la seule dans un rayon de 15 KMS. Paradoxe, il arrive que le cinéma présente des films en avant première ou le jour de leur sortie nationale (et ceci à des tarifs moins onéreux que les grands multiplexes des grandes villes.) Aujourd’hui le cinéma s’appelle le cinéma Alain Resnais et propose des séances quotidienne toute l’année.

Sources : archives personnelles, « le Troubadour 1920-1922 »

 

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