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L’HUILERIE COOPERATIVE DE CLERMONT L’HERAULT

L’olivier, un arbre millénaire aux accents de la méditerranée.

Arbre mythique, symbole de paix et de prospérité, l’olivier est une espèce privilégiée dans le paysage méditerranéen. L’oléiculture plonge ses racines dans la Préhistoire, l’Antiquité grecque et romaine. L’olivier connaît une production irrégulière avec de nombreux aléas. Périodiquement le gel décime les vergers qu’il faut replanter. Après le gel de 1956, qui a provoqué la fermeture de presque tous les moulins, s’est amorcé un mouvement de renaissance de l’oléiculture avec 3 objectifs principaux: son développement, l’amélioration de la qualité de la production et la médiatisation. Aujourd’hui les olivettes (vergers à oliviers) renaissent plus nombreux d’années en années et le paysage s’éclaire à nouveau de leurs éclats argentés. Cette relance n’est pas seulement synonyme de production économique, mais aussi de beauté et d’environnement. Elle est aussi porteuse d’identité et d’histoire.

L’Huilerie coopérative de Clermont l’Hérault:
Elle fut fondée en 1921 par Augustin PAGES  qui déçu par le peu d’huile que lui rapportaient ses olives, a décidé avec l’aide d’autres propriétaires d’oliviers, de mettre sur pied une huilerie coopérative moderne. Les médailles d’or récoltées chaque année depuis 1994 au concours général du salon de l’agriculture de Paris, prouvent que la région produit aujourd’hui l’une des meilleures huile d’olive d’Europe. Cet effort de qualité, reconnu par tous, favorise la reconquête spatiale: de moins de 600 en 1980, le nombre d’adhérents de la coopérative clermontaise avoisine désormais les 3500! Un record qui fait d’elle une des plus importantes caves oléicoles de France. L’huilerie possède une boutique ou l’on trouve une multitude de produits divers fabriqués avec des olives (savons, gel douche, sel de bains, tapenade etc …) La « maison de l’olivier » est un petit musée qui évoque les différentes techniques de fabrication de l’huile d’olive ainsi que la culture de l’olivier. La boutique fait le bonheur des touristes en été qui rapportent divers souvenirs dans leurs pays. La période de fabrication de l’huile d’olive à lieu en novembre, décembre. C’est à ce moment la que l’huilerie fonctionne à plein régime.

HISTOIRE DE L’HUILERIE COOPÉRATIVE DE CLERMONT L’HÉRAULT

 Auguste Pagès au début des années 20 possédaient quelques oliviers et voulait profiter du fruit de ceux-ci. Il apporta sa récolte à un moulinier clermontais et il pensait obtenir un rendement suffisant pour avoir de l’huile d’olive toute l’année. Malheureusement sa récolte était insuffisante et il ne reçut que 8 litres d’huile pour 20 kgs d’olives ! C’est à partir de cette déconvenue que lui vint l’idée de créer une coopérative oléicole. La première assemblée préparatoire à la création de l’huilerie eut lieu le 4 janvier 1920 dans la salle du premier étage du café « Glacier » ou assistèrent environ 10 propriétaires. Le 28 avril, une assemblée générale constitutive nomma le conseil d’administration qui élit Jules Verny comme premier président. L’architecte choisi pour la construction du moulin fut Martin Alphonse. Le terrain fut acheté à Mr Pastre et les travaux furent exécutés par Mr Lucher de Montpellier. Le matériel de marque Coq (broyeur, presse et séparateur) a était installé en 1921. Un moteur à essence très bruyant permettait de faire fonctionner les installations. L’huile était conservée dans 5 cuves en ciment munies de verre à l’intérieur. L’huilerie fuse mise en route en décembre 1921 et elle fut victime de son sucées car sa capacité était de 100 tonnes et elle en  reçu 200 ! Elle traita en 1933 190 000 kgs d’olives. L’huilerie  compta dans les années 20-30 jusqu’à 3000 adhérents venant de tout le département (aujourd’hui elle en compte environs 4000). Jusqu’en 1956, l’huilerie traitera en moyenne 500 tonnes d’olives par an avec en 1956, année du gel des oliviers, 1300 tonnes ; en 1962, 120 tonnes. En 1926 Lucien Réynes sera élu président jusqu’à son décès en 1950. En 1929, on investit dans de nouvelles machines et on construisit un hangar attenant à l’huilerie. L’électricité fit son apparition cette même année. Les investissements se poursuivirent en 1932, 1940, 1947 (broyeurs, cuves, moteur diesel…). En 1951, Mr Rodier architecte établit les plans d’agrandissement de l’huilerie actuelle. En 1952 le président Mr Reynes et Mr Vailhé se rendent en Algérie voir comment fonctionne une presse continue de l’usine Blachère. Cette machine sera ramené à Clermont et fonctionnera pendant 8 ans mais la machine connaissait beaucoup de problèmes et en 1961 elle fut renvoyée. L’huilerie fut équipée jusqu’en 1963 de presses hydrauliques et le stockage se faisait dans des cuves vitrifiées. Fin 1961 un voyage d’étude en Espagne est organisé par les instances nationales de l’Oléiculture. Des clermontais vont en faire partis : Mr Planas le président et Mr Hugounenc. Ils découvrent durant ce séjour une machine d’origine italienne de marque SIMA. Cette installation  est mise en place pour la première fois en France à Clermont en 1962. Ce système perfectionna le traitement de olives et la fabrication de l’huile. Depuis 1963 l’huilerie est devenue une des plus moderne de France grâce à un nouvel équipement. L’appareillage SIMA est composé d’une seule machine qui exerce toutes les étapes ou presque de la fabrication de l’huile.

Actuellement la coopérative produit 1200 tonnes d’huiles d’olives et on prévoit le double d’ici 2010. Un nouveau moulin est en construction car l’ancien était devenu trop petit et il ne correspond plus aux normes européennes et aux normes actuelles de sécurité. L’architecte du nouveau moulin est André Carla. Le moulin se situera à coté du stade de l’Estagnol sur le site de Peyre Plantade et ouvrira fin 2006. Sa surface sera de 1200 m2 entouré d’un terrain de 15 000 m2 ou sera planté un vergé élaboré avec des scientifiques. Les bâtiments actuels, avenue Wilson, resteront consacré à la vente mais la surface de vente sera doublé. Le coût de ce nouveau moulin sera d’environ 1,3 millions d’euros.

Les différents présidents :

Le premier fut Jules Verny, 1926 : Lucien Reynes, 1950 : Ernest Reynes, 1954 : Benjamin Ferrieu, 1958 : Michel Planas (…) 1975-1987 : Joseph Blanc, 1987-1997 : Michel Brengues, 1997 : André Ponce puis Hélène Pagès.

 HISTOIRE LOCALE DE L’OLÉICULTURE :

L’olivier dans notre région est présent depuis  des milliers d’années. A l’époque romaine, la culture de l’olivier était importante et la province de la Narbonnaise était une grosse productrice d’huile qui était exporté jusqu’à Rome. Par la suite la culture de l’olivier déclina et ne connu qu’une nouvelle expansion au XVI° siècle. D’après un ouvrage de E.Appolis en 1598 il y avait sur notre territoire plus d’oliviers que de vignes avec 524 hectares d’oliviers et les olivettes recouvraient en 1627 33% du territoire de Ceyras , 23% de celui de Saint Jean de Fos et 22% de celui de Nébian. En ce qui concerne Nébian, les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem auraient possédé 17 000 oliviers. A Clermont il y avait 439 hectares d’oliviers en 1627. Les olivettes étaient supérieures aux vignes à Ceyras, Saint André, Nébian, Jonquières et Clermont. Au XVII°siècle le seigneur de la ville percevait un droit en tant que seigneur sur la vente de l’huile d’olive provenant de sa seigneurie. En 1674 l’huile clermontaise se vendait à Toulouse, Albi, Bordeaux… En 1705 il y avait 420 hectares d’oliviers pour 97 ha de vignes. L’hiver 1709 causera de nombreux dégâts aux oliviers. A Clermont l’huile arrivait en tête des récoltes avant le vin comme à Saint Jean de Fos et Montpeyroux. Les oliviers de Clermont étaient d’une espèce plus délicate que dans les autres terroirs mais ils donnaient une huile excellente (cf E Appolis). L’hiver 1714 tua beaucoup d’oliviers. Des indemnités royales de 9945 livres furent accordées à Clermont En 1737, les 2/3 de l’huile se vendaient aux fabricants de draps qui l’utilisait pour l’assouplissement des étoffes. En 1744, 2/3 de la production d’huile est exportée. Le 10 décembre 1741, le Maire de Clermont déclare que « De tout temps l’huile de Clermont a été la meilleure ». Il existe à Clermont une rue de l’ancien marché à l’huile. Les oliviers gèleront durant l’hiver 1788-1789. A cette époque l’huile se vendait dans les Cevennes, le Rouergue et s’exportait à l’étranger par le port de Sète. En 1896 existaient plusieurs moulins à Clermont qui appartenaient à Mrs Trinquier, Maistre, Rabié, Delpon. Au début du XIX° siècle, l’Hérault comptait 240 moulins mais dans au début du XX° siècle il n’en restait que 60, ceci du à l’essor de la viticulture et du chemin de fer. Le gel de 1956 sera dévastateur pour les oliviers français. Sur 24 millions d’arbres, seuls 8 millions survivront. Dans l’Hérault avant 1956, il y avait 7 coopératives et 12 moulins et après il ne restera que l’Huilerie Coopérative de Clermont qui traitera les olives de tout le département.

La France de nos jours consomme 90 000 tonnes d’huile d’olives mais n’en produit que 5000 tonnes (20 000 oléiculteurs), le reste venant en grande partie d’Espagne et d’Italie. Il y a sur notre territoire environ 25 000 hectares d’oliveraies dont 20% dans notre région. Le Languedoc est la première région française pour la production d’olives de tables avec 800 tonnes par an soit 45% de la production nationale. Elle est la deuxième région pour la production d’huile avec 800 tonnes (18% de la production nationale). Ces chiffres ne vont cesser de croître dans les années à venir car beaucoup de viticulteurs se tournent vers l’oléiculture soit en complément des vignes soit en culture unique. Un label AOC permettrait la reconnaissance nationale de notre huile.

 Sources :

Joseph Couffinhal « Lodève, la mémoire d’une ville 1830 1960 » 1992

Adolphe Crémieux « La vie politique et  économique à Clermont l’Hérault au XVII°siècle » éditée chez Causse Graille Castelnau 1939

Midi Libre : 5 janvier 2006, 29 mars 2006

Bulletin municipal : 1963,1971

 LES ETAPES DE LA FABRICATION DE L’HUILE D’OLIVE

L’olive verte est utilisée pour la confiserie. L’olive noire va servir à la fabrication de l’huile. L’olive noire est amenée au moulin. La meule va rouler sur les olives étalées. Elle va les écrasé et les royer. Ensuite la pâte formée avec ses olives est positionnée sur des couffins plats de formes arrondies en fibres végétales. Ces couffins sont empilés au pressoir. Sous la pression, l’huile vierge coule grasse et possède des impuretés. On met de l’eau bouillante sur les couffins et l’huile va couler plus abondamment, le mélange eau huile va tomber dans un grand bidon et on le laisse reposer. L’huile va surnager et il suffit de le retirer délicatement.

 Adresse:

13 avenue Wilson

34800 Clermont l’Hérault

04 67 96 10 36 fax 04 67 96 00 95

 www.olidoc.fr

L’OLIVIER CHEZ NOUS


Crée en 1920, l’Huilerie coopérative de CLERMONT  L ‘HERAULT, prenait la suite des nombreux maillons  de la longue chaîne qui, à travers les siècles atteste notre appartenance au monde oléicole méditerranéen que les rebords du Larzac limitent.

«Là où l’Olivier renonce, finit la Méditerranée» écrivait G. Duhamel

Rapide survol historique

Les systèmes modernes de datation et d’identification géné­tique ont montré que la présence de l’olivier est prouvée ici depuis plusieurs dizaines de milliers d’années. L’occupation romaine, permet au verger de la province Narbonnaise, de pros­pérer grâce entre autre à la «Pax Romana» qui assure la péren­nité de la culture et contribue à satisfaire les importants besoins de Rome. La chute de l’empire et les invasions barbares contri­buent au déclin de l’olivier qui n’est plus guère évoqué dans les écrits du Moyen Age ( I ),mais dès le XVI°s le développement démographique entraîne l’extension du verger. (2). Au début du XIX°s notre département compte 240 mou­lins, seulement 60 au début du 20°s.De multiples raisons, parmi lesquelles : l’irruption des oléagi­neux tropicaux issus des colonies, arrivée du chemin de fer qui permet l’expédition du vin à grande échelle expliquent ce déclin.

Pourtant malgré les gels sévères et successifs, celui de 1 956 en particulier, l’olivier se maintient chez nous parce que «l’arbre ne meurt que si l’homme le tue» mais aussi et peut-être surtout par la place que l’arbre occupe dans la mémoire collective et le paysage affectif des gens d’ici.

Le verger français passe de de 24 millions d’arbres à millions, des 7 coopératives et 1 2 moulins privés de l’Hérault, seules les meules de l’Huilerie Coopérative de CLERMONT l’Hit continueront de tourner avec une voca­tion départementale.

Aujourd’hui, les acquis scientifiques de la médecine confor­tent les pratiques alimentaires millénaires des pays méditerra­néens et les bienfaits de l’huile d’olive dans de multiples domaines : prévention des maladies cardio-vasculaires, ossification du jeune enfant, soins de la peau, sécrétions biliaires…

La consommation nationale se situe autour de 80000 tonnes annuelles pour une production voisine de 4000 tonnes. L’Espagne et l’Italie grâce à des conditions très favorables, climat, dimension des structures foncières, contextes sociaux, amortis­sements plus rapides des matériels, se révèlent de redoutables concurrents.

Pour «jouer dans la cour des grands» les oléiculteurs français savent qu’ils doivent faire porter leurs efforts sur la qualité, la spécificité de leurs terroirs, les variétés locales, le savoir faire autant de critères que l’obtention des appellations d’origine contrôlée peut garantir. C’est un des objectifs du Syndicat des Producteurs d’Olives dont le siège est à GIGNAC.

Ces dernières années la Communauté Européenne, le ministère de l’agriculture, la Région ont accordé des aides afin de moderniser les vergers.

En parcourant nos garrigues on peut imaginer la place de l’olivier dans le paysage agricole d’autrefois.

 Au dessus de chaque murette à demie éboulée vous découvrirez très souvent quelques troncs d’oliviers crucifiés par le froid, le gel ou l’abandon. Encore vivants, ils lancent vers le ciel leurs rameaux argentés par dessus la végétation spontanée des chênes verts ou des laurier tins. C’est peut-être pour tout ce qu’ils représentent d’efforts, de savoir faire, d’obstination, qu’au milieu des constructions nouvelles, les hommes et les femmes de chez nous souhaitent la présence des oliviers. Leur murmure dans le vent raconte la vie de ceux qui nous ont précédé…

Michel BRENGUES

( 1) Dans le carulaire de Lodève. on mentionne en 1276une dîme sur le foin et l’huile d’olive au profit du chapitre de la Communauté.

(2) A Gignac E. LEROYLADURIE dans son étude sur «Les paysans
du Languedoc» relève qu ‘en 1596, à Gignac la superficie des vergers
d’oliviers représentait 34% des parcelles, l’arbre étant par ailleurs
associé au blé dans 36% des autres parcelles.

(3) En 1598 A.Crémieux «La vie économique à Clermont l’Hit» les
parcelles de terrain plantés en oliviers seuls ou accompagnés d’autres
cultures représentaient au total 2 O98 sétérées soit 524Ha. En 17O5
selon le même auteur les oliviers couvrent à Clermont 42O Ha et la
vigne 97 Ha.

 

L’huilerie coopérative de Clermont créée en 1922

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