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CLERMONT VILLE MARCHANDE

Cette appellation peut paraître péjorative. Certains pourraient n’y voir que le côté lucratif et mercantile, en contradiction avec les qualifications qui caractérisent les autres activités considérées plus dignes ou méritoires, comme par exemple le civisme, le social, l’éducatif, les arts, etc…

Pourtant, en réfléchissant aux raisons qui ont justifié cette dénomination ancestrale, nous pouvons constater que cette activité de la société était absolument nécessaire puis­qu’elle est la base de l’humanisation des rapports entre les personnes qui ne pouvaient se satisfaire uniquement des échanges et des trocs, ces derniers trouvant rapidement leur insuffisance.

C’est ainsi qu’avec l’apparition de la monnaie {symbole d’échange) se créèrent « Les Marchands » (1) qui permi­rent des rapports indispensables et en définitive satisfaisants pour les producteurs agricoles, les artisans, les industriels, les banquiers… Tous y trouvèrent une neutralité de bon aloi qui assouplissait les antagonismes.

La concurrence entre ces « Marchands » était un atout supplémentaire pour les producteurs qui, pour éviter des abus d’entente ou de monopole, faisaient intervenir les corps constitués, congrégations, communes, tribunaux, lois, édits, règlements.

Mais nous nous sommes éloignés du titre de notre chro­nique qui ne veut que souligner l’aspect « historique » de CLERMONT VILLE MARCHANDE

Pourquoi ce qualificatif ? C’est la découverte de la pre­mière mention officielle ou officieuse de CLERMONT sur le Cartulaire de GELLONE (2) en 1149 où il est écrit : MERCATORUM CLARAMONTENSIUM dans l’expression « Via publica mercatorum Claramontensium ad Gignac » textuellement «Voie Publique des marchands allant de Clermont à Gignac » .

Clermont était, au moins depuis l’occupation romaine, un carrefour de diverses voies de communication (3).

Cette disposition était naturelle, Clermont étant adossé à des massifs montagneux et à l’orée d’une très vaste plaine agricole fertile. Cet emplacement en faisait un important nœud de communication entre le Rhône et la Garonne. Les chemins saliniers et les voies descendaient du centre vers la Mer Méditerranée. Il y avait en outre sur son territoire deux cours d’eaux importants, la Lergue et l’Hérault, qui contrai­gnaient à tracer des voies riveraines pour éviter la construc­tion de ponts en se contentant de n’utiliser que les gués.

Ce carrefour est d’ailleurs toujours visible au Carrefour de l’Europe, autrefois Peyre Plantade (pierre plantée), qui était surnommée Quille des Cinq Garnis (4).

Cette particularité de point de rencontre est soulignée dans les divers cadastres environnants par la dénomination des nombreux chemins partant ou rejoignant Clermont : à Clermont chemin de St Gervais, à Lunas chemin de Clermont, à Madieres « Camin ferrât de Clermont », à Aniane son terroir du Clermountés, mais également à La Vacquerie, Alignan du Vent ou à Belarga.

Les producteurs de tous ces lieux environnants avaient besoin de vendre le fruit de leur travail, agricole en priorité, mais également leurs productions artisanales, et devaient en échange se procurer d’autres denrées, objets, fabrications que les Clermontais très industrieux produisaient dans leurs poteries, tanneries, mégisseries, draperies, tissages ou chapelleries. Certaines de ses activités prirent un certain temps un caractère industriel important, parvenant même à une production de dimension nationale et internationale, comme ce fut le cas pour les draperies, tanneries, limousines, chapelleries…….

Le témoignage de ces activités marchandes intra-muros est lisible dans l’ancien cadastre de CLERMONT, avec les dénominations des rues, places et placettes :

Ancien Marché à Huile, Place des Bœufs, Marché de la Laine, Marché de la Viande, du Poisson, des Cuirs, des Blés, de « Las cars saladas » (chairs salées ou charcuterie).. .(5)L’accroissement des offres et des demandes incita les Clermontais à agrandir la surface d’échange hors des murs d’enceinte, à cause surtout du marché des animaux qui atteignait un chiffre d’affaires important.(6)                    •

(I)  La première qualification du commerçant fut « routier ». Il partait sur les routes chercher les produits à acheter et les vendait, mais le mot «marchant » devenu ensuite marchand est plus conforme à sa mobilité. En découlent alors le « marché » pour lieu de vente et d’achat, et toutes les autres déclinaisons verbales telles marchandises, marchander, marchandeur, mais aussi routard, routiers, routage…

(2)  Le Cartulaire de Gellone. Marchés d’autrefois, Voies marchandes
(Gaston Combamous )

(3)  L’habitat romain occupait une place importante dans cette plaine, comme en attestent les découvertes des fouilles archéologiques antérieures et actuelles qui couvrent un espace de 40 hectares, avec les tènements de l’Estagnol, Pierre Plantade. la Villette, Le Canourgue. Madeleine de Sarac, colline de Gorjo

(4)  Le poète PEYROTTES dans son célèbre Tioulat Paternel cite la Quille des cinq camis (Cinq chemins)

(5)  Les mercuriales de 1922, tout au moins celles recensées sur 9 mois et notées sur le «Troubadour », périodique clermontais, indiquent :

Total 18 bœufs, 332 vaches, 86 veaux, 9972 moutons, 1415 cochons, 40 chevaux, 393 chèvres, 1465 agneaux, 15 ânes, 203 chevaux, 14 mulets soit 13 928 têtes de bétail, chiffre qui ne tient pas compte des volailles, lapins, gibiers et oiseaux. En ajoutant les 3 mois manquants et les Quatre foires annuelles (les premiers lundi de Janvier, Avril, Juillet et Octobre) nous arrivons à un chiffre total de plus de 20 000 têtes de bétail.

(6) Sur les onze places de marchés mentionnées au XVII siècle, une seule était couverte, située sur l’emplacement actuel de la place du Radical. La Halle fut construite en 1766 par J.P BALDY maître maçon de Clermont et fut démolie en 1787 pour la création de la place. Son toit était couvert de tuiles plates vernissées (probablement style de St Jean de Fos). (Clermont-l’Hérault et son canton 2° trimestre 1988 Imprimerie Maury Millau)

   LE MARCHÉ AUX RAISINS

Ce marché a également occupé une bonne partie de nos espaces urbains, Quai Cot, Allées Mistral (des soupirs) et Place de la Gare. Il débuta doucement, prit bien vite un essor énor­me, au point que CLERMONT devint réellement la CAPITA­LE DU RAISIN DE TABLE, dénomination qu’elle conserva longtemps. (1)

En 1930, sous l’impulsion de messieurs BOUCHET DE BERNARD et FERRIAU se créa le premier marché aux rai­sins. Depuis quelques temps Clermont bénéficiait d’une gare de marchandises importante qui permettait de faire parvenir les fruits aux grands centres urbains nationaux dans le court délai d’une seule nuit.

Des expéditeurs mais aussi des groupeurs commencèrent à expédier en France, essentiellement des chasselas en Août et des Servents en Septembre/Octobre. La qualité fut vite appré­ciée et la demande augmenta sensiblement. D’autres marchés s’installèrent dans la région : Gignac, St Pargoire, Le Pouget mais Clermont qui disposait d’un accès facile et immédiat au chargement de wagons (deux trains quotidiens) prit bientôt un ascendant régional et même National.

C’est alors que le dynamisme marchand Clermontais se révéla à nouveau.

Un Syndicat de Raisins de Table fut créé en 1937 avec pour mission d’imposer des règles strictes de qualité, de maturité, de présentation, de conditionnement, afin d’apporter aux consom­mateurs des produits de qualité.

Le Syndicat d’Initiative (aujourd’hui Office de Tourisme) fondé par M.M ROUQUET, BALDY et ROQUES sut profiter du Marché aux Raisins. Ils utilisèrent cette nouvelle dimen­sion marchande Clermontaise, pour mettre en valeur l’attrait touristique de la région. Ils initièrent l’aménagement d’une sta­tion uvale, installée en haut des allées. Elle vendait du jus de raisin frais ainsi que des raisins. Bien entendu ils créèrent une flamme postale et organisèrent diverses manifestations qui eurent des retentissements régionaux. (2)

Ce furent des pionniers, qui, à l’image de leurs ancêtres mar­chands, surent utiliser les moyens de communication modernes, continuant et parachevant ainsi la réputation ancestrale Clermontaise basée au départ sur sa seule position géo­graphique prédominante.(3)

(1) En 1960 Le Marché aux Raisins de Clermont commercialisa 2 500 tonnes de raisins ; il faut y ajouter 2O % de production vendue, hors marché soit un total annuel d’environ 4 000 Tonnes.

Du l » Août au 31 Octobre 1965, 1 092 wagons pour 6 708 tonnes partirent de la gare de Clermont ; il faut ajouter à ce tonnage les transports par camions, environ 5O par jour, (chiffres communiqués par Georges BLANC, le toujours dynamique responsable du Raisin Méridional) (voir également Le Dynamisme Clermontais 1999, B.C.)

Personnes concernées par le Raisin de Table : Les 9 expéditeurs opérant à Clermont de 1945 à 1955 (PLANAS M, FONTZ, VIDAL-ARNAL, POTU, BEZAYRIE, FAYOS-LABRID, CARRERES. MAZA, BLANC Georges, ALTIER Fruits, CHAUCHARD) occupaient environ 390 personnes. II faut y ajouter les producteurs vendant soit directement, soit à des acheteurs au Marclié, que l’on peut évaluer à environ 300 personnes, et si l’on ajoute les expéditeurs des vil­lages avoisinants : NEBIAN, CANET, ASPIRAN, PAULHAN, POUZOLS, ST BAUZILLE, BELARGA, LE POUGET, VENDEMIAN, VILLEVEYRAC, soit 440 personnes employées, ainsi que les producteurs directs, on parvient au chiffre énorme de 1380 personnes vivant du Raisin transitant à CLERMONT.

(2) Les pionniers du Syndicat d’Initiative de CLERMONT furent : Clovis ROQUES Président (mais aussi peintre et poète), Eugène SIMON, Henri BALP, Roger CAMMAL, Marias AUGE, François BERTHIER, Louis VIDAL, Georges CANS, Roger FARRET, Emile MICHEL Denis ESCUDIER, Charles VIALET, puis plus tard vinrent Gaston COMBARNOUS, Maurice COSTE, Dr REBOUL, Albert GUERRE, Mlle SAGNE. Survivent aujourd’hui : Roger
CAMMAL, Roger FARRET, Charles VIALET, Dr Michel REBOUL

(3) en 1956, un syndicat de commerçants se crée avec pour Président GARETTE et pour membres G. COMBARNOUS, J. FABRE, P. VIALET. G. BONNAL, P. MESTRE. Ils organisèrent la première Quinzaine Commerciale, jumelée avec MONTPELLIER.

EVOLUTION DU COMMERCE CLERMONTAIS

Lorsque les commerçants Clermontais s’aperçurent que leur chiffre d’affaires était nettement plus important que celui de SETE, ils décidèrent d’organiser, une Quinzaine Clermontaise. Ils imaginèrent toutes sortes d’innovations, inauguration à l’Américaine avec pluie de confettis, parades avec majorettes et fanfares, attractions diverses, caravanes publicitaires, tirage de la Loterie Nationale. Ils purent offrir en une seule quinzaine 3 voitures, 1 cyclomoteur, 3 vélos, 1 échafaudage, 4.000 frs de bons d’achat…Nous verrons dans un autre chapitre l’énorme promotion du Lac du SALAGOU pour laquelle, encore une fois, les commerçants Clermontais furent à l’avant-garde. Son implantation englobait au début les places, placettes. rues du Centre Moyenâgeux, à l’abri de l’enceinte fortifiée, toujours visible et que par ailleurs certaines localités nomment « Circulade » (dénomination qui pourrait d’ailleurs être reprise à Clermont). Par la suite elle enva­hit les autres places ou placettes. sédentarisant ses marchands forains ou épisodiques qui s’installèrent dans des échoppes, magasins, boutiques, ateliers, auberges, affenages. Le grand bouleversement découla de la création de la Rue Doyen René Gosse (ex Royale, Impériale, Nationale), des Boulevards Gambetta et Ledru-Rollin, des Avenues Foch et Wilson, des Allées, des Quais, de la Cité Molinier. Des commerçants, banques , grossistes, cafés, restaurants, hôtels, artisans ou services s’y installèrent progressivement, donnant cette dimension MARCHANDE que nous connaissons aujourd’hui. Mais il était dit que le Dynamisme Clermontais ne pouvait en rester là. Ce fut tout d’abord la création de la Zone Industrielle de la Route de Montpellier (municipalité ROUAUD avec l’aide de Georges BLANC) avec l’arrivée d’entreprises et de commerces, ensuite ce fut une initiative de trois entreprises Clermontaises (Ets AYOT, Georges CELESTIN et SOCAH), qui aménagèrent une sorte de Zone d’entreprises aux TANES BASSES, qui fut agrandie plus tard sous la municipalité VIDAL Par la suite un groupe de commerçants Clermontais sous la conduite d’Albert GINOUVES (Hyper U) initièrent la création de la Zone Commerciale de la MADELEINE-Grand AXE. Cette Zone ainsi que le développement commercial des TANES BASSES ont contribué fortement à l’extension de la Zone d’Attraction commerciale Clermontaise qui ne cesse de s’agrandir et de progresser en nombres d’habitants . Encore aujourd’hui des projets sont en cours d’élaboration.

Grâce aux documents fournis par la Chambre de Commerce (bureau de Lodève) et ceux du Tribunal de Commerce de Clermont nous avons pu établir la situation actuelle ainsi que le nombre approximatif d’emplois du secteur tertiaire, car une des caractéris­tiques de l’évolution économique par rapport aux périodes d’avant guerre est la DISPARITION PRATIQUEMENT TOTALE DU SECTEUR DE PRODUCTION INDUSTRIELLE , il ne subsiste que la produc­tion agricole qui a subi, comme dans tout le reste de notre pays, une très forte diminution. En 1851 les structures socioprofessionnelles se répartissaient en : Agriculture 27,2 % – Industrie 35.5 % -Bâtiment 6,8 % – Domesticité 5.2 % – Commerce 9.5 %, – Prof/ libérales 6.9% – Autres 3.5 % (Thèse J. MONTERO/1974).

En 1940 on recensait un total de 232 entreprises pour 319 emplois chez les commerçants, artisans, entrepreneurs, négociants, professions libérales. En 2004 nous trouvons 366 entreprises (+ 63 %) pour 2069 emplois (+ 648 %).

DETAIL DES ENTREPRISES EN 1940

PRODUCTION Nombre Emplois
  19 171
ARTISANS 63 264
DETAILLANTS 133 349
COMMERCES

Grandes surfaces

38 481
NEGOCIANTS 3 45
ENTREPRISES 23 215
SERVICES/PROF LIBERALES 87 544
TOTAL 366 2069

II faut ajouter à ce chiffre les 50 commerçants ambulants qui viennent le Mercredi au Marché. quelques particularités À propos des changements sur quelques formes de commerces

  1940   2004
 
 
Boulangers 8   8
Tailleurs 6   0
Bouchers/Charcutiers 9   4
Garagistes/Mécaniciens 6   20
Laitiers 3   0
Coiffeurs

EPICIERS

9

8

  19

1

C’est évidemment l’épicerie qui a connu la plus importante évolution. Elle a été remplacée par le Libre Service : Supérettes, Supermarchés, Hypermarchés et maintenant s’y ajoutent les magasins Discounts. Il est vrai que ces magasins ne sont plus exclusivement alimentaires et que parmi eux les Hypers ont sans cesse de nouveaux produits à la vente. Mais revenons à l’épicerie de Papa ou plutôt de Maman, car il était rarissime de voir un homme y entrer autrefois. Jusqu’aux années 1960, régnait la vente en vrac. La mesure de base pour le poids était la livre : 500 gr, divi­sée en 1/2 (250 gr) et en 1/4 (725 Gr), et pour le liquide c’était le litre, 1/2 1 et 1/4 1, et chacun apportait sa bou­teille. Jusqu’aux années 1950 les fûts et tonnelets étaient Munis de robinets et il fallait disposer d’un entonnoir. Arriva enfin la pompe qui evita les traces de coulures sur le pavé ou sur la bouteille, mais ce fut presque une révolution lorsque l’huile LESIEUR parvint à impo­ser la bouteille grâce à un très fort appui publicitaire. Les épiceries disposaient de casiers pour les pâtes, les légumes secs comme les haricots («quincarlotas à Clermont » « Favas oufavol » ailleurs), les lentilles « lentillas », pois chiches « cése », les pois « péze » que l’on puisait directement dans les sacs en jute posés sur le sol.Les fromages « froumaje » n’existaient qu’à la coupe, mais dans notre jeunesse on n’en connaissait pratiquement que deux sortes, le « Table » (c ‘était le nom du Cantal) et le Roquefort. Les fromages de brebis « fromajous » étaient plutôt vendus par des producteurs locaux. Ce fut une révo­lution dans les habitudes lorsque apparut le fromage en portions sous la marque « LA VACHE QUI RIT », bien­tôt concurrencée par LA VACHE SERIEUSE, qui permirent de varier les goûters des écoliers et les repas des travailleurs dans leurs saquettes. Ensuite, vinrent les camenberts et aujourd’hui plus de 400 variétés sont à la vente.

La charcuterie, en épicerie, c’était la saucisse (la sou-sissa), le saucisson (lou saoussicot), le lard, la poitrine de porc (ventréche), la couenne (coudéna) et le jambon sec (cambajou) découpé au couteau; mais arriva le jambon glacé (lou glaça) qu’on débitait avec un tranchoir. L’arrivée des espagnols poussa la vente de la morue sèche (livrée en caisses de bois enveloppée de sel) « lou merlùssa » mais aussi la morue séchée au vent et ultra­plate (en espagnol bacallau inglés) et bien entendu du riz.Il faut dire que les commerçants parlaient en patois à ces émigrés et à bien d’autres mais parvenaient parfois à deviser en espagnol. Pour certains espagnols un mélange des trois langues rendait savoureux les échanges (voir l’exemple NAVARRO chez VILLANOVA).Les sacs cellophanes, si commodes, mais un peu plus chers que le sac papier donné par l’épicier révolutionna la distribution et mit fin à la vente au détail (en vrac).Le nombre important d’épiciers se justifiait par une évidente proximité. Mais s’y ajoutait une aménité de rap­ports humains qui apportait un dérivatif à des gens beso­gneux qui trimaient durement, car la femme, en plus des aides agricoles, surtout à la période de la récolte, assumait de multiples autres charges comme la lessive (la bugada) aux lavoirs, le repassage, la cuisine, et puiser à la fontai­ne ou dans les puits l’eau nécessaire pour les soins fami­liaux. Ce qui nous surprend, avec le recul du temps, c’est que l’on ne découvrait chez toutes ces personnes ni fébrilité, ni hâte désordonnée, ni lamentations geignardes. Il y avait à cette époque une mortalité infantile impor­tante, due probablement à l’absence de mesures d’hygiè­ne, consécutive à l’absence d’eau aux robinets absents ainsi que de cabinets dans les logements. Une statistique des décès en 1921 constate pour les enfants de 0 à 2 ans un taux de mortalité de 27 %, alors que nous sommes aujourd’hui pratiquement à 0%).On pouvait voir assises sur le pas de leur porte devisant tout en tricotant les mères et jeunes filles qui n’avaient pas la Télé ou la Radio (et maintenant Internet) pour les garder clouées sur leurs chaises ou fauteuils. L’été, les veillées se faisaient sur les placettes, les conversations s’interrompaient et les quolibets fusaient lorsque survenait l’odeur intempestive du seau d’aisance (pissadou) que quelque malotru venait de vider avant les 10 heures du soir (horaire solaire à l’époque) obligatoires à cause d’un règlement municipal. Parfois cela allait jus­qu’à la plainte au garde (agent) mais c’était vraiment rarissime. Pour le lait on allait le chercher chez les trois vachers Clermontais ou on le prenait au porteur ou porteuse à domi­cile pour un petit supplément. Parfois un scandale arrivait si l’on apprenait qu’untel avait ajouté de l’eau à son lait.

Quelques noms d’épiciers qui raviveront bien des souvenirs de vieux Clermontais :

Rue Voltaire et suite : Antoine PLANAS.

Economats du centre. Albert GINOUVEZ, Blas REQUENA, primeurs, Mme BERTRAND, Mme BALP puis LABRES DOMENECH, Mme DELMAS puis DELBOSC, SABATIER Pierre (Lammenais) puis LACROIX

Rue Coutellerie : Mme PERBO puis TRENIDAD,

Rue Victor .Hugo :Le Caïffa ,(qui vendait également en triporteur)- PIERRE

Rue Lamartine : Mlle HAMARD, PEYRO (La Populaire), Mme AMBERT,

Bd Gambetta : Docks Méridionaux puis BOUSQUET, Mme MARRAGOU,

Rue Nationale : ETOILE DU MIDI Mme LEROUX,

Rue du Marché : CASANOVA, ABELLANDA,

Place de la Mairie : MALAVAILLE puis SEGURA,

Rue Frégère : DOCKS M/ CANS puis GALLENC puis CLAVEL, BOBIN,

Rue de la Mairie: TAURAND puis VAN LITZEMBURG,

Radical : Léonie GIRARD, CAZES (La Physicienne) Puis LLONCH, ESCUDIER,

Rue Bozéne : Charlotte MARTIN ( Œufs,Volailles),

Rue Poulaillerie (Cdt PIO) : Roger PASCAL,

Rue Filandiére : GEYSSE.

Rue Louis Blanc : FABRE J.L puis Dock Méridionaux,

Place de la République : ROUVIERE,

Rue Croix Rouge : BONNET,

Grossistes : AYOT, VERDIER, CAUBEL, BOUDOU, FAVIER, FERRAND.

Article de Blaise Gallego

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