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SOUVENIRS D’ENFANCE…

Les Enfants de la « Plaine* »

Les années 60, les années bonheur ou les enfants de la « plaine » (place de République aujourd’hui) « sévissaient ». Nos activités extrascolaires à cette époque là tournaient autour des trocs et combines en tout genre pour assurer notre solde hebdomadaire. Notre principale activité était la vente de produits récoltés dans les collines surplombant Clermont ; vente de lilas, de poireaux sauvages, d’asperges, d’arbouses, de pommettes à la maison de retraite des sœurs gardes-malades rue Louis Blanc (bibliothèque et école de musique aujourd’hui).Nous aidions également le marchand de volailles Delteil à décharger les volailles vivantes qu’il venait d’acheter dans l’Aveyron.

Notre paye : une pièce et des œufs extra frais que nous gobions crus, un vrai régal !Pendant les vacances scolaires, on était souvent à l’embauche sur le marché du mercredi pour installer les étals des marchands, là aussi la paye était intéressante : une pièce, des fruits, des gâteaux que l’on mangeait l’après-midi dans le bois de Déant (le petit bois qui surplombe le collège actuellement), avec notre cagnotte, on achetait du soda citron au café du commerce (restaurant les Remparts actuellement).Pendant les vacances d’été, on récoltait les œufs de pies (classées nuisibles à l’époque) dans les bois des Bories ou elle étaient nombreuses, ces œufs étaient échangés au commissariat de police (le commissaire de l’époque était Monsieur Laurès) contre des pièces qui nous payaient le goûter de l’après-midi.Notre principal gain d’argent était le marché des raisins de table ou nous aidions au chargement des wagons et camions pour des expéditions dans toute la France, la grande époque du raisin de table clermontais, Clermont était devenue la capitale de ce merveilleux fruit. Pendant cette période, il y avait aussi les installations des fêtes foraines, la fête du Pioch, de la Frégère… Nous proposions nos services en échange de tickets de manège gratuit (que parfois nous revendions !) ou de « chichis » (beignets au sucre)Nos aînés participaient à l’élaboration des drapeaux et des flambeaux pour décorer les rues et les places de bal, des souvenirs palpables encore aujourd’hui, une merveilleuse époque.Quelques petites combines innocentes nous permettaient aussi de grossir notre cagnotte, la plus amusante était celle des coiffeurs : le coiffeur Audouy et le coiffeur Soulié (spécialiste tondeuse) : la coupe était légèrement plus chère chez Audouy (coupe au ciseau plus moderne), il coiffait surtout les gamins comme nous, alors nos parents nous envoyaient chez lui. Notre ruse consistait à aller chez le coiffeur Soulié et d’empocher la différence.Pendant la période du Tour de France, nous organisions également un tour de France fictif avec des figurines achetées au bazar « Combis ». Chaque jour, une étape était tracée sur la terre battue de la « Plaine ». Chaque gamin était équipé d’une bille agathe et de 12 coureurs identifiés à une seule couleur par équipe. En fin d’après-midi, le classement était effectué et un classement définitif était réalisé à la terrasse du café du Commerce en se restaurant de sodas et gâteaux achetés grâce aux pièces récoltées auprès de quelques commerçants du quartier, petit spectacle journalier et insolite pour l’époque. Cette activité était très encouragée par l’instituteur Etienne Combes habitant du quartier pour les calculs mathématiques que cela engendrait ; une sorte de devoirs de vacances pour lui.Des souvenirs impérissables de cette époque révolue aujourd’hui…

JF Hernandez, un enfant devenu adulte de la « Plaine » riche de merveilleux souvenirs

* La plaine est l’ancien nom de la place de la République actuellement

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